Dans un cacophonie initiée par le chaman français et le chancelier de l'échiquier britannique, Bretton Woods II est annoncé comme la symphonie du nouveau monde. Dans une étude en 10 chapitres je vous livre ce que ne contiendra pas l'Accord de Bretton Woods II.
  • 3] Protectionnismes européens unis, Déni d'Europe, Dictature des marchés, l'ennemi du Sud
  • 5] Sommations du G24 au Bretton Woods II, club de riches et de nouveaux riches - Consensus de Washington II


La montée euphorique durant deux jours des cours à la Bourse suite à l'annonce du Plan européen splitté en déclinaisons nationalistes et protectionnistes de la "Boîte à Outils" avait été annoncée euphoriquement par le Gouvernement français comme la victoire de sa politique. Le Déterminisme communément partagé de la "Crise de l'Économie virtuelle qui se propage maintenant sur l'Économie réelle" semble devenir la nécessaire fatalité. Il n'y a pas de déterminisme, il n'y a que ses serviteurs. Ce "Déterminisme" enjôlé montre à chaque fois qu'il est martelé dans les bouches et les consciences à quel point l'Homme n'est pas prêt à penser en-dehors du mensonge qu'il s'est soigneusement ingurgité. Ce "Déterminisme" montre avec détermination qu'il n'y a pas de vie en-dehors du marché. Un Pays est une marchandise, l'Homme est de la volatilité, de la consommation, du salaire et de l'emploi. Nous pourrions inverser la formule déterministe et nous dire que l'Économie réelle de déprédation s'est propagée dans l'Économie réelle d'élimination, et nous devrions laisser tomber le mot "virtuel". Il n'y a que le bon-dieu qui est capable de télékinésie, l'homme agit et transforme. Toute autre formulation sera la bien-venue dans cette phase où le langage s'autorise des mix conceptuels.
De telles fenêtres climatiques sont rares dans la pensée de l'humanité.

La Chine, le nouveau riche, comme Sarkozy, est plus préoccupée à pratiquer sa déclinaison nationale du mix de la Mort de la Dictature du Prolétariat avec la Mort de la Dictature des Marchés. Elle a monté avec le Japon et la Corée du Sud un Fonds de Sauvetage qui contient, lui aussi, la même "Boîte à Outils" que le Plan Européen de rachat de créances toxiques, de (re)-nationalisations partielles... La Chine ne laisse pas entendre sa voix au sujet de la Conférence intergouvernementale de Bretton-Woods II et s'applique à refonder le Consensus de Washington, au moins dans sa manière de pratiquer la coopération commerciale avec l'Afrique, les Pays du Pacifique, des Caraïbes et les Pays en Développement.

Plus de 87 % de la population mondiale et une proportion prédominante des pauvres vivent dans les pays en développement ou en transition et vont subir l'effondrement du système financier systémique. "Système financier systémique " est plus élégant que de dire "système capitaliste financier", mais maintenant que le Président bling-bling français, NS, parle de la Mort de la Dictature des Marchés, on se lâche.

Mais le président américain George W. Bush a fixé les limites de la réunion intergouvernementale préparatoire au Bretton Woods II lors de la Réunion ASEM (Asie-Europe-Meeting, 25 X 2008) en estimant que le "G20 ( = le groupe des ~~riches~~) devait aussi réaffirmer les principes de libre entreprise", de "libre-échange" et de "liberté des marchés". En cette phrase nous relisons le credo du consensus de Washington et selon Bush - il a le mérite d'être clair - Bretton Woods II sera un Retour de Bretton Woods ou ne sera pas. Le prochain président des USA, l'éboueur de la nation, aura du mal à accorder une pastille verte et de "développement social" au Bretton Woods II, malgré quelques assouplissements. Bretton Woods II sera exactement l'envers du communiqué du G24 ci-dessous.

Des Pays riches et spéculateurs, comme le "tigre de l'Atlantique Nord", l'Islande, vont bénéficier des crédits du FMI, et réduire d'autant la part nécessaire aux PED ou aux Pays ACP qui devront subir une situation de cessation de paiement dans une banqueroute d'État.

Le FMI et la Banque mondiale sont des institutions issues des accords de Bretton Woods (I). Dans les textes de l'accord, le rôle du FMI est d'octroyer un crédit à un Pays qui est en banqueroute d'État et qui ne peut plus payer ses fonctionnaires et maintenir le fonctionnement de son administration. La Banque mondiale doit soutenir des projets de développement. Dans le passé ces deux institutions ont empiété les unes les autres sur leurs compétences respectives et n'ont été que des instruments d'éducation à ce qui a fini par s'appeler à partir des années 80' "le consensus de Washington" en liant leurs aides et leurs crédits accordés à des conditions néo-libérales que l'on retrouve dans l'Ecole de Chicago, les travaux de Milton Friedman. En ce jour, le 26 octobre 2008 la liste des Pays en situation de faillite d'État qui demandent une aide au FMI s'allonge: l'Islande par sa faute d'avoir voulu faire encore plus agressif dans les spéculations toxiques, mais aussi l'Argentine, le Brésil, le Mexique, l'Afrique du Sud, le Pakistan, la Corée du Sud, l'Ukraine, la Hongrie, la Biélorussie, la Croatie, l'Albanie, la Macédoine, la Serbie, la Turquie. Vous remarquerez que ce ne sont pas des PED (Pays en Développement) ou des Pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) qui eux sont en situation de pauvreté et non pas des pays riches, émergents ou ayant pratiqué la spéculation systémique toxique. Parmi ceux-ci vous avez les corrompus du FMI comme la Turquie qui demande un crédit avant chaque intervention américaine en Irak, et l'Argentine qui a obtenu depuis 50 ans 52 fois un crédit du FMI pour être avec des Chicago Boys et des dictateurs du calibre de Pinochet la barrière américaine à la propagation du communisme. Il reste encore beaucoup à faire pour que ces institutions du club de riches soient refondées dans un sens multilatéral et qui comprenne les intérêts des pays pauvres (lire ci-dessous le Communiqué).

Les Ministres du Groupe intergouvernemental des 24 pour les questions monétaires internationales et le développement ont tenu leur 80ème réunion le 10 octobre 2008 à Washington. Cette réunion du G24, le Groupe des pauvres, est passée inaperçue.
Je vous invite à prendre connaissance des demandes du G24 adressées sous forme de Lettre ouverte aux Membres Invités de la Réunion préparatoire du Bretton Woods II. Le communiqué est rédigé en 29 points et en 5 chapitre: I. Situation économique et financière mondiale, II. Réforme des institutions de Bretton Woods, III. Développement et changement climatique, IV. Le financement du développement, V. Autres questions. Je restitue certains des points de ce communiqué en gardant leurs chiffres d'ordre et leur chronologie. Je n'ai découvert ce Communiqué du G24 qu'à ce stade la rédaction de mon article et je constate que je suis totalement en phase avec le G24, ce qui est conforme au programme de la bannière de mon site: "Pour les solidarités locales, régionales et globales".

______________________________________________ Communiqué:


"GROUPE INTERGOVERNMENTAL DES 24 POUR LES QUESTIONS MONÉTAIRES INTERNATIONALES ET LE DÉVELOPPEMENT"


I. Situation économique et financière mondiale

2. Les Ministres notent que l'aggravation de la crise financière qui a pris naissance dans les marchés matures met l'économie mondiale dans la situation la plus difficile qu'elle ait connue depuis des années. Ils observent que les économies avancées affichent un net ralentissement et que certaines sont déjà en récession. Les Ministres notent que la poursuite des tensions financières va peser encore davantage sur les perspectives de croissance mondiale. Les Ministres appellent à une riposte globale pour remédier aux difficultés des marchés financiers et rétablir la confiance des marchés. Ils considèrent qu'il est essentiel de s'attaquer aux carences profondes de la gestion des risques et de la réglementation dans les secteurs financiers des pays avancés, qui ont conduit à la prise de risques excessifs et à la spéculation. À cet égard, les Ministres soulignent la nécessité d'une réforme fondamentale des cadres de réglementation et de contrôle, ainsi que le besoin de règles de comptabilité plus claires et de transparence.

3. Les Ministres notent que bon nombre de marchés émergents et d'économies en développement ne sont pas à l’abri des retombées de la crise financière mondiale en cours. Ils craignent une propagation de la contagion financière à plusieurs économies de marché émergentes sous forme de retournement des flux de capitaux dont elles bénéficient, d'augmentation des coûts de financement et de volte-face des investisseurs sans rapport avec les fondamentaux économiques.

5. Pour aider les pays en développement à devenir moins vulnérables aux crises, y compris à leurs effets de contagion, les Ministres estiment nécessaire de mettre rapidement en place de nouveaux instruments pouvant contribuer à la prévention ou à la résolution des crises. Ils appellent le FMI à mettre en place un instrument de liquidité. Parallèlement, pour apporter une réponse adéquate aux besoins des pays membres, les Ministres demandent un relèvement substantiel du niveau d'accès aux ressources du FMI, une simplification de la conditionnalité et un réexamen des conditions de financement liées à l'utilisation des ressources du FMI.

6. Les Ministres soulignent que l'accroissement de la production de biocarburants dans les pays avancés soutenue par les subventions, les mandats et les tarifs d’importation, la spéculation et la hausse des coûts de production ont poussé les prix des produits alimentaires à la hausse. Les Ministres sont préoccupés par l’impact dramatique des prix élevés des produits alimentaires et des combustibles sur les balances des paiements, les budgets et les prix intérieurs des pays en développement, en particulier sur les pauvres. Ils observent que les circonstances actuelles rendent encore plus urgent de relancer les négociations commerciales pour que le Cycle de Doha puisse s’achever sur une conclusion favorable au développement, et exhortent les pays développés à supprimer les subventions et les obstacles au commerce, qui portent préjudice au secteur agricole et aux pauvres des pays en développement.

7. Les Ministres soulignent que la communauté internationale doit aider les pays en développement les plus pauvres à faire face à ces chocs en leur apportant une assistance accrue. Ils estiment que l’aide fournie aux pays touchés au moyen de la FRPC (Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance) est insuffisante et accordée avec trop de retard. Ils se félicitent du large soutien apporté par le Groupe de la Banque mondiale à la "Nouvelle entente pour une politique alimentaire mondiale" et de la création d’une nouvelle facilité de financement rapide de 1,2 milliard de dollars, et ils souhaitent que soit mise en œuvre rapidement l’initiative "Énergie pour les pauvres", qui devrait être lancée d'ici peu. Les Ministres renouvellent leur appel à la communauté internationale, notamment à la Banque mondiale et au FMI, pour que soit fourni un soutien financier plus solide et dans des meilleurs délais aux États fragiles (.../...). Pour être efficace, cette assistance doit être fournie à des conditions fortement concessionnelles et avec le maximum de souplesse et de prévisibilité.

8. Les Ministres soulignent que des efforts multilatéraux et une coordination active des politiques conduites seront essentiels pour surmonter ces crises et éviter une détérioration durable des conditions financières et économiques à travers le monde. En particulier, ils soulignent que le FMI a un rôle important à jouer pour forger une réponse multilatérale à la crise financière et guider les réformes du système financier après la crise. Les Ministres renouvellent leur appel en faveur d’un renforcement de la surveillance des politiques et des systèmes financiers des économies avancées en renforçant l’analyse des liens macrofinanciers et de leurs effets de contagion, et en faisant en sorte que le FMI étende ses analyses de vulnérabilité à ces économies. Les Ministres observent aussi que la crise et les interventions qui ont suivi marquent un changement par rapport aux paradigmes acceptés, et appellent le FMI et la Banque mondiale à en tirer les leçons et les conséquences dans leurs conseils de politique économique.


II. Réforme des institutions de Bretton Woods

9. Les Ministres observent que la crise économique actuelle montre qu'il est urgent de revigorer le système multilatéral et de faire en sorte que les réalités de l'économie mondiale se reflètent dans la gouvernance économique des institutions multilatérales. À cet égard, ils se félicitent de l'appel du Président Zoellick (Président, Banque mondiale) en faveur d’un nouveau multilatéralisme qui dépasse le cadre financier et commercial traditionnel pour englober aussi les défis planétaires pressants du développement, de l'énergie et du changement climatique. Comme le G-24 l'a souligné durant de longues années, un tel multilatéralisme ne peut s'instituer que s’il existe un processus de consultation élargi entre pays industrialisés et pays en développement et une structure de gouvernance plus équilibrée, y compris au sein des institutions de Bretton Woods. Dans ce contexte, les Ministres ont examiné les propositions concernant la voix et la représentation à la Banque mondiale.

10. Les Ministres accueillent favorablement et appuient fortement la création, en faveur de l'Afrique subsaharienne, d'un 25e siège d'Administrateur au Conseil du Groupe de la Banque mondiale, qui réduirait très sensiblement le nombre de pays représentés par chacun des Administrateurs élus de la région, et par conséquent la charge qu’ils supportent. Ils estiment que cette mesure aurait dû être prise depuis longtemps pour corriger le déséquilibre de la représentation, au Conseil, d'un continent qui est au cœur des efforts déployés par la Banque pour éradiquer la pauvreté et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

11. Les Ministres demandent d'accroître le pouvoir de vote des plus petits pays membres et des groupes rassemblant le plus grand nombre de pays ainsi que la correction du déséquilibre fondamental des pouvoirs de vote à la Banque mondiale.

13. Les Ministres notent que les pouvoirs de vote à la Banque mondiale doivent tenir compte de l’évolution — déjà survenue et à venir — des poids relatifs des pays dans l'économie mondiale. Les Ministres notent aussi que les pouvoirs de vote, et la participation au processus de décision de manière plus générale, doivent refléter la mission de développement confiée à la Banque mondiale et l’attention prioritaire apportée aux pays en développement. Plus de 87 % de population mondiale et une proportion prédominante des pauvres vivent dans les pays en développement ou en transition.

14. Les Ministres estiment que la parité de voix entre pays développés et pays en développement soit considérée comme un objectif minimum. Ils font valoir que la Banque mondiale ne jouira pas de la légitimité, de la pertinence et de l’efficacité dont elle a besoin pour lutter pleinement contre la pauvreté si elle ne réforme pas sa structure de gouvernance en profondeur.

15. Les Ministres soulignent que la désignation du prochain Président de la Banque mondiale et du prochain Directeur général du FMI doit avoir lieu selon un processus de sélection compétitif, transparent, fondé sur le mérite et libre de toute préférence géographique. Les Ministres insistent sur l’importance d’un engagement ferme en faveur de la poursuite du processus de réforme du FMI. Les Ministres soulignent qu’une augmentation supplémentaire significative du nombre de voix attribuées aux pays en développement doit être considérée comme un objectif majeur. Afin d’asseoir cette prochaine étape et les réformes à plus long terme sur des bases solides, les Ministres demandent au FMI d’achever les travaux techniques nécessaires pour améliorer les mesures de l’ouverture et la variabilité et faire en sorte que la révision des variables se reflète rapidement dans la formule des quotes-parts (ndlr: le montant des cotisations détermine le poids d'un pays dans un vote; les USA cotisent le plus... Les travaux préparatoires du Bretton Woods II ne laissent rien entendre en ce sens et je parie que seuls les nouveaux riches seront gâtés).

17. Les Ministres attendent avec intérêt l’issue des discussions engagées sur l’amélioration de la gouvernance du FMI et ils demandent que des mesures de plus grande envergure soient prises pour renforcer la voix des pays en développement dans le processus de prise de décision au FMI.


III. Développement et changement climatique

18. Les Ministres observent que le changement climatique est un enjeu de portée mondiale qui exige la plus vaste coopération possible entre tous les pays afin de permettre une riposte efficace et appropriée au plan international, fondée sur le principe des responsabilités communes mais différenciées, ainsi que sur les capacités respectives de chacun. Ils soulignent que, même si le Groupe de la Banque mondiale peut jouer un rôle important dans ce domaine sans s’écarter de sa mission de développement, la Convention-cadre sur les changements climatiques (CCCC) et le protocole de Kyoto doivent rester le cadre multilatéral central de la coopération sur les questions climatiques.

20. Les Ministres soulignent que les pays en développement, particulièrement les plus pauvres d’entre eux, subiront une part disproportionnée des effets négatifs du changement climatique bien qu’ils aient peu contribué au réchauffement. Ils demandent donc au Groupe de la Banque mondiale d’accorder une attention particulière aux problèmes d’adaptation aux variations climatiques en mobilisant des ressources supplémentaires et en finançant des projets d’adaptation autonomes.

21. Les Ministres insistent sur les engagements pris par les pays développés à fournir un surcroît de ressources financières, nouvelles et prévisibles, pour aider les pays en développement à faire face aux conséquences du changement climatique. À cet égard, ils saluent le lancement récent des Fonds d’investissement climatique (FIC), à titre de mesure intérimaire, et ils demandent au Groupe de la Banque mondiale de s’attacher davantage à mobiliser des ressources pour faciliter l’adaptation. Ils font valoir que l’apport de ressources supplémentaires est particulièrement important pour financer les différences de coût entre les projets ne portant pas atteinte au climat et les options du moindre coût. Ils insistent donc sur la nécessité de renforcer les engagements et le suivi multilatéral pour assurer la fourniture de ces ressources supplémentaires. Ils reconnaissent que des méthodes de financement innovatrices, fondées sur le marché, offrent des possibilités, mais ils soulignent que ce type de financement ne peut se substituer à l’accès direct aux concours concessionnels dont les pays en développement ont tant besoin.

22. Les Ministres soulignent que le développement technologique et les transferts de technologies, ainsi que les aspects financiers de ces activités, constituent un élément essentiel du programme mondial prévu par le Plan d’action de Bali. Ils ajoutent que la Banque mondiale doit jouer un rôle proactif de premier plan dans tous les domaines, notamment dans la recherche concertée sur le développement technologique et le soutien aux technologies économiquement viables.

23. Les Ministres insistent sur le rôle primordial de l’accès à l’énergie dans la promotion de la croissance économique et l’éradication de la pauvreté dans les pays en développement. À ce sujet, ils jugent important de faciliter la fourniture d’énergie, aussi bien traditionnelle que renouvelable, selon la demande et les préférences nationales. Ils font valoir que la promotion de l’efficacité énergétique, grâce à l’octroi de meilleures incitations au plan national et à l’aide des stratégies pilotées par les pays, est un "fruit à portée de main" et une démarche gagnante pour qui veut accroître l’accès à l’énergie tout en réduisant les émissions polluantes.


IV. Le financement du développement

24. Les Ministres notent que la Conférence internationale sur le financement du développement organisée par le gouvernement du Qatar est une occasion importante de réaffirmer et renforcer — à un moment clé de l’action menée pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement — les engagements pris en 2002 à Monterrey. Les Ministres relèvent une amélioration du cadre du financement du développement au cours des six dernières années, principalement grâce à une nette progression de l’épargne intérieure dans les pays en développement, mais aussi en raison de l’expansion soutenue du commerce mondial, de flux de capitaux privés records, de l’accroissement des envois de fonds, de la diminution du fardeau de la dette, notamment dans les pays pauvres très endettés, et de la reprise de l’aide publique au développement après une période de fléchissement. Les Ministres se disent préoccupés par le fait que la crise financière et le ralentissement économique qui lui est lié risquent de durcir considérablement les conditions de financement. De surcroît, de nouveaux défis sont apparus — notamment les répercussions de la hausse des prix des produits alimentaires et énergétiques, ainsi que le problème imminent du changement climatique —, qui impliquent une forte augmentation des besoins de financement.

25. Tandis que des discussions approfondies se déroulent à New York sur un projet de document, les Ministres attirent l’attention sur un certain nombre de domaines où la conférence de Doha peut contribuer à la réalisation de résultats tangibles. Les Ministres estiment important d’obtenir un engagement ferme pour remédier aux lacunes du système financier mondial en modifiant fondamentalement l’architecture financière internationale et en améliorant les instruments destinés à aider les pays en développement à faire face à l’instabilité potentielle.

26. Les Ministres soulignent qu’il est essentiel de fournir, dans les meilleurs délais, une aide à caractère véritablement additionnel aux pays les plus pauvres pour leur permettre d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, de stimuler leur agriculture et de réduire leurs considérables carences en matière d’infrastructures. Il est donc impératif que les bailleurs de fonds respectent leur engagement de doubler les ressources en aide au profit de l’Afrique et de porter les décaissements d’aide globaux à 130 milliards de dollars d’ici à 2010, et que tous les bailleurs de fonds atteignent l’objectif d’APD de 0,7 % du RNB convenu au plan international.


Crédit photo: la capoeira.

V. Autres questions et date et lieu de la prochaine réunion

29. La prochaine réunion des Ministres du G-24 devrait se dérouler le 24 avril 2009 à Washington.

LISTE DES PARTICIPANTS: Les Ministres du Groupe intergouvernemental des Vingt-Quatre pour les questions monétaires internationales et le développement: Gouverneur de la Banque centrale de la République démocratique du Congo, Gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Secrétaire d’État chargé des affaires internationales au Ministère des finances du Brésil.
Groupe africain: Algérie, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Égypte, Éthiopie, Gabon, Ghana, Nigéria, Afrique du Sud.
Groupe asiatique: Inde, République islamique d’Iran, Liban, Pakistan, Philippines, Sri Lanka, République arabe syrienne.
Groupe latino-américain: Argentine, Brésil, Colombie, Guatemala, Mexique, Pérou, Trinité-et-Tobago, Venezuela.
Observateurs: Conseil monétaire d’Amérique centrale, BIsD, Fonds monétaire arabe, EAU, Chine, Arabie saoudite, FODI, OPEP, ONU-DAES, OIT, Maroc, CNUCED, ECLAC, Centre Sud Genève.
Invités: Dominique Strauss-Kahn, Directeur général, Fonds monétaire international;
Robert Zoellick, Président, Banque mondiale;
Conseil d’administration du FMI;
Conseil des administrateurs de la Banque mondiale.

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Information sur la Prévention contre les Sectes:

Un vieux politicien français d'extrême-droite est protagoniste du retour à Bretton-Woods. Faites votre recherche sur prevensecte.
Son parti existe, change régulièrement de nom, nom qui fait semblant de bien sonner à gauche.