Nous avons besoin de l'Afrique pour réapprendre le lien avec l'économie réelle.
Voici in extenso un communiqué d'un site ami, abcBurkina SEDELAN, de la Coopérative agricole burkinabée:


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Les producteurs de lait européens sont en colère, et ils le font savoir : ils déversent des millions de litres de lait. Ce lait qui ne leur permet plus de vivre. D'autres ont mis en place des distributions gratuites, avec l'idée de poursuivre leur mouvement (après les grèves) en rapprochant les consommateurs des producteurs. En France, notamment, il y a déjà de nombreuses associations qui proposent leurs fruits et légumes directement aux consommateurs sans passer par les grandes surface ou autres commerçants. L'idée est donc en train de germer en Europe :

« Et si les producteurs de lait faisaient la même chose ? »

Ce serait une façon d'échapper aux grandes compagnies commerciales qui imposent leur prix, un prix qui ne leur permet plus de vivre de leur travail.

Pour maintenir les prix à un niveau équitable, les producteurs de lait européens demandent la restauration des quotas. Les quotas doivent être restaurés et même maintenus au delà de 2014 (date à laquelle la suppression des quotas est programmée depuis plusieurs années). Bien évidemment, ici, nous sommes aux côtés des producteurs de lait européen. Nous craignons par dessus tout le retour à la situation antérieure, totalement injustifiable : Celle où on trouvait sur le marché de toute l'Afrique de l'Ouest du lait en poudre à un prix dérisoire : avec 200 F CFA (0,3 €) vous pouviez vous procurer assez de poudre de lait pour reconstituer un litre de lait entier. Pendant ce temps, les laiteries achetaient le lait produit localement à 300 F le litre.

Pourtant, comment prétendre lutter contre le changement climatique et refuser les quotas. De quels avantages comparatifs nous parle-t-on ? Est-il raisonnable qu'une société industrielle basée aux Pays-Bas achète du lait en France, le transforme en lait en poudre (avec un coût énergétique très lourd), l'exporte en Afrique de l'Ouest. Là, la même société ou une autre, reconstitue le lait, le met en bouteille et l'exporte au Burkina. (Photo: Publicité à Ouagadougou. "France" est encore un produit de marketing)

Il est souhaitable qu'à Copenhague on mette un frein puissant à de telles pratiques. La production locale et durable d'aliments consomme moins d'énergie, et ne dépend pas de l'importation d'aliments pour animaux. Il faut la soutenir par de nouvelles règles. Consommons ce que nous produisons. Produisons ce que nous voulons consommer. Consommer "le lait bicyclette", c'est lutter contre le changement climatique, c'est se soucier de l'avenir de notre planète.

Vous ne connaissez pas le "lait bicyclette" ? C'est le lait produit par les membres de l'Union des Mini laiteries et des producteurs de lait local du Burkina. Les producteurs de lait viennent en vélo livrer leur lait. Une fois transformé en lait pasteurisé, en yaourt, en dégué ou en gapal, les transformatrices vont le livrer en vélo. Il est donc écologique ! De plus il est vraiment bon ! Quand vous l'aurez goûté, vous lui resterez fidèle.

 

Koudougou, le 20 septembre 2009
Maurice Oudet
Président du SEDELAN