Communiqué de:

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne
Marc Dolez, député du Nord

"Ça suffit comme ça !

Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages. Et la motion de Ségolène Royal l'emporte avec sa proposition d'alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l'ont emporté alors qu'elles conduisent partout à l'échec. Elles avalisent l'Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l'abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n'y change rien malheureusement.

Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quelles que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l'orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays. Non ! Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d'une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l'initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l'écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l'a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d'engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d'un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes. Nous savons qu'une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l'avant.

Pour aller de l'avant, un site sera ouvert en fin de journée à l'adresse
http://www.lepartidegauche.fr/

Pour apporter votre soutien.

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Mon commentaire sur le nom de ce nouveau parti:

PdG >>> que c'est débile.

Comme traducteur j'approuve: die Linke = la Gauche.

Maintenant, il y a tellement de gogols qui disent qu'ils sont "de gauche" -, surtout depuis Jospin - qu'il fallait aussi dépasser ce vide conceptuel, ce qui n'a déjà pas été fait avec cette nouvelle marque de fabrique.

Mais attention, le déterminant ici devant le substantif n'est pas simplement un article devant un nom!

Et "de Gauche" ne deviendra jamais "la gauche". C'est une situation intermédiaire, batarde, une "boîte à outils" et plein de choses  directionnelles et informes. Le Phare n'est pas allumé ni chez l'émetteur, ni chez le récepteur, avec ce "de Gauche".

Il faudra retravailler la copie et faire alors un sacré effort de Com.

Le "die Linke" est un écho au slogan de 1989 quand le peuple allemand d'Est a traversé le Mur
et avait dit: "Wir sind ein Volk, wir sind das Volk" = "Nous sommes Un peuple (unique), nous sommes Le peuple".
 
Ce slogan n'avait jamais été utilisé à l'Ouest de l'Allemagne dans la rue, l'euphorie y  avait été touristique et la réunification est plutôt à assimiler à une guerre civile à l'étouffé. En effet, la RDA était l'Économie de l'Est la plus développée et les entreprises de l'Ouest avaient pris le filet du bœuf, y avaient démantelé les usines, celles qui étaient viables, et surtout leur marché arrière, pour délocaliser la production à l'ouest et aussi pour dérober les brevets d'invention, etc...

Je ne suis évidemment pas un nostalgique de près ou de loin de ce régime totalitaire de la RDA, mais c'est l'Est qui a été contraint de fusionner dans l'Ouest. Et rien d'autre.
 
Revenons à 'die Linke = la Gauche'.

Bien que les articles indéfini "ein" et défini "die" m'avaient laissé très circonspect, car sous Adolf, on avait déjà dit "Ein Volk..." etc, j'avais accepté ce déterminant car j'y avais effectivement vu cette fois un peuple qui se lève (du genre "Get up, stand up, for your rights", un peuple qui se lève tout seul et qui n'a pas besoin de guide pour ceci. C'était beau.

Donc "die Linke" ne veut pas simplement dire "la Gauche" mais l'apposition d'un article défini devant un nom, et en ce sens une création de langage effectuée par chacun qui le prononce et le pense.

"die Linke" veut dire que, moi qui parle, je me donne le droit d'apposer un article devant le nom que je définis, et c'était quelque chose à quoi Sartre aurait rêvé faire, une quasi symbiose entre la chose dénommée et la chose vécue, une fusion entre celui qui dénomme une chose extérieure et cette chose.

Toute ceci ne sera pas à trouver dans le nouvel identifiant "de Gauche".

Je le leur ai écrit sur leur site. Ce qui ne m'empêche pas de les soutenir. Donc tous les chefs de claque du PS prostitué, de Ségolène ou pas de Ségolène Royal, qui nous visitent, ici, ne trouvez pas en ces propos de la nourriture à votre médiocrité.
 
Et PdG est totalement débile.
 
Si PdG croit pouvoir copier die Linke, il se trompe. En plus il y a 2 "die Linke" en Allemagne, une de l'Est (à cause des enseignements, on va dire, de solidarité des régimes du block de Varsovie) et, beaucoup plus intéressant, une die Linke de l'Ouest, qui fait effectivement sauter les paradigmes néo-libéraux qui ont cours de la droite au SPD.


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Composantes des 2 "die Linke" en Allemagne:

En Allemagne fédérale, nous verrons dans les prochains mois, si comme dans la Rhénanie-Palatinat ou la Hesse, les militants du SPD et les électeurs "de gauche" agiront dans le sens de l'appareil fédéral de ce parti (donc à une gauche "de droite") ou dans le sens de cette base électorale qui semble prendre forme partout en Allemagne, aussi à l'Ouest.

20 ans après la réunification, l'ouest semble vouloir apprendre qq chose des enseignements actuels de l'Est. En fait non la "die Linke" de l'ouest travaille sur le concret social à résoudre, la Die Linke à l'Est travaille sur la catastrophe des 25% de chômage dans les Länder de l'Est, mais aussi sur sa tradition politique historique atavique issue de la RDA. Souvent, même ces deux filières de recrutement politique et d'action ne sont pas incorporés par les mêmes personnes, dont certaines viennent directement du PDS qui est la SED modernisée (ancien parti central de la RDA). Le PDS cache encore les actifs financiers (peut-être en Suisse) de la SED. Si vous cliquez sur Google "PDS" vous avez aussi un renvoi direct sur Die Linke.
 
Die Linke à l'Ouest est issu de WASG „Arbeit & soziale Gerechtigkeit – Die Wahlalternative“ (Travail et Justice Sociale - Alternative Électorale) qui était formé de politiciens et de membres critiques de l'aile gauche de la SPD et de syndicalistes. Le 16 juin 2007 la PDS et la WASG ont fusionné pour donner "die Linke" qui en même pas 6 mois avait réussi à devenir le 3ème parti en dépassant les Verts et la FDP (Centre). La PDS était un grand parti à l'Est, mais la WASG était quasi inconnue à l'Ouest, ce qui rend l'ancrage de la "die Linke" à l'Ouest significatif, et à mes yeux face à la France, l'électorat allemand et la société allemande en avance au niveau de la prise de conscience et de la conformité de son action par rapport à elle dans la compréhension du 3ème millénaire.