Depuis plus de 20 ans, ce rapport de proportion est l'inverse: la part des richesses crées par les produits financiers dans le BIP a dépassé les 60%, celle issue du travail posté est de moins de 40%. L'écart va encore en se creusant. Ceci est le chiffre effectivement constaté, à partir du moment où l'on estime qu'un apport financier mérite plus grande rétribution qu'un louage de service. Et il faut bien faire la différence entre apport financier d'investissement et produit financier de spéculation.

Il faut prendre déjà la décision politique de ramener ce rapport de proportion à parts égales. Ensuite il faut reverser sur les contributions sociales et les caisses de retraites l'apport de richesses permis par le travail des machines robotisées. Et il faut tout simplement considérer les robots et les entreprises comme des concessions autoroutières qui ont un devoir de reversement à la collectivité civile. Ce devoir de reversement ne peut être accompli simplement par l'investissement préalable dans l'élaboration d'un site d'activité qui créera des emplois, mais tout au long de la vie de cette concession. L'énorme investissement générique ne saurait justifier un différentiel positif entre les bénéfices que tire cette concession et les rémunérations du travail.

Il y a les impôts sur le bénéfice qui pourraient être considérés comme le Reversement du par cette Concession?
-Premièrement le tx de cet impôt est très créatif et par nature issu de l'arbitrage du législateur en fonction de la vision spécifique et politique de l'économie (Loi de finance)
-Deuxièmement il a été réduit par le fisc de plus de 30% en moins de 15 ans
-Troisièmement l'entreprise est évaluée par la collectivité sur ses bénéfices uniquement, mais pas sur le Travail, la valeur travail humain et la valeur travail des machines robotisées.

Le taux d'imposition est une manière d'évaluer la "capacité" de l'entreprise. L'impôt est une idéologie. Il en est de même pour l'amortissement comptable du coût des machines, qui permet de le déduire sur 4 ans. Cet amortissement est un financement par la collectivité civile de la propriété privée, du matériel de production. Vous ne pouvez-pas non plus amortir en déduisant des impôts sur 4 ans votre automobile investie pour vos trajets travail.

Le salaire doit être l'autre manière d'évaluer la "capacité" d'une entreprise. L'évaluation de l'entreprise selon les critères d'analyste financier est un détournement de l'activité économique au profit du profit d'une petite classe, qui elle-même se réduit face à un prolétariat qui s'élargit jusqu'aux classes moyennes.

C'est du charabia? Non, dans les bavardages de gazette, c'est aussi dans l'air du temps que de dire qu'une entreprise fortement automatisée doit être "considérée", "appréhendée" autrement par le fisc qu'une entreprise misant sur le personnel. Ceci met en avant qu'il est possible de remettre en première position le Travail.

Une entreprise doit donc être évaluée pour le travail et l'accroissement des richesses qu'elle permet à la collectivité, pour sa capacité à retraiter ses produits en fin de vie qui lui reviennent, pour sa capacité à corriger les errements de son impact environnemental. Certains parlent "d'entreprise citoyenne".

L'actionnaire n'est rien sans l'homme qui travaille et il n'y a pas à se demander qui est en premier de l'oeuf ou de la poule, c'est bien l'homme, qui travaille. L'usine est construite parce que l'homme va y travailler, sinon on crée un jardin paysagier et de plaisance.


La spéculation sur le Travail est élevée en institution par les fondateurs de l'Europe et leurs 4 critères de Maastricht.
Le Travail est devenu la dernière variable d'ajustement, de spéculation entre entreprises et entre les Etats membres du Marché commun de l'Europe; cet ajustement ne peut que se rapprocher du dumping. Avec la précarisation, l'appauvrissement généralisé du salariat est la réalité de notre société post-industrielle.

Le système paritaire rhénan et la codécision allemande permettent un respect et une rémunération du Travail qui ferait passer pour un gauchiste exterminator un français qui serait épris de revendications analogues.

La France est une arriérée sociale et elle passionne les investisseurs étrangers.

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Lisez ma série détaillée de la Constitution européenne. Sa ratification aurait été une élégante manière de faire parapher, de manière déguisée, par le peuple la doctrine libérale qui est rappelée tout au long du texte de la Constitution, et pourquoi pas l'AGCS. (note du 30 XII 23006: la Directive Service votée en Décembre 2006 est la preuve que Bolkenstein est revenu et est définitivement applicable sous le libellé "liberté de prestation de services" et non plus sous "détachement de travailleurs").