Le 4 IV 2006, j'ai fais bien sûr pour la troisième fois grève pour l’égalité des chances, …pour que l’âge de la majorité ne soit pas ramené à 26 ans,

et

-pour une non-discrimination des employés selon l’âge
-pour une égalité des chances face au contrat de travail à formation égale
-pour l’arrêt de la sur exploitation du 1.000.000 de stagiaires en france, stagiaires qui ont des réelles missions qui apportent de la valeur ajoutée, et dont les postes sont offerts d’année et année à de nouvelles têtes (par exemple 75% du personnel chez ARTE)
-pour l’arrêt de la mode du volontariat qui pousse à accepter une mission sans paiement (pour faire joli dans le CV)
-pour la transformation en contrats de travail pour toutes les “petites mains” administratives (parfois 80% du personnel) comme dans les lycées, IUT, facultés, Grandes Écoles, …, où elles sont contractuelles reconductibles d’année en année depuis parfois 20 ans, licenciables sans préavis, sans motifs et sans indemnités
-pour l’arrêt de l’embauche au noir en masse en france par les entreprise publiques et privées, le BTP, la restauration, les fournisseurs publics en énergies, en logistique et tous leurs sous-traitants externalisés (les Groupes et les PME (!), il faut se le redire)
-pour la transformation en contrats de travail des millions d’emplois précaires des entreprises publiques, de leurs “sous-traitants” privés, des entreprises privées, etc…
-et pour l'élimination du CNE

Alors que depuis 10 ans la France a d'après l'OCDE (qui est tout sauf à gauche...) le second meilleur taux de productivité horaire du monde après le Luxemboug, la précarisation du travail est instituée comme modèle de croissance et de stabilité! Par un putsch constitutionnel le CPE avait failli être instauré après les manoeuvres dolosives et castratrices du 49-3 - la disjonction du Parlement après une très longue période de non-consultation - puis par une promulgation présidentielle accompagnée par l'ordre du Président de désobéir à la loi.

Il est temps, Arnaud, de proposer l'extinction du CNE, la remise à plat de tout le code du travail dérégulé depuis 15 ans, la création (à l'image du système extrêmement digne des allemands) d'un système syndical de contrôle, d'opposition, mais aussi d'audit et de proposition et qui oublie définitivement le confort de la contestation-attitude. Ton programme, Arnaud, est à définir clairement, et cette fois nous n'allons pas gober les "100 propositions" à la Mitterand.

A l'image du monde de l'entreprise qui se définit selon les postulats de l'efficacité ponctuelle et durable, la démocratie moderne devra être une imbrication de réseaux de contrôle, de négociations et de propositions dans laquelle les responsabilité et les mandatures doivent être rédéfinies. Cette imbrication ne sera pas une réponse pour dorloter les communautarismes, mais une réponse à l'atomisation du tissus social qui doit se retrouver sur des projets fédérateurs pour la commune, le pays et l'Europe généreuse.

Remarque littéraire: la France n’aime pas sa jeunesse, elle veut en changer. A jeter le bac à la tête de 80% d’une classe d’âge - en faisant de la gestion des flux mais non pas de la démocratisation de l’enseignement - la France organise de 40 à 80% d’échecs dans les études de l’après-bac, encore en deuxième année, ne forme pas à avoir un Diplôme et donc une aptitude à une formation professionnelle. Elle lâche donc la patate chaude au patronat qui doit faire une sélection par l’élimination des malformés et des handicapés générés par la formation scolaire et universitaire française. Il ne faudra donc pas s’étonner que la jeunesse ait une réaction de lemmings de plus en plus massive et violente, qu’elle se soulève lors des “crises de banlieues” de l’automne 2005, des manifestations contre le CPE, et plus tard. Plus tard, car je ne fais aucune illusion quant à la quiétude future de notre République Cinquième. Heureusement, il y aura des Grands Monsieurs qui auront des Grands Projets pour la France, et qui se préparent à la prise de pouvoir avec leur Marketing Politique et leurs pom-pom-girls. Car la politique n’est pas un idéal de faire vivre les gens ensemble, elle est un moyen d’organiser le transfert de richesses. Pour ceci, les “petites gens” ne disposent pas de l’outil du spin-doctoring, du blog-crossing, du cross-loving, elles n’ont que leurs fripes, leurs souliers et leur bouche. Et même le Cri d’Edward Munch a été volé. Le marketing passe, le Cri reste.