20% des actifs soit 5,2 millions de personnes perçoivent moins de 75% du SMIC... Les jeunes actifs évitent la pauvreté grâce... à leurs parents.

Je me suis naturellement posé la question suivante: Est ce que c'est normal ?

Dès demain je dirai aux jeunes que je croiserai : "Restez chez maman et papa".
J'aime rappeler cette autre statistique révélatrice de l'état d'esprit des jeunes d'aujoud'hui "76% des jeunes rêvent d'être... fonctionnaires".

Le jeune a déjà du mal à trouver un emploi pérenne, cela vous en conviendrez. Le jeune une fois embauché, les handicaps ayant une fâcheuse tendance à se cumuler, aura souvent des difficultés à joindre les deux bouts. Les salaires sont bas et les revenus annexes, tel que l'épargne salariale, ne lui sont pas réservés. En effet, ils sont souvent liés à l'ancienneté ! Pas d'ancienneté pas de primes. Pas de bras pas de chocolat (une vieille blague de potache).

Je ne souhaite pas développer toutes les causes possibles de ce phénomène, elles sont nombreuses et complexes. Je m'attacherai à approfondir l'une d'entre-elles, au combien insidieuse et mystérieuse, le NAIRU.

Quel animal se cache derrière ce nom barbare ? Un poisson venu des profondeurs de l'océan ? Non. Je l'ai défini dans mon article précédent intitulé " Travailleurs pauvres: l'emploi tue le salaire.". Le NAIRU n'est pas un concept abstrait de salon. Il est utilisé au quotidien par toutes les banques centrales et tous les gouvernements. Il est la référence, le pilier central de la "révolution blanche" ultralibérale.

Si le taux de chômage baisse et se rapproche du NAIRU, l'économie " surchauffe " et l'inflation augmente. C'est un scénario interdit dans la loi ultralibérale.
Donc le chômage doit rester assez élevé. Disons qu'en France un taux de 10% de chômeurs est un bon taux !!! Il laisse une marge aux politiques économiques.
Oui mais çà passe très mal dans l'opinion publique. C'est la raison pour laquelle le NAIRU est gardé secret. (Je défie quiconque de me dire comment il est calculé.)
L'opinion publique veut que le chômage baisse ? D'accord, il faut alors poursuivre une politique restrictive de désinflation en maintenant la pression sur les salaires. C'est un système qui "tourne en boucle fermée" et qui tend à l'équilibre.

A qui profite l'équilibre ? Je vous laisse deviner.

Vous aurez compris que l'obsession ultralibérale n'est pas la lutte contre le chômage, ni le niveau des salaires ni même la croissance. C'est l'inflation targeting l'objectif d'inflation comme ils disent au FMI .

Dans cette perspective il est clair que le maintient d'un chômage de masse est un "outil" pour les ultralibéraux.

Mais il y a pire à mon sens. Le chômage de masse, par le biais du NAIRU, sera un jour un outil de gestion économique, inscrit dans la constitution..

Je ne fais évidemment pas allusion à notre constitution de 1958 qui dit dans l'article 5 de son préambule:"Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi."

Dans le cadre de ce texte, le chômage apparaît comme un fléau qu'il faut combattre à tout prix et non comme un vulgaire outil de gestion macroéconomique.

Sébastien

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Lisez ma série détaillée de la Constitution européenne. Sa ratification aurait été une élégante manière de faire parapher, de manière déguisée, par le peuple la doctrine libérale qui est rappelée tout au long du texte de la Constitution, et pourquoi pas l'AGCS. (note du 30 XII 23006: la Directive Service votée en Décembre 2006 est la preuve que Bolkenstein est revenu et est définitivement applicable sous le libellé "liberté de prestation de services" et non plus sous "détachement de travailleurs").