L'Historicité chère aux Rédacteurs anciens, est comme une manière de ne pas conceptualiser le présent et l'avenir.

On voit d'emblée qu'ils sont liés par un langage convenu. C'est ma déformation professionnelle, que de lire des copies et de voir si l'étudiant veut adopter le langage de ses pairs où s'il veut apporter la nouveauté de son analyse et la force de sa conviction, soit éros et pathos, son énergie de vie et la force de sa dramaturgie.

L'Historicité conceptualise le passé et cette structuration linguistique est une pure fidélité au passé.
Une trahison?

L'Historicité vit dans un rêve, pas dans un idéal. Un rêve décroché.

Ce que d'aucun traite de "lyrisme" de ma part, je l'appelle percutance, fugacité cristallisée.

Les mots ne sont pas faits pour énoncer des acquis culturels, ce serait d'une sinistrose cadavérique.

Les mots sont là pour que l'on essaye des trucs, car la vie se décale toujours de la Wahrnehmung (pris pour vrai, perception) et car notre fameuse vigilance est de l'accompagner, voire de la devancer.

J'ai inventé une maxime que je redonne régulièrement à mes étudiants: "Erleben, erfahren, und Vertrag mit der Wahrheit"
(En français ceci perd de sa force: "Le vécu, l'entendement, et le contrat avec la vérité.")

L'infinitif substantivé allemand "erleben", "erfahren" combine d'une manière délicieuse et potentielle le verbe avec le nom, le sujet, l'action.

Penser, c'est agir.