Le paradis saccagé: le projet gazier de Camisea, au Pérou, est à l’heure actuelle le plus destructeur du bassin amazonien. Situé dans la vallée reculée d’Urubamba, au sud-est de l’Amazonie péruvienne, ce projet de 1,6 milliards de dollars US inclut deux gazoducs en direction de la côte du Pérou et traversant un point névralgique de la biodiversité amazonienne, considéré par les écologistes comme “le dernier endroit sur terre” à forer en quête de combustibles fossiles. Presque 75 pour cent des opérations d’extraction de gaz sont prévues à l’intérieur d’une réserve nationale habitée par des peuples autochtones qui n’ont que peu ou pas de contact avec le monde extérieur. Or, ces peuples ont été contactés de force par le consortium de Camisea, en violation de leurs droits reconnus au niveau international. En outre, le gazoduc va traverser l’une des forêts tropicales humides qui restent intactes au monde, et qui est le foyer des peuples Nahua, Kirineri, Nanti, Machigüenga et Yine. Et finalement, une usine de traitement de gaz est en construction sur la côte péruvienne, dans la zone tampon d’une réserve marine d’importance internationale. Les principales compagnies nord-américaines impliquées dans le projet sont Halliburton et Hunt Oil, et les deux ont des rapports de longue date avec l’administration Bush-Cheney. Pour l’étape finale du projet, Halliburton est sur les rangs pour la construction de l’usine de traitement du gaz, et Hunt Oil, basée au Texas, construira l’usine de liquéfaction du gaz naturel pour l’exportation vers les États-Unis. Ainsi, la moitié du gaz de Camisea sera embarqué pour approvisionner le marché énergétique de la côte Ouest des États-Unis. Cet afflux de gaz bon marché pourrait saper les initiatives californiennes dans le domaine de l’énergie renouvelable. Voilà, cher lecteur, un travail pratique sur l'ethnocide biotechnologique. Le Droit des indigènes et des populations locales n'est toujours pas reconnu malgré la Déclaration de Rio de 1993 et les diverses Conférences sur la Diversité biologique. Je vous recommande pour votre information la BiC, le Centre pour les Informations destinées aux Banques de Développement et à la Banque Mondiale grenier Burkina Faso

L'ethnocide des communautés de Punan à Bornéo fait partie de l'expression de notre confort du Nord. J'avais écrit dès 1990 dans mon roman ceci: "L'hygiène et la grammaire sont les premiers acquis pour le bon fonctionnement social. Froid ne se conjugue pas! Se frisquer de toi. Se disséquer de toi.

Le nouveau forum est une production imaginative continue, proche de l'homme et inhérente à l'homme. Cette production ne pourra jamais être réalisée par le cloisonnement des commissions parlementaires qui maintiennent l'ordre des articles, des alinéas, des paragraphes et du jour. CICERON l'avait bien compris en pensant au décorum, "le convenable, les usages, le code de politesse, incarnent le savoir qu'il convient d'avoir. Ce savoir est déterminant pour le choix de l'habitation ou de la fonction". Télésphore pense à la "grande maison commune" de Michaïl. GOEBBELS mettait la main devant la bouche, quand il baillait. Le français pointait du doigt.

J'ai froid. Tu es trop chaud pour moi. A quoi cela sert-il de s'emporter pour un dogme si la solidarité entre frères est réduite à une simple religion inactive et autosuffisante, à une religion qui ne soit pas mue par l'élan réparateur constitutif de société?

Télésphore n'est pas un parangon de la dignité. Télésphore veut savoir. Il a été au milieu des restes déforestés de la jungle de BORNEO. Il y a rencontré la tribu des PUNAN. Ce petit peuple de mille têtes est debout, déterminé, droit et pense. Quand Télésphore leur a parlé du prostibule, qu'était son pays, et dit qu'il y avait des meurtres et des viols, le chef PUNAN ne voulait pas le croire. Le PUNAN ne connaît même pas l'égoïsme, il partage tout. Les PUNAN, savent utiliser les mots modernes. Ils savent nous dire, devant les caméras et à la face du monde, conscients d'être face au tournant de leur destin: "Nous ne voulons pas de super-marchés". Ils sont nus. "Le monde vous appartient, laissez-nous la forêt". Les PUNAN ont l'ouverture d'esprit pour comprendre des mots, qui n'existent pas dans leur monde, pour les réutiliser, et pour savoir que la simplicité de la forêt est leur vie. Les PUNAN n'ont rien et sont pauvres. La genèse existe pour les PUNAN. Les PUNAN s'étonnent textuellement que "le gouvernement leur reproche de ne pas avoir de système éducatif et hospitalier". De quelques barricades faites des trois bambous les PUNAN barrent la route aux bulldozers depuis des années, jour et nuit et chantent en restant debout et en regardant. Il y a quelque chose de beau dans le chiffre trois. Croyez-moi!, vous dit Télésphore, je n'ai rien inventé, cette tribu existe, et porte le nom de PUNAN, en toutes lettres dans le texte. Seule une encyclopédie très universelle évoque les PUNAN. Même le QUILLET se tait à leur sujet! Le contemporain GRAND LAROUSSE UNIVERSEL aussi. La seule honte du monde n'a pas de nom.

Dictatures et démocraties ont fait assez de dégâts écologiques et militaires. Elles ont accéléré toutes les inégalités internes et nord-sud. Qui a encore le toupet de vivre ainsi ici. Où sont les droits de l'homme universel?
"

.../... "La grammaire est une charte qui tue... la notion du droit de l'homme à disposer de lui-même est érigée par le monde en leçon d'éternité, chez les timorés ou chez les PUNAN. En son nom, la vente exacerbée d'armes améliore le quotidien des garants de cette liberté de la haute demi-sphère riche, propice, sultane, prospère et prolixe. L'homme a besoin de pain et de guerre des étoiles, SAINT-EXUPERY. Share holder value! Stake holder value! Télésphore va déposer son président mais garder sa dignité. Un alsacien reste vertical et cartésien. DÜRKHEIM était un des premiers membres de la Ligue des Droits de l'Homme, il y a cent ans. De l'homme français" (Fin de l'extrait)

grenier burkinabé Les 5000 participants de la dernière Conférence en date sur la Diversité biologique qui siège à Bonn ne changeront rien à l'asphyxie de la nature et de ses variétés et à la mort de populations indigènes. L'objectif que s'est fixé elle-même la Conférence est bien timoré à la vue des dégâts commis et à venir: il ne s'agit que de freiner à partir de 2010 la réduction rapide de la Diversité biologique. Ce but lui-même ne pourra jamais être atteint sans la réalisation d'efforts considérables.

En premier lieu la demande est adressée aux États qui ont encore sur leur territoire des forêts vierges à protéger. Ces États ne témoignent pas d'un grand empressement et leurs zones naturelles protégées ne sont pratiquement toujours que des "Paper Parks" qui ne figurent que sur une carte d'état-major mais qui n'existent pas dans la réalité. De l'argent est nécessaire pour ceci et les Pays en Développement exigent que cet argent provienne des pays industrialisés riches. Ceux-ci répliquent en disant que cette demande est déplacée puisque eux-mêmes aussi ont sacrifié leurs propres forêts vierges pour permettre l'industrialisation et le développement.

De telles controverses révèlent que se cachent des intérêts économiques majeurs derrière le soucis commun de la préservation de la Diversité biologique. Ceci ne doit pas masquer la question d'une justice globale pour les peuples. Qui et à quelle hauteur doit contribuer à cette préservation? La Conférence sur la Diversité biologique de 1993 prévoyait que les États eux-mêmes devaient en être garant, responsable et acteur. La Conférence admettait tout autant que de nouveaux moyens financiers devaient être nécessaires pour les Pays en développements. La question n'est donc pas tranchée de savoir si les États ayant un territoire à préserver doivent financer la préservation ou si la protection et le maintien est un devoir commun et international pour lequel un système de solidarités doit être créé et dans lequel chaque État contribue selon ses moyens. Ceci n'est toujours pas à l'ordre du jour de la Conférence sur la Diversité biologique de Bonn de mai 2008, 14 ans après la Déclaration de Rio.

Cette question de l'origine et de la répartition des coûts financiers est particulièrement mise en évidence en ce moment par l'Équateur. Ce pays andin est disposé à laisser ses ressources pétrolières dans ses sous-sols et de préserver ses forêts si la communauté internationale paye 350 millions de $ par an pendant 30 années (je vous invite aussi à lire les Actualités environnementales de World Watch Institute). L'argument de l'Équateur est sans appel et provient de la Déclaration de Rio: "il en va du bien commun de l'humanité et de la protection du climat. La communauté internationale est invitée à supporter le poids du renoncement de l'Équateur à exploiter ses richesses pétrolières."

La biopiraterie révèle aussi que les questions de protection de l'environnement font partie d'un traitement global, équitable et juste envers les peuples. De grands groupes industriels provenant presque tous des pays industrialisés utilisent à leurs seuls profits comme un réservoir inépuisable la diversité biologique des Pays en développement et le savoir traditionnel des populations locales et indigènes, afin de développer de nouveaux médicaments, de nouveaux produits cosmétiques ou de consommation. Même si la Déclaration de Rio et la Conférence sur la Diversité biologique prévoient une participation aux bénéfices et l'obtention de l'autorisation à exploiter les ressources, les Pays industrialisés poursuivent et intensifient leur dépeçage systématisé en s'appuyant sur le droit de la propriété intellectuelle qui confère à l'inventeur et au titulaire du brevet le droit exclusif de tirer profit de l'utilisation des substances actives et des gènes extraits de la Diversité biologique et à l'aide des enseignements traditionnels des paysans, des éleveurs locaux et des chamans. Les pays industrialisés se refusent de reconnaître la Souveraineté des Pays en développements sur leur Diversité biologique (Déclaration sur la Souveraineté alimentaire de Nyéléni, Mali). La Conférence de Bonn réunira un club de bavards aux bonnes intentions mais à la panse jamais assez rassasiée. Rien de plus.

Le même destin menace les droits des peuples indigènes. Il y a moins d'un an, les organisations non gouvernementales chantaient encore les louanges de l'Allemagne et de l'Union Européenne (à l'opposé des "Bad Guys" comme les USA, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande) pour avoir ratifié auprès des Nations-Unies la Déclaration pour le Droit des peuples autochtones et d'avoir reconnu leur droit souverain sur leurs savoirs traditionnels et la Diversité biologique qui existent sur leurs territoires.

grenier burkinabé Pourtant il est reproché à tous les gouvernements des pays industrialisés de tous les continents d'avoir une langue de bois. En effet, s'ils ont tous dénoncé au G8 de Heiligendamm Rostock la biopiraterie, ils couvrent par leur inertie leurs grands groupes industriels acteurs de cette biopiraterie. Pire, si ces pays industrialisés reconnaissent, même du bout des lèvres, les intérêts des Pays en développement dans le cadre de la biopiraterie, ils se montrent extrêmement exigeants et impatients en exigeant des Pays en développement des mesures drastiques et d'envergure pour le protection des forêts, des mers, des régions montagneuses, même si eux-mêmes ne les appliquent pas quand il en va de leurs propres intérêts économiques.

L'Union Européenne n'est elle-même qu'un très pâle exemple pour les zones protégées même si elle s'était dotée en 1992 de la Directive Habitat-Faune-Flore. Même si ces zones protégées existent en Europe, Natura 2000 montre que les zones protégées en Europe souffrent des mêmes carences et déficits qui sont pourtant dénoncées par Bruxelles et Strasbourg partout ailleurs dans le monde. En réalité la protection réelle est insuffisante, la plupart du temps n'existe pas de plan d'action, la participation des citoyens est inexistante. Selon Natura 2000 seulement 20% des moyens financiers nécessaires sont alloués à la protection. Cette négligence des pays industrialisés sur leurs propres territoires ne stimule pas les Pays en développement dans leur propre combat en faveur de la protection de la Diversité biologique.

Les Pays industrialisés, dont l'Union Européenne, sont surtout entachés d'un énorme manque de crédibilité, je ne vois donc pas ce que la Conférence internationale de l'ONU sur la Diversité biologique pourrait apporter.

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Lire aussi: Conférence alternative Diversité biologique - Non à l'ethnocide biotechnologique. Vous y trouverez des informations sur le Brevet sur le vivant et sur l'Homme, comme mammifère, et sur les parties du corps humain... De plus des informations sur les Accords sur les ADPIC, sur le système américain des brevets d'inventions ou sur les Directives européennes et sur le Règlement d'exécution de la Convention relative au brevet européen pour l'Union européenne.


et encore Ethnocides biotechnologiques, déni des droits des peuples indigènes - L'Europe en tête des Bad Guys
et encore: Echec de la Conférence sur le Diversité Biologique - Biopiraterie, OGM, Mutagènes, pas de cadre juridique
et encore: Faim, OMC, Directives européennes ne sont pas une fatalité - Zone d'autodétermination Hors OGM

Je vous prie aussi de lire toute ma rubrique Accords bilatéraux - OMC, une pensée de gauche ne peut occulter cette analyse mondiale. Merci de me lire.