Voici un communiqué
in extenso de: Libération Afrique et de Third World Network Africa -

(Stop EPA - Signez en ligne la pétition)


10 septembre 2007:

Les organisations de la Société Civile Africaine ont condamné l’Union Européenne pour son abus de la date butoir de Décembre 2007 pour exercer une pression injustifiable sur les gouvernements africains afin qu’ils conviennent des conditions des Accords de Partenariat Economique (APE). Elles ont également invité les gouvernements africains à prendre garde de ne pas croire aux fausses prétentions de l’UE. Les organisations de la société civile provenant de plusieurs pays africains réunies à Accra, Ghana, aujourd’hui, ont réitéré que l’Afrique n’aura rien à gagner de la signature des APE avec l’Union l’Européenne, elle va plutôt tout perdre.

Contrairement aux prétentions de l’UE, les pays africains n’ont pas besoin de signer les APE pour maintenir leur niveau actuel d’accès au marché européen.

Nous proposons que les pays africains peuvent adopter le Système Généralisé de Préférences Plus (SGP+) qui leur permettra d’avoir accès au marché de l’UE à un niveau similaire voire amélioré par rapport à ce dont ils bénéficient actuellement. « La prétention de l’UE que l’ APE est le seul moyen de garantir cet accès continu aux marchés est absolument fausse » a déclaré Tetteh Hormeku de Third World Network Africa (TWN-Af).

La signature des APE va déclencher des pertes d’emplois, menacer la paix sur le continent et anéantir le droit de l’Afrique d’élaborer et de mettre en œuvre son programme de développement et entraîner ainsi la recolonisation de l’Afrique par l’Europe.

Les APE, s’ils viennent à être signés, vont permettre la suppression des tarifs, mais toute réduction ou suppression de tarifs impliquent sans doute des pertes fiscales et des coûts de mise en œuvre considérables pour les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

La promesse de deux milliards d’euros faite par l’UE par le biais du Fonds Européen pour le Développement pour mitiger le coût d’ajustement est fausse, déplacée et, au mieux, auto complaisante.

Tout d’abord, les soi disant deux milliards d’euros supplémentaires pour parer au coût d’ajustement sont illusoires. Les fonds supplémentaires ne s’élèvent qu’à 700 millions d’euros et doivent être répartis parmi les 71 pays ACP et d’autres pays en développement en Amérique Latine.

Cette somme n’est non seulement insuffisante pour couvrir les pertes qui proviendront des APE mais aussi l’aide promise par l’UE « n’a rien à avoir avec le développement. Il s’agit de garantir la signature des accords en offrant de l’argent » a déclaré Marc Maes de ( 11.11.11, Belgique) en ajoutant que « l’aide de l’UE ne pourra pas redresser les torts des APE) ».

L’Union Européenne est également en train de manipuler l’expiration de la dérogation de l’Accord de Cotonou sur la date butoir de décembre 2007 pour semer la panique parmi les leaders africains en prétendant que les exportateurs africains n’auront plus accès au marché européen après cette date limite.

Cependant, cette prétention n’est pas vraie.

L’Union Européenne doit, conformément à l’Accord de Cotonou (qui a la force d’un traité international) avec l’ACP, maintenir l’accès au marché pour les pays qui décident de ne pas signer l’APE.

« L’Union Européenne fait croire à nos gouvernements, nos secteurs privés et le secteur horticole qu’ils n’auront plus accès à leurs marchés après décembre 2007 et les trompe à propos des alternatifs à l’APE », a dit Jane Nalunga de SEATINI, Ouganda.

L’UE est en train de dissimuler ses propres intérêts offensifs dans les domaines de l’accès aux marchés, des services, de l’investissement et des droits de propriétés intellectuelles. L’UE maintient qu’elle n’a aucun intérêt offensif dans les négociations d’accès aux marchés en Afrique de l’Ouest, par exemple.

Cependant, l’UE a exprimé ses préoccupations dans ses pays membres au sujet des campagnes « achetez les produits nationaux » en cours dans les pays de la CEDEAO, a déclaré Ofei Nkansah du Syndicats des Travailleurs Agricoles du Ghana.

De surcroît, la prétention de l’UE que les APE faciliteront l’intégration régionale est fausse car les producteurs ACP perdront leurs marchés régionaux au profit des produits subventionnés de l’Europe.

Malgré, les lacunes évidentes de l’APE et les effets négatifs qu’il aura sur les économies et populations africaines, nos leaders continuent de négocier les APE.

« C’est un prix trop lourd à payer » a déclaré Thomas Deve de MWENGO, Zimbabwe.

L’Accord de Cotonou prévoit des dispositions suivant lesquelles les pays peuvent décider de ne pas signer l’APE, les OSC africaines invitent donc les gouvernements et les négociateurs africains à mettre l’UE au pied du mur et à rejeter les APE.

(fin du communiqué)

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Si vous pensez que la société civile africaine est manipulée, veuillez chercher un argumentaire détaillé ici.