Elle donne de l'épaisseur aux conceptions évolutionnistes que la science intègre dans ses modèles depuis quelques décennies maintenant, même si on ne lui accorde pas toujours l'attention qu'elle mérite.

Il en va de même en science économique. Joseph Schumpeter (1883-1950), économiste hétérodoxe, a fortement contribué au développement de cette théorie au sein d'une discipline très hermétique à la nouveauté. Sa conception (voir mon article précédent) débouche sur la célèbre notion de cycles économiques fondés sur l'innovation, le progrès technique et le rôle des entrepreneurs (hommes hors du commun, doués de qualités exceptionnelles et dont l'action déclenche l'évolution).

Friedrich von Hayek (1899-1992) adopte lui un processus, inspiré de la destruction créatrice, d'élimination ou plus exactement de sélection néodarwinienne des solutions les moins efficaces.
A la fois plus brutal et plus net !

En tout cas, pour l'une comme pour l'autre école, il n'est plus fait référence à un quelconque équilibre. Le modèle s'affine, se complexifie et devient plus performant.

Cependant, à mesure que l'on s'enfonce dans cette forêt dense de théories à la recherche des origines, une question fondamentale demeure.

Quelle est la place de l'HOMME dans le mouvement du monde et des sociétés ? En est-il seulement l'acteur ?

Il semble bel et bien prisonnier d'une évolution générale régis par des lois immanentes qui le dépassent et dont il n'est qu'un simple atome inerte de société et la société une addition d'atomes.

Le choix social n'existe pas.

Les fondements de l'édifice théorique élaboré par les penseurs uniques, zélateurs contemporains de l'ultralibéralisme, ne résistent pas à l'analyse lorsqu'ils veulent nous faire croire que l'interêt général est la simple somme des interêts particuliers.
Leurs idées n'ont que trois siècles de retard.

Sébastien