Les questions de la propriété industrielle n'ont pas été réglées dans le cas des médicaments pour lesquels les États se trouvant dans une situation sanitaire d'urgence pourraient, selon les règles de l'OMC et de son accord connexe ADPIC, casser les brevets, imposer les licences obligatoires et obtenir le droit d'utilisation ou de fabrication de produits génériques. La seconde question de propriété intellectuelle est le brevet sur le vivant, le droit des obtenteurs à disposer de leurs espèces variétales (plantes), le privilège de l'agriculteur à disposer de ses graines pour l'ensemencement.

Dans l'économie mondiale globalisée nous avons un mix entre 9/10 de la planète qui croient malgré leurs dos cassés vivre dans un espace agraire et qui sont pilotés par le groupe des 21 (G21, Chine en tête) mais qui subissent le Diktat postcolonial de l'OMC du 1/10 de la planète qui est industriel ou tertiaire et qui subventionne son agriculture, mais qui fait bien pire encore.

Le G8 aurait dû s'attacher à faire imposer la concrétisation du cycle de Doha qui ouvrait enfin les marchés agricoles des pays pauvres sur les pays riches en faisant disparaitre les subventions agricoles. Ce ne fut pas le cas et l'Europe de la PAC est criminelle dans ce domaine et ne vaut pas mieux que les USA.

Ensuite l'agriculture du "tiers-monde" est devenue la proie de Rice-Tech, Monsanto avec leur round-up, leurs OGM qui font éclater le "privilège de l'agriculteur" qui était de réensemencer ses propres récoltes sans commettre de contrefaçon, donc de vol de la propriété intellectuelle/industrielle (droit de brevet).

Basmati, Darjeeling, et la moindre des espèces variétales, voire le moindre des taxons, etc... son brevetés d'une manière détournée ou simplement par dépôt d'une marque commerciale. Ce dépôt de brevet est tellement plus universel et prégnant que le droit de l'obtenteur d'une espèce variétale ou d'une race animale.

Le brevet sur la vie a même été reconnu "par mégarde" (aus Versehen) selon les termes officiels de l'OEB (Office Européen des Brevets de Munich). Le sang d'une tribu indio Guyami de Panama est breveté pour ses propriétés immunitaires. Donc quand il font des enfants, ils sont des contrefacteurs; un contrefacteur est celui qui reproduit une invention ou celui qui s'en sert sans accord du titulaire du brevet.

Donc nous ne pouvons plus dire que 9/10 de la planète vivent comme au 19ième siècle. Ils sont la propriété des biopirates, de ceux qui coursent la planète pour isoler des substances issues d'espèces variétales et pour prétendre que leur activité intellectuelle leur confère le titre et la qualité d'inventeur d'une chose nouvelle, à caractère nouveau et reproduisible de manière industrielle. Les biopirates servent les agro-industriels qui lancent les huissiers sur les agriculteurs qui revendent dans leurs propres récoltes ce que 40.000 ans de tradition agricole ont fourni ou qui mettent sur le marché des OGM, même sans le savoir, car il y a eu contamination des plans naturels.

De plus beaucoup d'OGM, comme la variété Terminator, ne se croisent plus et ne se reproduisent plus sur un second cycle. Il faut donc acheter à Monsanto, Rice-Tech les semailles d'année en année.

L'un des plus beaux privilèges, qui ne faisait pas encore partie du droit des brevets a été cassé par le monde des finances, soit le "privilège de l'agriculteur". La nature est une marchandise. Pour le bon-dieu c'est le cas depuis la nuit des temps, nous le savions tous.

Il faudra donc exiger le maintien et la garantie de ce privilège de l'agriculteur à réensemencer. Il faut exiger d'arrêter, conformément au cycle de Doha, les subventions agricoles sur la production de l'agriculture, de la sylviculture, de l'élevage et de la pêche. Mais il ne faut pas oublier d'exiger une subvention écologique pour l'assainissement des nappes phréatiques, pour les efforts de retraitement des déjections agricoles dans la nature, pour la construction d'installations de production du bio-méthane...