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1. octobre 2008

France Productivité Travail Jours de grève Pyramide des salaires Répartition richesses Attractivité Investisseurs



L'ouvrier français est bon, tout le monde le dit,
la durée de travail hebdomadaire en France est exemplaire dans le monde.
Et la Répartition des Richesses dans le PIB de la France?

Mettons-nous à table maintenant.

Vous ne me croyez pas? L'économie réelle parle pour vous. Le Monde d'Avance est ici.

Vous pouvez avant toute chose lire le rapport officiel "Emploi en Europe" pour connaître le niveau réel des salaires en France, la Répartition des Richesses dans le PIB.

Avant de vous réjouir de la qualité du travail en France, il faut encore lire ceci:

Le principe du trickle down effect, du dégoulinement vers la bas des richesses accumulées par le sommet, cet humanisme automatique, ici de la Classe Globale, tant voulu par l'Ecole de Chicago et le Consensus de Washington n'a pas conduit à l'enrichissement global des populations de la planète, mais à une croissance appauvrissante des Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), des PED (Pays en Développement), et dans les pays industrialisés d'une couche de plus en plus importante des populations allant jusqu'aux classes moyennes.

Sur le tableau à droite provenant de l'Insee et publié par l'Observatoire des Inégalités, vous pouvez voir que le trickle down effect, l'enrichissement automatique des masses ne s'est pas fait. 0,9% d'augmentation salariale pour 90% de la population française, ceux qui ont en dessous de 1254 euros par mois, correspond à un appauvrissement du salaire de 20% si nous comptons une inflation de 2%. En même temps la productivité horaire française avait augmenté de + de 350%. Les Pays ACP et PED se sont aussi appauvris. Ne gardez pas dans votre mire la côte est de la Chine comme légitimation de la globalisation apportant de la croissance. Aux USA, pour la même période, 1% de la population avait accaparé 75% de la croissance.

Pour l'Insee le revenu salarial n'a pas augmenté depuis le début des années 80. L'Insee a publié ce rapport suivant intitulé "Le revenu salarial et ses composantes, évolution et inégalités de 1978 à 2005": "Le concept de revenu salarial se situe à mi-chemin entre prix du travail et niveau de vie des personnes. Il correspond à l'ensemble des revenus perçus au cours d'une année donnée provenant directement d'une activité salariée et intègre une partie du risque lié au non-emploi. Une nouvelle base de données, comportant à la fois les secteurs public et privé, permet de donner pour la première fois des résultats sur le revenu salarial pour l'ensemble des salariés. Bien que le salaire horaire ait progressé depuis le début des années 80, et malgré les nombreuses revalorisations du Smic, le revenu salarial annuel n'a, dans le même temps, pas évolué en euros constants. Cette stagnation provient, essentiellement, du développement de situations plus précaires, caractérisées par du travail à temps partiel et un nombre moyen de jours rémunérés dans l'année plus faible. Les jeunes et les salariés qui ne travaillent pas à temps complet, sont ceux qui ont vu leur revenu salarial réel diminuer le plus, subissant ainsi, pour les premiers, la baisse du nombre de jours rémunérés, et pour les seconds, celle du salaire journalier moyen."

Passons aux réjouissances:

  • 1] La main d'œuvre française, qualifiée et productive
Paresseux, en grève, ou en congés…Contrairement aux idées reçues, les Français travaillent plus et mieux que bien d’autres pays ! Avec l’un des meilleurs taux de productivité horaire du monde, un nombre de jours de grèves inférieur à celui des États-Unis, et l’assouplissement de la loi sur les 35 heures, ils offrent aux entreprises l’un des meilleurs PIB par heure travaillée de tout le continent européen.

Avec une durée de travail hebdomadaire de 35 heures, les Français apparaissent comme l'un des pays où l'on accomplit le moins d'heures de travail au sens légal du terme.

La durée effective du travail hebdomadaire est de 38 heures en France, soit une heure de plus qu’en Grande-Bretagne et 2h30 de plus qu’en Allemagne, et un niveau supérieur à la moyenne des 27 pays membres de l’Union Européenne. Par ailleurs, la loi sur les 35 heures hebdomadaires a été assouplie, avec l’instauration d’un quota de 220 heures supplémentaires par an, la possibilité d’effectuer des « heures choisies » au-delà de ce quota ou de négocier des forfaits annuels. Il en résulte une flexibilité importante dans l’organisation du travail qui contribue aux bonnes performances de la France en termes de productivité.

Les Français affichent en effet des performances exceptionnelles en termes de productivité. La France obtient en effet l’une des meilleures productivités horaires au monde, avec une performance supérieure de 20 % à la moyenne européenne.

Si les Français sont si productifs, c’est qu’ils sont très bien formés : 7% du PIB de la France est consacré à l’éducation et à la formation. Le système éducatif français est gratuit et accessible à tous ; il est conçu pour offrir aux entreprises des salariés capables de s’adapter rapidement aux exigences de la compétitivité. Aujourd’hui 2,2 millions de Français travaillent pour des entreprises étrangères dans tous les secteurs, et les deux tiers des Français de moins de trente ans maîtrisent l’Anglais. Un pourcentage élevé de la population a atteint un niveau d’éducation supérieure puisque la France se situe au 2e rang européen en pourcentage de salariés détenant un diplôme scientifique ou technique.

Ce bagage scolaire et universitaire de grande qualité permet à chaque Français de s’adapter tout au long de sa carrière à l’évolution permanente des organisations et des méthodes de travail : une étude de l’OCDE met en avant la polyvalence des salariés français, qui offre plus de souplesse et de réactivité aux entreprises. Cette souplesse est encore favorisée par l’accès à la formation professionnelle continue : la France consacre chaque année 1,5 % de son PIB aux formations destinées aux salariés et à l’apprentissage. Cet effort est financé pour moitié par l’État. Un tel investissement représente un capital-formation de 1 000 heures par personne durant sa vie professionnelle.

Ces performances, paradoxales pour qui voit la France comme un pays où les salariés seraient des travailleurs peu assidus, ne s’expliquent pas seulement par la qualité de la main-d’oeuvre. Ces dernières années, des dizaines de milliers d’entreprises ont totalement repensé l’organisation du travail et renforcé notablement leur flexibilité. Par ailleurs, les Français savent faire preuve de créativité. La compétition internationale se gagne désormais par la recherche et l’innovation industrielle : la France a ainsi mis en place une politique ambitieuse pour développer les ”clusters” ou pôles de compétitivité, concentrations d’intelligence et de savoir-faire réunissant des instituts de recherche et des entreprises. En 2006, les chercheurs installés en France ont déposé plus de 17 000 brevets de découverte, dans tous les champs de la connaissance, depuis l’automobile jusqu’aux biotechnologies en passant par le textile ou le nucléaire. La France se classe ainsi au 2e rang mondial en termes de brevets déposés et au 4e rang mondial pour l’effort en R&D.

Culture du résultat, créativité soutenue, accompagnée et partagée : c’est bien en France que vous trouverez les meilleurs partenaires pour développer et enrichir votre entreprise.

  • 2] La législation sociale en France favorable à l'investissement productif et à l'attractivité pour les investisseurs étrangers
Les Français travaillent-ils moins que les autres ? Avec une durée de travail hebdomadaire de 35 heures, les Français apparaissent comme l'un des pays où l'on accomplit le moins d'heures de travail au sens légal du terme. Qu'en est-il des 35 heures dans la réalité ?

Les Français ont une durée effective de travail par semaine supérieure à… celle des Etats-Unis, de l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Belgique, les Pays-Bas, les pays scandinaves. La durée effective du travail hebdomadaire est de 38 heures en France, soit une heure de plus qu’en Grande-Bretagne et 2h30 de plus qu’en Allemagne, et un niveau supérieur à la moyenne des 27 pays membres de l’Union Européenne. En outre, la loi sur les 35 heures ne s’applique pas aux cadres, qui travaillent en forfait jour et ne comptent donc pas leurs heures.

L’organisation du travail est-elle rigide en France? La loi sur les 35 heures hebdomadaires a été considérablement assouplie depuis 2003, avec l’instauration d’un quota de 220 heures supplémentaires par an, la possibilité d’effectuer des « heures choisies » au-delà de ce quota ou de négocier des forfaits annuels. Les 35 heures sont ainsi devenues un gage de flexibilité et de souplesse pour les entrepreneurs installés en France : elles permettent d'absorber sans heurts les pics de production ou d'activité, grâce à l'annualisation du temps de travail. L'organisation et la programmation du travail des salariés sont donc en phase avec les besoins de l'entreprise et adaptées aux fluctuations des demandes du marché.

Les procédures d’embauche sont-elles complexes ?
* la Déclaration Unique d’Embauche(DUE) permet d'effectuer, en une seule fois, plusieurs formalités obligatoires liées à l'embauche dont l’immatriculation d'un salarié au régime général de la Sécurité sociale, la demande d'affiliation au régime d'assurance chômage, la demande d'adhésion à un service de santé au travail. La DUE peut être effectuée par voie électronique,
* L’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) peut assister les entreprises pour le recrutement de leurs salariés : information sur les postes offerts par la société, identification des profils, présélection des candidats, proposition et organisation de formations préalables à l’embauche.

Les Français coûtent-ils trop cher ? Les coûts salariaux en France se trouvent dans la moyenne basse des pays européens. Les bonnes performances de la France en termes de coûts salariaux s’expliquent par des niveaux de salaires inférieurs à la moyenne communautaire ainsi que divers dispositifs d’exonérations de charges sociales : allègement de charges sociales patronales sur les bas et moyens salaires ; l’existence de contrats de travail spécifiques à destination de public particulier.

Les Français sont-ils paresseux ? Flexibilité accrue, aménagement du temps de travail, main d’œuvre qualifiée ayant un bon niveau d’éducation : ces facteurs concourent à faire de la France un pays affichant l’une des meilleures productivités au monde : les Français affichent en effet des performances exceptionnelles en termes de productivité, avec une performance supérieure de 20 % à la moyenne européenne.

Les Français sont-ils coutumiers de la grève ? Il s'agit là d'une idée reçue liée notamment à une sur-médiatisation des conflits. La France se situe dans la moyenne européenne. En France, les grèves sont essentiellement menées dans le secteur public, le secteur privé n'étant concerné qu'à la marge. Le nombre de jours de grève dans le secteur privé en France est inférieur à celui des États-Unis, de l’Italie ou de l’Espagne.

Je vous invite à aller découvrir ici les auteurs de ces deux belles laudatio pour le travailleur français et ici.



Mettons nous à table maintenant:

Il est difficile de trouver les informations sur la Répartition des richesses, mais les voilà:

12% c’est la part perdue par les revenus du travail dans le PIB (la richesse produite) en Europe depuis 1975. C’est aussi un chiffre resté dans les oubliettes de l’information. Il provient en effet de la 19e édition du rapport « L’emploi en Europe » publié par la Commission européenne... fin novembre 2007: ec.europa.eu/employment_s...

"Après s’être accrue durant les années 1960 et la première moitié des années 1970, avec un pic à 69,9 % en 1975, la part du revenu du travail a entamé un déclin graduel et atteint un point bas à 57,8 % en 2006."

La part des revenus alloués aux salariés est désormais inférieure à ce qu’elle était en 1960. Autrement dit, la Commission indique que les salaires distribués ont fortement chuté. Cette étude n'est soigneusement pas diffusée par les médias, les influenceurs, les partis politiques.

Le PS, qui a laissé cette année casser le Code du Travail, le PS avec sa Motion C, les syndicats n'aiment pas les Travailleurs.
Si? Et ceci, c'est quoi? Ou ceci?

 







Les fonds de pension américains ont perdu en 10 ans 60,7% de leur valeur, la retraite perçue par un américain de 65 ans a baissé de 71,7% (Source Lipper). Vous êtes en face du raté de la nouvelle politique économique promue idéologiquement par l'OMC, le commerce libre et de la privatisation globalisée. Avec la "crise" de 2009-2010, les chiffres commencent à sortir.

3. septembre 2008

UN MONDE D'AVANCE - MOTION C du PS: RECONSTRUIRE L'ESPOIR A GAUCHE - Congrès de Reims

- SIGNEZ LA MOTION EN LIGNE >>> Un monde d'avance   pdf_un-monde-d-avance.pdf -



voici un communiqué de "la gauche de la gauche" dans le PS du site Reconquêtes:

"Regardons les choses en face.

Le monde change, le vent souffle et il peut nous porter loin. Mais, pour cela, nous devons enfin reprendre l’initiative et ne plus subir. Ne plus subir la droite, son discours et son agenda. Ne plus subir l’air du temps, la dictature de l’opinion et des médias. Ne plus subir les évolutions imposées par nos adversaires comme une fatalité insurmontable. Ne plus subir le temps comme un agent érosif de nos valeurs.

Le vent souffle. Il nous portera loin si nous orientons les voiles dans le bon sens.

Le néo-libéralisme sombre. Le monde est confronté à quatre crises majeures – crise financière, énergétique, alimentaire et environnementale dont la simultanéité met en évidence les dangers et les limites de ce qu’il est convenu d’appeler la « mondialisation libérale ». En moins d’une semaine, le capitalisme financier, arrimé sur la dérégulation, la privatisation à outrance, le tout marché et le libre-échange sans limites, a vu voler en éclat la suprématie que lui conférait son caractère prétendument « indépassable » ou « incontournable ».

Seul le recours massif à l’action publique et aux contribuables a permis de mettre un terme provisoire au chaos créé par la spéculation et la subordination de l’intérêt général aux intérêts particuliers. La véritable hiérarchie entre l’économie et la politique a ainsi pu être rétablie. Si l’on ne change pas radicalement de cap, les conséquences de ce chaos, aujourd’hui encore largement occultées, se feront durement sentir pour les plus faibles, dans les mois et les années à venir. La fameuse « économie de l’intelligence », si chère aux tenants de la suprématie du tout-marché, vient se noyer dans la fameuse :« privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes ». Il en va de même en matière alimentaire, énergétique et environnementale. Si de solides régulations ne sont pas mises en place, par l’action publique concertée portant l’intérêt général, cette tendance désastreuse ne pourra que se renforcer (...)

Lire la suite de la motion "Un monde d'avance" (pdf_un-monde-d-avance-2.pdf)

Site de la motion C: www.unmondedavance.eu


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Mon commentaire sur la Motion C, dite de gauche:

Le PS n'étant pas à gauche, Sarkozy réfléchit pour lui. Oui, toutes ces phrases génériques et policées de cette Motion C du PS, vous les lisez aussi dans les G8 de Gleneagles et de Heiligendamm-Rostock (cherchez sur mon site), dans les G4 dont celui de Potsdam, dans la Conférence sur le Biodiversité et la Sécurité alimentaire, etc... qui n'ont mené à aucun effet concret.
Si vous avez trouvé mon site en première page de Google, voir en 1ère ligne, en tous cas avant les évêques du diocèse à Parténia du PS de la Rue de Solférino c'est que le Monde d'Avance est ici et qu'ici... je vous explique le monde tel qu'il est et avec sa sémantique à lui. Vous y trouverez les réflexions normales d'un homme de gauche et aussi sur Économie de bulles, Crises systémiques ou sur Europe - Solidarités locales, régionales et globales, etc.

Toutes ces jolies phrases de la motion C du PS auraient pu être concentrées en un graphique et un chiffre: celui de la stagnation salariale, en France depuis 35 ans, avec un autre chiffre: celui qui devra être atteint en 12 mois pour les salaires, puis d'année en année pour rattraper le retard dû au détournement des richesses du pays par les bénéfices d'entreprise et des capitaux placés, éloignement de la poche des salariés mais aussi des caisses publiques et de santé, et de retraites et autres caisses allocatives. Les réalités sont connues, dénonciables et dénoncées très simplement par les gens de gauches, les vrai, sans que nous tombions dans de la révolution. Allez voir les sites spécialisés dans la pauvreté, dans les vrais chiffres du chômage, pas besoin d'écrire des rédaction d'étudiant en 1ère année de BTS, pour écrire ces phrases de curé. Sur ce graphique de l'Institut des statistiques fédéral allemand par exemple vous voyez pour les 11 derniers trimestres: en orange l'augmentation de 25% des bénéfices d'entreprises et des capitaux placés et en rouge l'augmentation de 2% des salaires.

Puis une autre phrase simple aurait dû figurer dans cette Motion C du PS, dite Motion de gauche: nous allons imposer un système de négociation paritaire entre patronat et syndicat et refonder la syndicalisation, les syndicats, leur mode de fonctionnement. C'était d'ailleurs une des 100 proposition de dieu.

Ceci aurait même beaucoup réduit cet opuscule, l'argument qui m'est souvent renvoyé comme quoi cette Motion C du PS n'est pas un "essai de 395 pages" ne tient pas.

Pour le reste c'est pareil: des phrases génériques, mais le concret connu, dénonciable et dénoncé aussi par les G8 et les G4 n'y figurent pas. Quid de l'AGCS, des Accords sur les ADPIC, des APE, de la Directive service et de la Directive Libre établissement et Libre Circulation des Travailleurs, mis à part les phrases convenues et qui montrent bien que l'on n'a que l'intention de donner un coup d'épée dans le brouillard et que l'on veut cultiver le brouillard.

Ce texte n'est pas différent des "plus-de" que nous avons entendus lors des campagnes P et L.

Ce texte est triste. Pour moi il est sinistre, un texte de militants qui pratiquent le "plus-de" et le "tous-derrière".

Le graphique de la Motion C au sujet de la part des richesses dans le PIB (téléchargez la Motion c avec le lien ci-dessus) n'est pas actuel. Il a été établi en 2004 sur des chiffres datant de 2001 ou de 2002. Une collecte statistique de cette envergure prendrait de deux à 4 années, selon ceux que l'on appelle experts.

Cliquez sur Google "répartition richesses france" vous verrez que mon site est en première ou seconde page... et vous ne rencontrerez sûrement pas le PS, sa militance, les influenceurs et leurs médiateurs.

Vous verrez parfois un bavardage vieux de 15/18 ans ou fait de phrases qui veulent mettre en valeur son auteur, mais vous ne trouverez jamais les courbes, les courbes actualisées pour 2007, 2006, 2005, 2004 et surtout comme pour le graphique que j'ai déposé ci-dessus et qui est publié en masse par IG-Metall comme support pour une grève générale de la métallurgie allemande en vue d'obtenir 8% à la fin de l'année 2008d'augmentation; vous ne trouverez jamais en même temps la courbe des salaires et la courbe des bénéfices d'entreprises et des capitaux placés.

Cette information sur "répartition richesses france", je l'ai déjà plusieurs fois demandées sur les sites RS21, sur RM21 (d'avant le déni de Montebourg sur ses "valeurs"), sur d'autres sites, sur le forum interne et externe de RS (Rénovaction Socialiste). Rien. Pourquoi? Cette information est simplement tenue secrète par l'INSEE et par d'autres instituts de statistiques officiels ou privés. Ne me dites pas que l'appareil du PS et des autres gauches et de Attac n'est pas capable d'établir ces indices et de fournir ces informations.

Parce que si un graphique, comme celui communiqué par l'Institut fédéral allemand des statistiques et IG-Metall était publié en France, d'un coup d'œil n'importe qui pourrait voir que la Lutte des classes est menée en France sans discontinuité depuis des décennies et qu'elle a été gagnée par ceux qui en ont déjà dans leur poches. Mais dans un pays où même le PS aussi depuis presque 30 ans "qu'il n'y a plus de lutte des classes, mais qu'un seul front de classe", dans un pays où tout l'arc-en-ciel politique est d'accord pour dire que "c'est ringard de parler de clivage", nous voyons qui est encore une fois acteur de la compromission universelle. Le PS en tête, what else.

Tout le monde connaît le nombre de chômeurs qui, eux n'ont rien capitalisé du tout dans leur carrière depuis 1973 sur de longues périodes et en connaissant des déclassements professionnels à chaque réembauche, tout le monde connaît les salaires qui ont en réalité baissé de 25 à 45%, aussi dans la fonction publique en 20 ans. Tout le monde sait que le niveau de salaire est le même que dans les années 60 et qu'en plus la pauvreté est encore plus grande et encore mieux répartie et que nous avons 8 millions de travailleurs pauvres en plus des 10 millions de chômeurs. 10 millions, informez-vous. Tout le monde sait que c'est la gauche de Mitterrand et de Jospin qui a fait passer les impôts sur les bénéfices des entreprises de 45% à 20% et souvent à moins ou à zéro ou à taux négatif selon des arrangements négociés ou des plans de relance de l'offre devant stimuler les activités et qui sont en réalité détournés dans des jeux de trésoreries comptable et spéculatives ou des délocalisation.

Si la Motion C avait fourni ces informations ainsi, elle aurait été une Motion C de gauche. Malheureusement elle est dépassée et son avance est dans la vision melliflue qu'elle donne dans un ton de connivence qui relie agréablement les quelques uns qui veulent un peu s'encanailler à gauche sans se brûler les plumes.

La motion C est triste.

L'ouvrier français est bon, tout le monde le dit, mais le PS ne se bat pas pour lui, alors que sa durée de travail hebdomadaire est exemplaire.

16. mai 2008

Conférence alternative Diversité biologique - Non à l'ethnocide biotechnologique

diversité biologique

Du 12 au 16 mai 2008 se tient la Conférence alternative sur la Diversité biologique en réplique à la Conférence éponyme organisée par l'ONU

Le monde étant devenu une marchandise, le sang d'une tribu Indio d'Amazonie ou le riz Basmati étant devenus l'objet d'un brevet d'invention, je vous ai exposé sur mon site l'Aspect des Droits de la Propriété Industrielle liés au Commerce (sur les accords sur les ADPIC et sur les ADPIC+ ou TRIPs en anglais), les dérégulations de l'AGCS qui offre au commerce les devoirs régaliens de protection et de gestion de l'environnement, des biotopes et des ressources de l'eau, ou la Charte des Droits fondamentaux et sociaux et du Droit International des Droits de l'Homme annihilés par le commerce dès qu'il est possible pour des distributeurs, des groupes agro-alimentaires, semenciers ou pharmaceutiques de capitaliser dans le monde de l'industrie ou du commerce. La nolonté des partis gouvernementaux, et pour ma part du PS, mais aussi des Verts, face à l'invasion de ces droits de la propriété intellectuelle qui encerclent l'homme comme tous les autres produits de la nature dans quelque chose de monnayable, m'afflige.

Il faudra encore un temps énorme pour que la société civile soit informée dans le fond en dehors de la mantra salvatique du "le monde n'est pas une marchandise" et pour qu'elle concentre et dirige une action politique. Les médias, appartenant aux groupes industriels, se chargent de noyer des gens comme nous parmi les souilleurs de nids ou les gauchistes. Mon site est une Zone hors AGCS et une Zone hors ADPIC (avec ce click vous avez tous mes textes à ce sujet). Je m'étonne d'ailleurs qu'un mouvement Hors AGCS soit organisé (vous en trouvez les logos sur ma page d'accueil de mon site et en bannière du bas), mais qu'il n'existe aucun pendant qui porterait un logo analogue mais avec Zone hors ADPIC. La réalité est bien simple, même les mouvements et politiciens conscients et de gauche qui arborent le logo Zone hors AGCS sont des "petits-bourgeois" qui ont appris à défendre les solidarités locales, mais qui méconnaissent les solidarités globales. Et justement ce sont les pays du Sud, les pays en développement (PED) et les pays ACP (Afrique Caraïbes et Pacifique) qui sont menacés. De ceci on s'en fout et on frémit juste un peu quand il y a des guerres de la faim.

revolutionIl est évident que la gauche du IIIème millénaire n'est légitime que si elle marrie dans son mental et ses process les solidarités locales, régionales et globales. Pour ceci il n'y a pas besoin des historicités des révolutionnaires réunis (LCR, LO, les raviolis associés ou les anti-de-tous-bords) dont le comportement repose sur un confort de petit-bourgeois et un agréable mode opératoire qui ne légitime, dans un groupe confiné, que celui qui agite. L'Homme n'est pas le centre de leurs préoccupations, ceci leur donne leur assurance laquée de fatuité. Les tâches et les devoirs d'action à gauche sont énormes, il n'y a pas besoin de s'entacher de révolutionnarisme. Il faut observer, analyser, définir et agir, l'écroulement de la planète et de son accessoire, l'homme, le mérite. De plus les travaux de réflexion sont faits, des plans d'actions existent, il suffit de vouloir s'y adresser. Le problème est que l'homme est privé de penser.

Guerre de la faim? Crise alimentaire? Dépendance alimentaire des PED et des pays ACP? Pendant vingt ans, les grandes institutions internationales ont gravement sous-estimé la nécessité d'investir dans l'agriculture - la Banque mondiale l'a reconnu fin 2007. Et les plans d'ajustement structurel du Fonds Monétaire International (FMI) ont poussé les pays les plus endettés, notamment dans l'Afrique subsaharienne, à développer des cultures d'exportation et à importer la nourriture qu'ils consommaient. diversité biologique

Cette libéralisation les a rendus vulnérables à la volatilité des prix et dépendant des semences brevetées et génétiquement manipulées (OGM) dont les agro-alimentaires sont propriétaires au titre du droit de la propriété intellectuelle et en dépit du Privilège de l'agriculteur qui lui conférait auparavant le droit de ré-ensemencer une partie de ses récoltes sélectionnée par lui-même. Le brevet sur le vivant est une réalité incontournée, très tangible et mortelle pour le paysan burkinabé ou d'ailleurs, qui est le premier à souffrir... de la famine!

Nous savons tous à présent que le FMI, la Banque mondiale, l'OMC - dont les négociations ont définitivement capoté avec le dernier cycle de négociations en date, celui de l'échec de Doha - ne sont que des clubs de riches destinés à gérer la planète selon leur bon vouloir. Il en est de même pour l'ONU, qui impose immédiatement le respect de ses résolutions à l'Irak quand il a envahi le Koweït mais qui s'assied sur ses propres résolutions (une centaine... !) quand Israël étend depuis 60 ans, selon le technique de la salamandre, ses colonies en terre de Palestine... au nom de plaquettes écrites il y a deux mille ans. La Conférence de l'ONU sur la Diversité biologique qui ouvre ses portes le 12 mai à Bonn en Allemagne, est également l'un de ces avatars de l'hémisphère nord qui prétend vouloir agir pour la durabilité de ce qui reste de la planète. Ce genre de conférence réduit la protection de la nature à une protection des ressources commercialisables. Rien d'autre. La grenouille de verre de Tasmanie ou l'Indio d'Amazonie ne sont détenteurs de valeur que parce qu'ils sont des ressources industrielles. Rien d'autre. Ces rendez-vous ne conduisent donc qu'à la commercialisation de la Diversité biologique et qu'à permettre à l'industrie de valoriser les plantes et les autres ressources génétiques pour en faire des médicaments ou de nouvelles souches génétiquement manipulables.

Il ne faut pas s'imaginer que les pays industrialisés et les pays en développement négocient de manière équitable, à ce genre de conférences, sur une répartition juste des bénéfices tirés de ce commerce de la diversité biologique. En effet, les négociations sont dirigées par les gouvernements. Il y a bien des représentants des populations indigènes concernées, mais ils sont juste bons à défiler dans des costumes primitifs comme dans un musée des arts premiers. Ils n'ont pas d'influence et encore moins quand ils refusent l'utilisation de leur plantes phytosanitaires et médicinales par des grands groupes industriels du Nord. A ce genre de conférences ne sont associés que des porte-paroles modérés et encore leur fonction n'est que d'être consultés entre deux cafés. Ils n'interviennent pas dans les négociations.

Les délégués des gouvernements vont aussi essayer de donner une apparence de réglementation du commerce international des OGM, sans pour autant traiter de la responsabilité juridique quand des semences transgéniques se mélangent aux semences naturellement sélectionnées par le savoir et le génie du paysan indigène et de l'obtenteur. La coexistence des deux sources de semences étant impossible, les OGM sont à proscrire, et de les mettre à l'ordre du jour d'une telle conférence sur la diversité biologique est déplacé.

La question de la brevetabilité de la vie, des espèces variétales (plantes), des races animales, et de l'humain ou de parties constitutives de l'espèce humaine ne figure pas à l'ordre du jour de cette conférence de l'ONU. L'objectif de la Conférence alternative sur le Diversité biologique est donc de retirer le vivant de la brevetabilité. Or l'Europe, toujours à la pointe des sottises quand il s'agit de permettre la commerciale circulation-libre-du-tout-et-du-n'importe quoi avait justement accordé le premier brevet européen sur la vie. En effet, l'Office Européen des Brevets de Münich avait délivré à l'Université d'Écosse d'Edimbourg le brevet (EP 0 695 351 B1, Brevet dit d'Edimbourg) sur "l'isolement, la sélection et la reproduction de cellules souches transgéniques animales". Il est impossible d'annuler un brevet une fois délivré. J'explique à mes étudiants, qu'effectivement les 48 revendications de l'invention publiées avec le fascicule du brevet ne mentionnent jamais l'homme. Pourtant, si déjà la brevetabilité du vivant est immorale et scandaleuse, elle n'épargne pas l'homme comme valeur économique monopolisable et commercialisable en pièces détachées, pour l'instant, par l'industrie.

Le Règlement d'exécution de la Convention relative au brevet européen pour le marché commun a repris telle quelle la Directive européenne (98/44 EG) sur les brevets biolotechnologiques. Cette Directive règle la brevetabilité des "inventions qui ne résultent pas seulement de procédés naturels d'isolation de matériel biologique, comme de cellules souches de n'importe quelle origine, mais autorise aussi l'isolation de matériel biologique issu de plantes et d'animaux, si l'exécution de telles inventions n'est pas limitée à une seule espèce variétale (plante) ou une seule race animale". La société civile n'a donc plus besoin d'exprimer son indignation, la Commission européenne a décidé pour elle, et les Directives européennes sont déclinées dans le droit national de chaque État membre partie à la Convention sur le Brevet Européen (CBE). diversité biologiqueLe brevet délivré pour le titulaire, l'Université d'Écosse, ne semblait donc pas protéger des domaines qui ne sont pas autorisés par le Droit des Brevets Européens. Pourtant le brevet englobe les cellules humaines; c'est ce que révèle une lecture attentive de la description du brevet qui constitue le préambule du fascicule du brevet et qui enseigne, en dehors des revendications du brevets (figurant à la suite dans chaque fascicule de brevet), sur l'étendue de la protection du brevet. Nous pouvons y lire que "dans le contexte de l'invention, le terme 'cellules animales' est à comprendre au sens large et qu'il englobe toutes cellules animales et donc celles des mammifères", et donc de l'homme. Vous comprenez donc qu'une telle conférence de l'ONU sur la Diversité biologique ne mettra pas à l'ordre du jour la brevetabilité du vivant puisqu'elle est inscrite dans la loi de chaque État membre participant. A côté de Dolly, la brebis clonée dénommée ainsi en l'honneur de Dolly Parton la diva du porno, à côté de la souris-onco (souris cancéreuse) de Dupont-De Nemours, l'industrie est autorisée à fabriquer du bébé sous forme d'embryon. L'Europe n'étant elle-même plus qu'une AELE (association européenne de libre échange) comme le voulait son fondateur anglais, il n'y a rien à attendre de bioéthique de celle-ci. Le Canada s'était refusé à breveter le vivant et avait fait en 2002 cavalier seul sur ce dossier au sein des grands pays développés, mais je ne connais pas sa position actuelle en 2008.

La vivant étant une marchandise, celui qui ne se plie pas à cette règle légalisée par l'OMC et ses accords connexes comme l'AGCS et les accords sur les ADPIC devient même, sui-generis, un casus belli pour certains gouvernements qui ont militarisé la diversité biologique. C'est ainsi qu'en Colombie les scientifiques peuvent récolter des plantes aux vertus curatives parce que l'armée répresse la moindre des oppositions des populations locales. Il en est de même pour les immenses forêts de teck en Birmanie exploitée en partie directement par des groupes français avec le soutien de la junte au pouvoir ("c'est une question perverse", dirait Kouchner, le représentant de commerce, porte-drapeau du PS moderne).

En réalité, ce qui ennuie tout gouvernant, élu ou autoproclamé, c'est de gouverner avec des gens. La Conférence de l'ONU sur le Diversité biologique a repensé la protection de la nature, mais sans les humains. Dans certaines zones protégées en Amérique latine les populations locales sont simplement déportées ailleurs parce qu'elles pourraient représenter un risque d'incendie forestier. Dès l'écartement des indigènes réalisée, les groupes pharmaceutiques occupent le terrain. Comme le Nord a détruit sa nature environnante et comme il consomme tellement de produits issus de la nature, il parvient à faire déclarer dans le Sud de vastes étendues comme des zones protégées, aux détriments des populations locales du Sud. Il ne s'agit pas d'instaurer des zones de protection de la nature qui seraient administrées par des organisations non-gouvernementales. Il faut laisser le choix et le droit aux populations indigènes de les administrer selon leur besoins.

15 ans après la première Conférence internationale sur la Diversité biologique (1993) et la Déclaration de Rio (1993) rien n'a changé. Selon la Déclaration de Rio tout producteur de produits issus d'une espèce biologique est contraint de reverser une partie de ses bénéfices. Beaucoup de pays industrialisés n'ont toujours pas satisfait à cette exigence et exploitent les pays du Sud sans contrepartie. Jusqu'à 1993 la Diversité biologique faisait partie de l'héritage commun de l'humanité et n'avait pas de prix et était disponible pour tous. Depuis la Conférence sur le Diversité de 1993 il a été convenu que les animaux, les plantes et les gènes soient propriétés de l'État sur les territoires duquel ces espèces et variétés existent. Toute personne disposée à utiliser ces ressources doit s'enquérir de l'agrément du pays. Si la commercialisation d'un produit est un succès, le producteur est tenu de répartir équitablement les bénéfices. Bien, soyons heureux, toutes les conditions sont réunies depuis la Déclaration de Rio pour garantir à tous les États de la planète l'intervention du système démocratique, les débats parlementaires, le contrôle des gouvernements pour empêcher le hold-up biologique et la biopiraterie et pour assurer des négociations consensuelles sur le répartition équitable des richesses extraites de la commercialisation raisonnée des ressources.

diversité biologique Vous avez vu aujourd'hui, mardi 13 mai 2008, le capharnaüm parlementaire français qui peut exister dans les pays hautement civilisés, industrialisés et démocratisés au sujet de la Loi sur les OGM. Oh, non, ne nous faisons pas d'illusion si le Parlement français n'a pas adopté en seconde lecture la loi sur les OGM, ce n'était pas que le parti centralisateur l'UMP est visité par une conscience subite ou un doute. C'est une rebuffade des députés UMP qui comprennent que d'être trop godillots du Président français, NS, peut nuire gravement à leur santé politique personnelle. Il y a bien une vie après la disparition de Sarkozy, même pour ces morbides personnages.

Donc, depuis 1993, aucun bénéfice n'est ristourné aux pays du sud, parce que les États industrialisés n'ont pas encore décliné dans leur droit national la Convention sur la Diversité biologique (Déclaration de Berne, ONG). Les Pays en Développement font en vain pression pour qu'une réglementation contractuelle pour tous les pays contractants partie à la Convention sur la Diversité biologique entre en vigueur en 2010.

De toute manière, cette Convention ne peut entrer en vigueur puisqu'elle entrerait en collision avec des accords déjà existants qui lient tous les pays membres de l'OMC. Il s'agit des accords sur les Adpic (Aspects de la Propriété Intellectuelle liés au Commerce et Adpic+) par lesquels la reconnaissance mutuelle des brevets est réglée de manière contractuelle, et par lesquels de plus en plus d'êtres vivants, d'espèces variétales (plantes), de races animales et de séquences génétiques sont protégés par le Droit de la Propriété Industrielle. Les accords sur les Adpic engendrent et renforcent la biopiraterie ad vitam eternam, in excelsis bio. Oh pardon, Grand Lord!!! Ma bonne éducation a fait fourcher ma langue, il fallait écrire ad mortem eternam.

La conférence internationale de l'ONU de Bonn de mai 2008 sur la Diversité biologique s'est fixée comme objectif une "compensation plus juste des avantages" entre les utilisateurs et les pays d'origine. Le Nord veut s'assurer une liberté d'accès encore plus importante aux ressources et les pays du Sud misent sur une participation aux bénéfices.

Un grand État ne joue pas le jeu, comme pour les Accords de Kyoto sur les rejets polluants: les États-Unis, n'ont jamais ratifié la Convention sur la Diversité biologique pour les raisons industrielles et commerciales mais aussi parce qu'elle entre en collision avec le Droit américain de la Propriété Intellectuelle selon lequel "tout ce qui existe sous le soleil et qui est fabriqué par l'homme" peut faire l'objet d'un brevet d'invention. campesinos pobres Ce principe trouve sa contrepartie dans le droit américain des marques de commerce: "tout ce qui existe sous le soleil et que l'homme peut percevoir" est monopolisable par le Droit des marques déposées. Mais pour devancer définitivement toutes velléités des Pays en Développement de réclamer leur dû le Gouvernement américain sponsorise un projet piloté par le Smithsonian Institution qui va cartographier le matériel génétique de 500.000 espèces et créer une bibliothèque. Ce projet rend simplement caduque toute négociation sur la Diversité biologique. Visitez leur site, c'est un genre de Wiki-bio, de la saucisse au peau-rouge. C'est smart, c'est culturel, c'est participatif, interactif, respectueux des arts premiers. Mais pour Mute Schimpf de Misereor le holdup international est engagé et les groupes industriels, ayant libre accès à cette banque de données fournie par la Smithsonian Institution, pourront cibler encore plus efficacement et sans délais leur biopiratage, et n'auront même plus besoin de procéder à la Déclaration sur l'origine géographique des ressources qui font l'objet de leurs dépôts de brevet protégeant leurs inventions biotechnologiques. Toute négociation sur la moindre des répartitions des bénéfices avec les Pays en Développement n'aura plus lieu d'être. ¡Que viva tu muerte, pobre campesino!

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Voici les thèmes clé de la Conférence alternative sur la Diversité biologique * La Souveraineté Alimentaire * L’accès à une nourriture, une eau et une terre saines * Les droits des consommateurs et leurs relations équilibrées avec les producteurs * Les traditions alimentaires et agricoles et leur qualité * Production alimentaire et Régions sans OGMs * Les femmes et l’agriculture * Le libre échange de semences et la reproduction participative * Le libre échange de savoirs et la diversité * La fin du brevetage sur le vivant * Les agrocarburants versus la sécurité alimentaire * L'agro-écologie et les innovations dans l’agriculture biologique * Les jardins de l’espoir * Les droits et savoirs indigènes * La diversité culturelle et spirituelle * Les semences terminator, les arbres génétiquement modifiés, la biologie de synthèse et les autres nouvelles menaces à la diversité

(pix: Siège d'ARTE, Strasbourg)

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Lire aussi: Conférence alternative biologique - Non à l'ethnocide biotechnologique
et encore Ethnocides biotechnologiques, déni des droits des peuples indigènes - L'Europe en tête des Bad Guys
et encore: Echec de la Conférence sur le Diversité Biologique - Biopiraterie, OGM, Mutagènes, pas de cadre juridique
et encore: Faim, OMC, Directives européennes ne sont pas une fatalité - Zone d'autodétermination Hors OGM

Je vous prie aussi de lire toute ma rubrique Accords bilatéraux - OMC, une pensée de gauche ne peut occulter cette analyse mondiale. Merci de me lire.

15. mai 2008

Ethnocide biotechnologique, déni des droits des peuples indigènes - L'Europe en tête des Bad Guys

Grenier Burkina Faso

Du 12 au 16 mai 2008 se tient la Conférence alternative sur la Diversité biologique en réplique à la Conférence éponyme organisée par l'ONU.

Toutes les 2 secondes disparaît de la planète une étendue de la forêt vierge égale à celle d'un stade de foot-ball. Le moteur des scies mécaniques est mu par la demande de consommateurs à fort pouvoir d'achat de la couche moyenne et aisée des pays industrialisés, avides de meubles de jardin, d'huisserie de fenêtres et portes, de papier... Les toutes dernières parcelles de forêt vierges sont abattues au Canada, en Finlande, en Russie, au Brésil, en Malaisie, au Congo. En Indonésie la forêt vierge laisse place aux plantations qui fournissent de l'huile de palme pour le savon, la margarine ou qui est mélangée à ce que l'on appelle le bio-carburant. La Banque Mondiale vient tout récemment d'accorder un crédit de 300 millions de $ pour un projet gazier à Camisea dans la zone amazonienne du Pérou qui est à l'heure actuelle le plus destructeur du bassin amazonien (Amazon Watch).

"Autrefois, lorsque Shell travaillait ici, les maladies ont tué la plupart d'entre nous. [...] Nous savons que notre terre et nos rivières seront détruites si une autre compagnie vient ici. Les rivières seront polluées, les poissons mourront et les animaux prendront la fuite. Monsieur le Ministre, nous vous demandons: qu'allons-nous manger lorsque les fleuves seront morts et les animaux partis? [...] Nous ne voulons pas d'entreprises travaillant ici, nous voulons de l'eau propre, et une vie tranquille et paisible. " (Délégation du peuple autochtone Nahua auprès du gouvernement péruvien).

Le paradis saccagé: le projet gazier de Camisea, au Pérou, est à l’heure actuelle le plus destructeur du bassin amazonien. Situé dans la vallée reculée d’Urubamba, au sud-est de l’Amazonie péruvienne, ce projet de 1,6 milliards de dollars US inclut deux gazoducs en direction de la côte du Pérou et traversant un point névralgique de la biodiversité amazonienne, considéré par les écologistes comme “le dernier endroit sur terre” à forer en quête de combustibles fossiles. Presque 75 pour cent des opérations d’extraction de gaz sont prévues à l’intérieur d’une réserve nationale habitée par des peuples autochtones qui n’ont que peu ou pas de contact avec le monde extérieur. Or, ces peuples ont été contactés de force par le consortium de Camisea, en violation de leurs droits reconnus au niveau international. En outre, le gazoduc va traverser l’une des forêts tropicales humides qui restent intactes au monde, et qui est le foyer des peuples Nahua, Kirineri, Nanti, Machigüenga et Yine. Et finalement, une usine de traitement de gaz est en construction sur la côte péruvienne, dans la zone tampon d’une réserve marine d’importance internationale. Les principales compagnies nord-américaines impliquées dans le projet sont Halliburton et Hunt Oil, et les deux ont des rapports de longue date avec l’administration Bush-Cheney. Pour l’étape finale du projet, Halliburton est sur les rangs pour la construction de l’usine de traitement du gaz, et Hunt Oil, basée au Texas, construira l’usine de liquéfaction du gaz naturel pour l’exportation vers les États-Unis. Ainsi, la moitié du gaz de Camisea sera embarqué pour approvisionner le marché énergétique de la côte Ouest des États-Unis. Cet afflux de gaz bon marché pourrait saper les initiatives californiennes dans le domaine de l’énergie renouvelable. Voilà, cher lecteur, un travail pratique sur l'ethnocide biotechnologique. Le Droit des indigènes et des populations locales n'est toujours pas reconnu malgré la Déclaration de Rio de 1993 et les diverses Conférences sur la Diversité biologique. Je vous recommande pour votre information la BiC, le Centre pour les Informations destinées aux Banques de Développement et à la Banque Mondiale grenier Burkina Faso

L'ethnocide des communautés de Punan à Bornéo fait partie de l'expression de notre confort du Nord. J'avais écrit dès 1990 dans mon roman ceci: "L'hygiène et la grammaire sont les premiers acquis pour le bon fonctionnement social. Froid ne se conjugue pas! Se frisquer de toi. Se disséquer de toi.

Le nouveau forum est une production imaginative continue, proche de l'homme et inhérente à l'homme. Cette production ne pourra jamais être réalisée par le cloisonnement des commissions parlementaires qui maintiennent l'ordre des articles, des alinéas, des paragraphes et du jour. CICERON l'avait bien compris en pensant au décorum, "le convenable, les usages, le code de politesse, incarnent le savoir qu'il convient d'avoir. Ce savoir est déterminant pour le choix de l'habitation ou de la fonction". Télésphore pense à la "grande maison commune" de Michaïl. GOEBBELS mettait la main devant la bouche, quand il baillait. Le français pointait du doigt.

J'ai froid. Tu es trop chaud pour moi. A quoi cela sert-il de s'emporter pour un dogme si la solidarité entre frères est réduite à une simple religion inactive et autosuffisante, à une religion qui ne soit pas mue par l'élan réparateur constitutif de société?

Télésphore n'est pas un parangon de la dignité. Télésphore veut savoir. Il a été au milieu des restes déforestés de la jungle de BORNEO. Il y a rencontré la tribu des PUNAN. Ce petit peuple de mille têtes est debout, déterminé, droit et pense. Quand Télésphore leur a parlé du prostibule, qu'était son pays, et dit qu'il y avait des meurtres et des viols, le chef PUNAN ne voulait pas le croire. Le PUNAN ne connaît même pas l'égoïsme, il partage tout. Les PUNAN, savent utiliser les mots modernes. Ils savent nous dire, devant les caméras et à la face du monde, conscients d'être face au tournant de leur destin: "Nous ne voulons pas de super-marchés". Ils sont nus. "Le monde vous appartient, laissez-nous la forêt". Les PUNAN ont l'ouverture d'esprit pour comprendre des mots, qui n'existent pas dans leur monde, pour les réutiliser, et pour savoir que la simplicité de la forêt est leur vie. Les PUNAN n'ont rien et sont pauvres. La genèse existe pour les PUNAN. Les PUNAN s'étonnent textuellement que "le gouvernement leur reproche de ne pas avoir de système éducatif et hospitalier". De quelques barricades faites des trois bambous les PUNAN barrent la route aux bulldozers depuis des années, jour et nuit et chantent en restant debout et en regardant. Il y a quelque chose de beau dans le chiffre trois. Croyez-moi!, vous dit Télésphore, je n'ai rien inventé, cette tribu existe, et porte le nom de PUNAN, en toutes lettres dans le texte. Seule une encyclopédie très universelle évoque les PUNAN. Même le QUILLET se tait à leur sujet! Le contemporain GRAND LAROUSSE UNIVERSEL aussi. La seule honte du monde n'a pas de nom.

Dictatures et démocraties ont fait assez de dégâts écologiques et militaires. Elles ont accéléré toutes les inégalités internes et nord-sud. Qui a encore le toupet de vivre ainsi ici. Où sont les droits de l'homme universel?
"

.../... "La grammaire est une charte qui tue... la notion du droit de l'homme à disposer de lui-même est érigée par le monde en leçon d'éternité, chez les timorés ou chez les PUNAN. En son nom, la vente exacerbée d'armes améliore le quotidien des garants de cette liberté de la haute demi-sphère riche, propice, sultane, prospère et prolixe. L'homme a besoin de pain et de guerre des étoiles, SAINT-EXUPERY. Share holder value! Stake holder value! Télésphore va déposer son président mais garder sa dignité. Un alsacien reste vertical et cartésien. DÜRKHEIM était un des premiers membres de la Ligue des Droits de l'Homme, il y a cent ans. De l'homme français" (Fin de l'extrait)

grenier burkinabé Les 5000 participants de la dernière Conférence en date sur la Diversité biologique qui siège à Bonn ne changeront rien à l'asphyxie de la nature et de ses variétés et à la mort de populations indigènes. L'objectif que s'est fixé elle-même la Conférence est bien timoré à la vue des dégâts commis et à venir: il ne s'agit que de freiner à partir de 2010 la réduction rapide de la Diversité biologique. Ce but lui-même ne pourra jamais être atteint sans la réalisation d'efforts considérables.

En premier lieu la demande est adressée aux États qui ont encore sur leur territoire des forêts vierges à protéger. Ces États ne témoignent pas d'un grand empressement et leurs zones naturelles protégées ne sont pratiquement toujours que des "Paper Parks" qui ne figurent que sur une carte d'état-major mais qui n'existent pas dans la réalité. De l'argent est nécessaire pour ceci et les Pays en Développement exigent que cet argent provienne des pays industrialisés riches. Ceux-ci répliquent en disant que cette demande est déplacée puisque eux-mêmes aussi ont sacrifié leurs propres forêts vierges pour permettre l'industrialisation et le développement.

De telles controverses révèlent que se cachent des intérêts économiques majeurs derrière le soucis commun de la préservation de la Diversité biologique. Ceci ne doit pas masquer la question d'une justice globale pour les peuples. Qui et à quelle hauteur doit contribuer à cette préservation? La Conférence sur la Diversité biologique de 1993 prévoyait que les États eux-mêmes devaient en être garant, responsable et acteur. La Conférence admettait tout autant que de nouveaux moyens financiers devaient être nécessaires pour les Pays en développements. La question n'est donc pas tranchée de savoir si les États ayant un territoire à préserver doivent financer la préservation ou si la protection et le maintien est un devoir commun et international pour lequel un système de solidarités doit être créé et dans lequel chaque État contribue selon ses moyens. Ceci n'est toujours pas à l'ordre du jour de la Conférence sur la Diversité biologique de Bonn de mai 2008, 14 ans après la Déclaration de Rio.

Cette question de l'origine et de la répartition des coûts financiers est particulièrement mise en évidence en ce moment par l'Équateur. Ce pays andin est disposé à laisser ses ressources pétrolières dans ses sous-sols et de préserver ses forêts si la communauté internationale paye 350 millions de $ par an pendant 30 années (je vous invite aussi à lire les Actualités environnementales de World Watch Institute). L'argument de l'Équateur est sans appel et provient de la Déclaration de Rio: "il en va du bien commun de l'humanité et de la protection du climat. La communauté internationale est invitée à supporter le poids du renoncement de l'Équateur à exploiter ses richesses pétrolières."

La biopiraterie révèle aussi que les questions de protection de l'environnement font partie d'un traitement global, équitable et juste envers les peuples. De grands groupes industriels provenant presque tous des pays industrialisés utilisent à leurs seuls profits comme un réservoir inépuisable la diversité biologique des Pays en développement et le savoir traditionnel des populations locales et indigènes, afin de développer de nouveaux médicaments, de nouveaux produits cosmétiques ou de consommation. Même si la Déclaration de Rio et la Conférence sur la Diversité biologique prévoient une participation aux bénéfices et l'obtention de l'autorisation à exploiter les ressources, les Pays industrialisés poursuivent et intensifient leur dépeçage systématisé en s'appuyant sur le droit de la propriété intellectuelle qui confère à l'inventeur et au titulaire du brevet le droit exclusif de tirer profit de l'utilisation des substances actives et des gènes extraits de la Diversité biologique et à l'aide des enseignements traditionnels des paysans, des éleveurs locaux et des chamans. Les pays industrialisés se refusent de reconnaître la Souveraineté des Pays en développements sur leur Diversité biologique (Déclaration sur la Souveraineté alimentaire de Nyéléni, Mali). La Conférence de Bonn réunira un club de bavards aux bonnes intentions mais à la panse jamais assez rassasiée. Rien de plus.

Le même destin menace les droits des peuples indigènes. Il y a moins d'un an, les organisations non gouvernementales chantaient encore les louanges de l'Allemagne et de l'Union Européenne (à l'opposé des "Bad Guys" comme les USA, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande) pour avoir ratifié auprès des Nations-Unies la Déclaration pour le Droit des peuples autochtones et d'avoir reconnu leur droit souverain sur leurs savoirs traditionnels et la Diversité biologique qui existent sur leurs territoires.

grenier burkinabé Pourtant il est reproché à tous les gouvernements des pays industrialisés de tous les continents d'avoir une langue de bois. En effet, s'ils ont tous dénoncé au G8 de Heiligendamm Rostock la biopiraterie, ils couvrent par leur inertie leurs grands groupes industriels acteurs de cette biopiraterie. Pire, si ces pays industrialisés reconnaissent, même du bout des lèvres, les intérêts des Pays en développement dans le cadre de la biopiraterie, ils se montrent extrêmement exigeants et impatients en exigeant des Pays en développement des mesures drastiques et d'envergure pour le protection des forêts, des mers, des régions montagneuses, même si eux-mêmes ne les appliquent pas quand il en va de leurs propres intérêts économiques.

L'Union Européenne n'est elle-même qu'un très pâle exemple pour les zones protégées même si elle s'était dotée en 1992 de la Directive Habitat-Faune-Flore. Même si ces zones protégées existent en Europe, Natura 2000 montre que les zones protégées en Europe souffrent des mêmes carences et déficits qui sont pourtant dénoncées par Bruxelles et Strasbourg partout ailleurs dans le monde. En réalité la protection réelle est insuffisante, la plupart du temps n'existe pas de plan d'action, la participation des citoyens est inexistante. Selon Natura 2000 seulement 20% des moyens financiers nécessaires sont alloués à la protection. Cette négligence des pays industrialisés sur leurs propres territoires ne stimule pas les Pays en développement dans leur propre combat en faveur de la protection de la Diversité biologique.

Les Pays industrialisés, dont l'Union Européenne, sont surtout entachés d'un énorme manque de crédibilité, je ne vois donc pas ce que la Conférence internationale de l'ONU sur la Diversité biologique pourrait apporter.

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Lire aussi: Conférence alternative Diversité biologique - Non à l'ethnocide biotechnologique. Vous y trouverez des informations sur le Brevet sur le vivant et sur l'Homme, comme mammifère, et sur les parties du corps humain... De plus des informations sur les Accords sur les ADPIC, sur le système américain des brevets d'inventions ou sur les Directives européennes et sur le Règlement d'exécution de la Convention relative au brevet européen pour l'Union européenne.


et encore Ethnocides biotechnologiques, déni des droits des peuples indigènes - L'Europe en tête des Bad Guys
et encore: Echec de la Conférence sur le Diversité Biologique - Biopiraterie, OGM, Mutagènes, pas de cadre juridique
et encore: Faim, OMC, Directives européennes ne sont pas une fatalité - Zone d'autodétermination Hors OGM

Je vous prie aussi de lire toute ma rubrique Accords bilatéraux - OMC, une pensée de gauche ne peut occulter cette analyse mondiale. Merci de me lire.

14. mai 2008

Directive Européenne "Durée du Temps de Travail": 78 heures maximum, mieux que Sarkozy

Aujourd'hui l'INSEE publie en France les résultats d'un sondage au sujet du remboursement des journées RTT par l'équivalent en salaire. 80% des français sont contre. Le nouveau Président Français, NS, veut faire éclater la durée légale du temps de travail ce qui est complètement insensé puisque la France est une championne mondiale en productivité horaire. Ce chiffre est le reflet de deux réalités: 1) avec l'introduction des 35 heures le management français a considérablement adapté ses process, ce qui nous avait valu pendant des années l'admiration de l'Allemagne dont le Frankfurter Allgemeine Zeitung (journal centre-droit) se faisait amplement l'écho; 2) le travail existant est réparti sur la population qui est effectivement au travail et non au chômage ou au temps partiel imposé, ou au flex-time représentant une employabilité variable et toujours inférieure aux nécessités pour subvenir aux besoins comme pour les travailleurs pauvres pour imiter à perfection le "modèle anglais" issus de la "gauche moderne" du blairisme, tellement prisée par la droite française, dont Marie-Ségolène Royal et Emmanuel Vals et Delanoë, et abandonnée actuellement par les électeurs du parti travailliste (New Labour) totalement en déroute depuis ces dernières élections.

Le Président français, NS, est toujours à l'affut de méthodes permettant de faire travailler plus, pour permettre de gagner plus, au patron. Pour une fois il n'aura pas besoin de s'agiter, la Commission européenne a fait mieux que lui. Il est bien bête pour notre Président d'avoir voulu lancer une grave polémique impopulaire sans faire confiance à l'Europe, toujours plus innovante, dans ce domaine.

La Directive européenne Durée du temps de travail prévoit: en outre le dépassement de la limite des 48 heures pourra désormais être calculé sur une période de référence de 4 mois à un 1 an... Le cas possible le plus extrême pourra donc être: 6 mois de travail à 78 heures par semaine, suivis de 6 mois à 18 heures par semaine.... La modification permet donc, tout en feignant maintenir une « limite » plus que théorique de l'étendre bien au-delà dans la pratique.

Travailler plus, pour gagner plus? Pour maintenir un taux de croissance élevé malgré l'explosion de la précarité dans tous les pays occidentaux, l'endettement massif des ménages a été favorisé à outrance, afin de maintenir artificiellement un pouvoir d'achat correct malgré la baisse régulière des revenus d'une population toujours plus importante. L'origine de cette précarité s'explique elle-même par l'explosion de la productivité depuis 45 ans (informatique, robotique, formation) et d'une mauvaise gestion des paramètres sociaux.

Nous nous retrouvons donc depuis 30 ans dans une situation anarchique, d'une part de surexploitation de la population active de l'industrie et des services (cadres à 60 heures/semaine, pression et stress insupportables, pression pour accepter de travailler le dimanche...), et d'autre part de chômage et de précarité de masse (flex-time à l'anglaise, temps partiel et petits boulôts contraints...), induisant un renoncement aux revendications salariales par peur d'être victime de mobbing sur le lieu du travail.

Tant que ce paramètre - explosion des gains de productivité - sera ignoré par la classe dirigeante, notre modèle de société continuera de sombrer. Pour la répartition des richesses et le PIB, c'est par ici, les derniers chiffres.

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Victoire des Travailleurs, le 15 décembre 2008, après l'Euromanifestation, la Directive Durée du temps du travail est rejetée par le Parlement Européen.!

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Apportez les voix de Gauche aux Élections européennes 2009: réfléchissez, débattez, argumentez, votez!

2. juin 2007

Traité Simplifié - Refus massif par les syndicats allemands du TCE libéral



Je vous traduis de l'allemand le manifeste du plus grand syndicat allemand IG Metall (Industriegewerkschaft Metall) pour faire taire tous les manipulateurs de la scène politique et médiatique française au sujet du Traité Simplifié du TCE.
IG Metall a adressé ce Manifeste à la Présidence tournante de l'Union Européenne.

En remplacement du TCE invalidé par les NON français et hollandais et par la décision de la Cour fédérale constitutionnelle allemande, le Chef Président français Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel vont faire passer en force le Traité Simplifié pour lequel des négociations secrètes ont lieu en ce moment.

Le plus grand plaisir des hommes en OUI est de faire passer les nonnistes pour des crétins et le NON pour une spécificité française de l'Astérix (citation d'une intervention d'un eurodéputé au PE Strasbourg) qui ne sait pas se mettre au son des Cimbres, des Huns, des Allamans, des Celtes... Quand ce plaisir ravivé par le putsch constitutionnel du Parlement Européen de Strasbourg du 14 juin 2006 ne suffit plus, quand la suspension du TCE par la Cour fédérale constitutionnelle allemande ne suffit plus, les hommes en OUI se doivent de mettre en oeuvre le déni de démocratie qui guide les institutions politiques européennes depuis leur naissance. Les hommes en OUI font passer les nonnistes pour les "coalisés rouges bruns", pour les gauchistes révolutionnaires qui veulent mettre à pied toute construction politique réellement existante.

Le journal de centre-droit, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, avait lors de la campagne référendaire du TCE très souvent formulé le regret que "le peuple allemand n'avait pas eu le droit de s'exprimer et qu'il était contourné."

Tous les syndicats allemands n'ont aucun problème à reconnaitre le système économique des marchés. Ils s'y inscrivent très bien dans le modèle du "système paritaire rhénan" et dans la "Soziale Marktwirtschaft" (l'économie sociale de marché). L'Economie Sociale de Marché, une simple traduction à partir de la langue allemande mais ne disposant pas de signifié en français, avait été reprise dans le TCE, mais ne voulait plus rien dire parce que le Social en est absent, absent même de la Charte Sociale. Il est donc temps d'extraire le peuple français de ce malaise construit de toute pièce par les hommes en OUI qui "font de la pédagogie" depuis le 29 mai 2005 pour "expliquer l'Europe". Il faut se méfier du parti central français, l'UMP, mais tout autant de l'UDF non affilié, le MoDem, qui a voté sans hésitation et sans une seule voix d'abstention pour la non reconnaissance du NON français et hollandais le 14 juin 2006 au Parlement Européen de Strasbourg et pour "faire passer le TCE d'une manière ou d'une autre".

Je vous propose en version intégrale sans commentaire personnel la déclaration du syndicat IG Metall datée de Novembre 2006. IG Metall, comme beaucoup de nonniste a créé le mouvement "IG Metall goes Europe" qui est pro-européen comme tellement de nonnistes ou comme moi-même. J'espère qu'à l'avenir plus personne ne me traitera de gauchiste. En ce sens "gauchiste" est une insulte et est équivalent à ce TSS (tout sauf sarko) ou à toute stigmatisation.
Le PS français ferait bien de s'inspirer de ce manifeste
s'il veut "parler du réel".

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DEBUT de la traduction:

Manifest für ein solidarisches Europa / Manifeste pour une Europe solidaire

L'Union Européenne se trouve dans une crise profonde. L'insécurité face à l'avenir de l'Europe est encore grande 18 mois après le rejet du TCE par la France et la Hollande. Pour nous les syndicalistes, en tant que personnes qui mènent une réflexion et une action politique, il est nécessaire de nous unir afin de formuler et d'imposer notre vision et nos exigences pour une Europe commune et solidaire.

L'Europe des grands groupes industriels: L'agenda européen visait jusqu'à présent la création d'un marché intérieur, d'une zone monétaire commune et d'un espace économique de croissance prospère. Il n'a pas été laissé de place à la légitimation démocratique. Un modèle social commun est quasiment totalement absent. L'Europe n'est depuis sa création qu'une Europe des grands groupes industriels. La crise identitaire de l'Union Européenne est l'expression des problèmes économiques et sociaux. L'Europe ne dispose pas actuellement d'un idéal commun pour son développement futur; l'Europe ne sait pas dans quelle direction elle se dirige. L'idée dominante du marché européen constitue toujours noyau de tout le projet. Et c'est justement ce qui doit donner lieu à la nécessaire cohésion et à l'orientation pour le futur.

Le processus actuel de l'intégration européenne ne constitue pas un processus que les syndicalistes peuvent accepter.


La Constitution Européenne - un essai manqué: L'essai de mettre sur pied une Constitution européenne commune avait semblé être une possibilité d'élever la teneur démocratique de l'Europe. La caractère qu'avait pris le Traité Constitutionnel Européen ne peut obtenir notre approbation. D'un côté l'Union Européenne s'était obligée de suivre scrupuleusement le dogme néolibéral dans la politique économique, monétaire et fiscale. D'un autre côté il a été tenté d'ancrer dans la Constitution une politique de sécurité et de défense agressive comme élément constitutif d'une politique extérieure autonome de l'Union Européenne.

Ceci ne peut faire partie d'une politique solidaire comme nous nous la représentons.


Perspectives d'avenir: L'Europe se trouve face à une décision stratégique ayant une signification historique. Soit elle poursuit la démarche engagée. Ceci se réduirait à la poursuite du modèle d'intégration orienté sur les marchés et sur les élites. Ceci ne pourrait qu'engendrer une perte supplémentaire de confiance des personnes, une augmentation des conflits sociaux, des tensions politiques et un élargissement des inégalités sociales. La seconde voie présuppose la disposition et la force à établir une réorientation de la politique européenne. Ceci commence par la remédiation aux deux manquements essentiels du modèle actuel: la dimension sociale sous-développée et la lacune démocratique. Les lignes directrices d'une telle stratégie seront plus de sécurité au niveau social et plus de participation et de démocratie. Le processus constitutionnel a notoirement conduit à l'échec, la nécessité d'une Constitution demeure.


Revendication des syndicalistes européens: Nous les syndicalistes d'Europe avons développé ensemble une vision vers la quelle doit se développer l'Europe qui répond à l'esprit de solidarité.

Les revendication suivantes sont pour nous, les syndicalistes, d'une importance capitale:
- Nous revendiquons un modèle social européen et solidaire.
- Nous revendiquons une Europe qui repose sur les valeurs de la solidarité, de la tolérance et de la non-discrimination.
- Nous revendiquons l'implémentation des droits fondamentaux inaliénable. Ceux-ci ne doivent pas être limités aux droits civils fondamentaux. Des droits sociaux fondamentaux doivent en faire partie. A cet effet, la création de conditions minimum sociales et de politique fiscale est incontournable. Nous exigeons une base d'évaluation commune et des taux minimums communs pour la taxation des entreprises.
- Nous revendiquons un avenir sûr pour les jeunes. Ceci met au centre la lutte contre le chômage de masse, et en particulier du chômage des jeunes. Ceci doit être un objectif principal de l'action européenne commune. Une taxe à la délocalisation imposée à l'échelle européenne pourrait être significative pour les délocalisation ayant pour objet le dumping. Les politiques monétaires, économiques, structurelles et fiscales doivent se redéployer vers le soutien à l'emploi.
- Nous revendiquons une intensification de la coordination à l'échelle européenne de la politique des conventions collectives. Les dispositions actuelles ("Règlement de coordination") doivent être élargies et devenir contractuelles pour les branches industrielles et pour l'économie toute entière. Des initiatives d'élaboration de conventions collectives communes pour l'aménagement du temps de travail, pour les droits relatifs à la qualification, les conditions de travail doivent compléter ces dispositions. L'option des conventions collectives communes européennes doit être gardée comme la perspective à suivre.
- Nous revendiquons de faire cesser les atteintes rétrogrades contre la codécision (Mitbestimmung) et contre les droits des travailleurs en Europe. Les droits des travailleurs doivent être consolidés par des propositions relatives à leur développement. La mise en réseau des personnels d'entreprise, des groupements de défense des intérêts et des syndicats doit être élargie. L'examen du rapport d'expertise relatif à la modification de la disposition concernant les Conseils européens d'entreprise des délégués du personnel (ndtr: # comité d'administration français qui ne sont qu'une fiction patronale) doit être poursuivi et leurs droits et attributions doivent être améliorés.
- Nous revendiquons de mettre à profit le potentiel de l'Europe à créer la globalisation économique. Ceci concerne principalement l'importance des marchés financiers et des acteurs qui y sont influents face aux entreprises et aux États. L'Europe doit être le pionnier dans la régulation du capitalisme financier international des des fonds de pension.
- Nous revendiquons fondamentalement un modèle d'économie durable qui soit justifiable au niveau social et écologique.


Avancée de l'idée européenne et politique syndicale:

Nous mêmes, les syndicats, nous faisons face aux exigences de dépasser notre retard au niveau européen. Pour poursuivre les échanges actuels existants entre les syndicats et les confédérations syndicales européennes nous devons transformer ce thème dévolu aux experts en un thème quotidien de la pratique politique. Le syndicat va poursuivre sa démarche européenne et consolider la Fédération Européenne des Métallurgistes (FEM).

Revendications adressées à la Présidence allemande de l'Union Européenne!

Les syndicalistes allemands exigent du Gouvernement fédéral (allemand) de créer les bases du modèle social européen pendant la Préseidence de l'Union Européenne au courant de la première moitié de l'année 2007. Il faudra engager de manière décisive le retrait de la Constitution européenne les références néolibérales de politique économique et financière et il faudra forcer la concrétisation de la dimension sociale comme de l'implémentation du modèle social solidaire européen.

Nous évaluerons chaque initiative concernant l'élaboration d'une Constitution européenne à l'aulne de nos revendications.

FIN de la Traduction
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Angela Merkel, CDU (Union Droite Chrétienne) est atlantiste comme le Chef Président Sarkozy et n'a rien fait de sa présidence de l'Union Européenne.

Une agression colossale aura lieu avec le couple angelo-sarkozyien et leur Traité Simplifié contre les Travailleurs européens et contre les plus fragiles, les travailleurs français, qui ne sont représentés que par des syndicats politiques n'agissant qu'à postériori et de manière folklorique, cacophonique et impuissante.

La non-organisation du syndicalisme français est maintenue telle quelle car elle coute moins cher pour le patronat français qu'un syndicalisme à l'allemande qui fonctionne a priori. Le patronat français, avec les décideurs politiques à leur tête, préfère payer les coûts de grèves sporadiques qui sont indirectement un investissement pour leurs propres gains (golden hello + golden parachute) et pour leurs actionnaires. Dans la répartition des richesses entre le salaire du capital et le salaire du travail un écart de 10 points s'est fait en faveur du capital ces dix dernières années en France. La défiscalisation des Heures Supplémentaires va entrainer une mise au chômage pour faire faire les HS par les ouvriers restants en poste et va engendrer une aggravation du trou de la Sécu, car la part patronale et des cotisations sociales et de retraite va baisser du même ordre. Les ouvriers et employés qui ont voté pour ce programme sont des cons.

Si ceci ne vous suffit pas, lisez d'autres revendications: la Confédération Européenne des Syndicats (CES) réitère son soutien en faveur de la Constitution, déjà ratifiée par 18 États membres de l’UE, et souligne que toute nouvelle proposition doit aussi constituer une avancée pour l’Europe sociale. La CES s’oppose principalement à la suppression ou à l’affaiblissement de la seconde partie de la Constitution (§2), à savoir la Charte des droits fondamentaux, qui représente, selon elle, "l’avancée la plus importante pour les citoyens européens et qui doit dès que possible devenir juridiquement contraignante". John Monks, Secrétaire général de la CES a déclaré que "les dispositions et objectifs sociaux de la Charte sociale qui renforcent le rôle des partenaires sociaux sont indispensables si l’on veut que les travailleurs de toute l’Europe soutiennent une proposition de compromis. Nous avons besoin d’une dimension sociale plus forte répondant aux préoccupations concernant des questions telles que la sécurité de l’emploi, la restructuration et la mondialisation."

24. avril 2007

Ségolène, Sarkozy: la danse du centre pour la majorité multipolaire arc-en-ciel. Et le Parlement?

pix:Théâtre du Nô

J'ai bavardé ce matin une demi-heure avec mon voisin, métallo dans une usine, qui "est à la CGT, mais qui vote Sarkozy, parce celui-là, il va leur montrer aux "bougnouls et aux harva". A la fin de la demi-heure je lui ai demandé de faire, là, sur le champ, un résumé de ce qu'il venait de dire. Il s'est senti con.
Pour que vous ne vous sentiez pas con, je vous invite à nourrir votre pensée d'arguments économiques et européens.
Quelle société voulons nous? Celle du big-brother, ou une République solidaire dans une Europe solidaire?
Ce n'est pas parce que la campagne est mauvaise que nous avons à être mauvais. Le NON à la Constitution Européenne avait montré que les français savent débattre, penser, échanger.

La vraie générosité, la vraie écoute, le vrai respect sont entre les citoyens. C'est ainsi que les citoyens doivent prendre le pouvoir. Et faites le déjà maintenant pour vous préparer aux Législatives. Car le Gouvernement est issu de la majorité du Parlement. Le Président trace les grandes lignes d'une politique générale, mais le Parlement a l'initiative des Lois.

Constitution française, Article 39:
L'initiative des lois appartient concurremment au Premier ministre et aux membres du Parlement. Le Président nomme et révoque le Chef du Gouvernement, qui forme son cabinet, mais c'est le Parlement qui vote l'investiture du Chef du Gouvernement ou qui vote la motion de censure (renversement du Gouvernement). Les Présidentielles sont bonnes pour le bavardage, les Législatives sont bonnes pour le Gouvernement et l'initiative des Lois.

Alors cliquez ci-dessous:

Observatoire de l'AGCS
Observatoire des inégalités,
Observatoire du chômage,
Observatoire du NAIRU, (le paradigme du chômage obligatoire...)
Observatoire des conjonctures économiques,
Observatoire des Politiques Économiques en Europe.

(Tous ces thèmes sont très amplement traités et argumentés sur mon site. Il suffit d'utiliser la barre "Chercher 1 mot"
et d'écrire le mot qui vous passe par la tête. Exemple: répartition de richesses).
Votre outil "surbrillance" de votre navigateur vous suivra.

Sarkozy a montré qu'il concentre l'État entre les mains d'un seul parti central, l'UMP.
Sarkozy se sent subitement multipolaire.

Nous ne nous trompons pas d'adversaire.

Sarkozy est dans l'autre camp, c'est l'ordre naturel des choses. Depuis la création de sa garde impériale et de son staff de kapo, qu'est l'UMP, on savait tous ce qu'il voulait et comment il le voulait. C'est justement pourquoi il fait un si bon score. Il est fiable dans son hystérie. On sait qu'elle est là, il suffit de cliquer.

Nos ennemis, sont donc nos amis, ceux de notre camp. Car une mission leur avait été confiée le 21 avril 2002, le 29 mai 2005. Nous étions légitimement en droit d'attendre alors un PS qui prenne en main une ligne hard à gauche, à l'image de la ligne hard à droite de Sarkozy.

Le PS et ses boys fonctionnarisés ont cru bon de faire seriner le "il n'y a plus de clivage", entamé il y a 25 ans avec le CERES qui disait "qu'il n'y aplus de lutte des classes, il n'y a qu'un seul front de classe".

La lâcheté du PS est impardonnable, l'abandon des petites-gens est un acte ennemi. Point.

L'ennemi est dans notre camp, l'adversaire est dans l'autre camp.

Notre ennemi, nos amis du PS, doit être défié. Notre adversaire, Monsieur Sarkozy, doit être dévié.

15. avril 2007

Marie-Ségolène Royal, la madone des Pontages





Je suis resté dans mes convictions et clairvoyances depuis le 30 mai 2006, où je suis devenu intervenaute blogosphorant et je suis conforme à mes intuitions que j'ai eues dès la chute du Mur de Berlin et que j'ai mises dans mon roman cinglé et impubliable à partir du 14 juillet 1990.


Dans icelui, il m'avait encore fallu faire du nostradamus de Cimbriole en usant à la fois d'un esprit ciselé et francilien et d'un responsabilisme germanique. Évidemment j'en ai emmerdés avec ma clairvoyance si simplement répétée, à ce point que l'on m'ait souvent demandé si je ne prenais pas tout le monde "pour des imbéciles". Mais non, avec ces primaires de merde et cette campagne de tords-boyaux mon ton "ésotérique" est devenu une grosse larme d'huile de marée noire qui a aggloméré toute la nullité de ce petit-déjeuner-sur-l'herbe de l'année 2007.

Le peuple de France, tout au moins, réalise sa douce descente vers le fascisme qui devient un plaisir intérieur dans lequel maître et esclave sont les frères bessons qui nous habitent. La clivage gauche-droite, avec le "we won the cold war" doit se fondre dans ce différentiel moderne entre une populiste à la Evita Peron (qui a fait une main-basse sur le parti avec son parti parallèle de ses 500 Comités de soutien Désir d'Avenir) ou un lepen avec 40 kilos en moins. J'ai même entendu sur France Cult une émission très intelligente qui fait dire que les antifascistes sont eux-mêmes fascistes par leur attitude religieuse contre l'extrême droite au lieu d'avoir débattu sainement sur le drapeau et la nation. La nation et le drapeau ont fait changer 5 fois de nationalité mon grand-père et 3 fois mon père. Je préfère le 9 mai, fête de l'Europe (je suis aussi un nonniste) et tu sais ce que je pense d'un 8 mai, de Sétif & Guelma.

Tout le monde, bush-1, bush-2, blair, schröder, bayrou, villier, le ps-canal-historique nous font croire qu'il n'y a plus de clivage g-d alors qu'il y a plus de chômeurs et de pauvres et de reclus et de déclassés qu'à la crise de 1929. Et pendant que la France se bavarde à savoir si c'est encore moderne d'être à gauche la bourse se remplit les poches, les golden hello et les golden parachutes sont les modèle honteux, mais à suivre. Car mes élèves et mes étudiants me disent "pour moi c'est les tunes et les meufs", "c'est le cul et le fric" et "je ne veux pas payer pour les autres". Sale mentalité qui se prépare.

Ce fer à repasser les plissés polissons comme toi, comme quelques uns par ici, aura eu raison de nous pour ce Trou 2007.

Je ne me suis pas fâché avec Alain Piegay de fmds21, voire avec Christine de RM21, RS21, bien que je pense qu'elle fait fausse route à vouloir donner sa voix à la madone des pontages. Autrement j'ai lutté contre ces Nouzarèdes et Marsupilami (des militants PS qui bavent sur le Net, leur libido assouvie dans les sondages), avec ces servants-de-messe, ces chefs-de-claques, ces historicitiens de Alternative Gauche 2007, ces Mélanchon et Lienemann qui ont soutenu Marie-Ange Déloyale par leur mutisme, ces refondateurs plus proches de nous qui par clanisme m'ont traité d'adolf ou ont laissé se créer leur nouveau communautarisme bavard pour préparer le terrain à un pentito Laurent Fabius, et à tous les autres pentitii qui vont le suivre dès 20h30 au soir du 1er Trou, dans 7 jours et 22 heures. Car là aussi, je ne me fais pas d'illusion. Si les nouvelles gauches du Ps sont reprises en main par eux, nous ne faisons que d'adouber ces anciennes racailles du Ps dans leur postes de fonctionnaires du parti. Et comme on ne risquera alors plus rien jusqu'en 2012, sauf aux municipales reportées putchistement d'un an, le Ps continuera à s'éloigner des petites-gens. Voilà, ni le tou-sauf, ni le tous-au-derrière, ni le front-républicain par anticipation, par suppositoire et à la death-line. La France s'assumera. La crise du CPE, voire les très beaux débats initiés par Etienne Chouard contre le TCE libéral et inspiré tout droit de Hayek me laissent montrer que tôt ou tard les français vont devenir adultes et sauront réclamer et imposer un système paritaire de négociation volontaire, sans bavures et digne pour assurer leur autonomie économique dans notre très riche pays. Je pense pour ma part au modèle rhénan où les syndicats décochent coup-sur-coup en ce moment des premières augmentations de 3,5 à 5% avec effets rétroactifs pour l'année, voire pour l'automne 2006. Pour moi le monde est simple, celui qui ne pense pas à la répartition des richesses est un salop. J'en suis aussi un car autrement je serai au Darfour entrain de distribuer des sandwiches. En plus je manque notoirement d'intelligence, car je ne suis pas un stratège et je ne sais dire que ce que je pense, je ne suis pas un politique. L'urgence sociale ne supporte pas la théorie.

Site Désir d'Argent des Bookmakers. Et la campagne et la blogosphère vues par la Tribune de Genève

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Vous aussi répondez aux memes questions que les candidats pour savoir pour qui voter. Cliquez ici. Ce test politique monvoteamoi.fr est une production de Sciences-Po Lyon. J'ai fait le test: résultats par ordre décroissant: Bu, Be, Vo et loin derrière Ba. Les voix de Marie-Ange Royal ne me turlupinent pas.

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Je vous conseille "France 2012, l'e-book de Campagne à l'usage des citoyens", l'étude très détaillée et scientifique avec commentaires et graphiques sous la Direction de Jean-Paul Fitoussi, mon ancien professeur de macro-économie de Sciences Eco, Strasbourg. Productivité, attractivité, emploi en France, en Europe...

13. avril 2007

Ségolène Sarkozy: "confiance et respect" pour NAIRU, la pauvreté mutualisée


Mutzig, clocher du Jacobin

"tout sauf" > "tout pour" > "tous derrière" > "plus de" > "plus de Karcher" > "plus de racaille".

Les électeurs ne se soumettront plus, ni par anticipation ni à la death-line du Tour n°2 et du Tour n°4, à ce casse organisé par les médiocres.

(publié la première fois le 30 XI 06) Plus jamais de chantage, il faudra bien un moment pour que la France et les salopards s'assument de ne pas offrir une gauche parlementaire et de gouvernement.

Tous ceux qui n'ont aucune idée au sujet des rapports de proportion de la répartition des richesses dans le BIP français ne méritent pas de parler au nom de la gauche: Travailleurs pauvres: l'emploi tue le salaire."

Ceci est l'urgence de toutes les urgences et les srtatégies de rattachisme au jupons ou à l'homme aux 3 casquettes ne sont que l'expression d'ambitions perso.

Il n'y a pas besoin de simuler l'écoute des Français. Tout a déjà été dit par les français. Ecouter avec un cochlée cassée est une chose, parler avec une cochlée cassée est d'une vassalité affligeante qui diffère encore une fois la prononciation du problème.

Les protagonistes de Marie-Ségolène Royal, vont au banquet à leur soupe, tiennent une dernière fois en main le reliquaire Arnaud Montebourg qui rejoint l'ossuaire des promesses de gauche, consomment la traitrise commise face aux "petites gens" auxquelles le PS ment depuis le 21 avril 2002.

Mon site se donne comme objectif de souligner point par point autour de cette thématique "Entrepreunariat financier et Globalisation" , la pauvreté des français qui est inscrite dans la Constitution française et qui est le Credo de tous politiciens et candidats.

Je vous invite aussi à lire mes études sur la BCE, le TCE, l'Europe de Hayek.

Puis la France, arriérée sociale, améliorera vos exigences faces à vos urnes.
La Constitution française, la Constituion européenne ont été écrites par Milton Friedmann, Nobel US de l'économie.

Pour ma part je choisis Madame Buffet pour ces Présidentielles.

6. avril 2007

Les rapprochements centristes, nouvel espoir des faibles - Bayrou, Ségolène



Le rapprochement politique n'est curieusement que salué par les protagonistes des partis de droite.

(publié la 1ère fois début juin 2006) Pour se légitimer dans leur Eiertanz, leur danse de l'oeuf, ils prennent même comme exemple la Grande Coalition allemande actuelle, qui, elle, doit gérer une réunification lamentable qui n'a été faite que sur les chaînes commerciales et le soutien de l'immobilier. 29% de chômage à l'Est correspondent à une crise nationale bien plus grave que celle issue du krach boursier de 1929 (l'Allemagne reste championne du monde en valeur à l'export depuis 7 ans, mais la demande intérieure ne suffit pas à soutenir le BIP).

Les rapprocheurs n'offrent que des plans adhoc et n'ont pas de projet de société global en réponse aux évolutions du temps, des choses et de la planète.

Un rapprochement politique - forcément vers un centre - ne donne qu'un nouveau clivage insipide et sans saveur. Il ne donne que l'illusion d'être un acteur actif qui "offre de bonnes réponses aux questions bien posées". En fait ceci mène à du nivellement. Seul le ton se donne comme étant engagé, mais la discipline de vote avec la droite témoigne du reste.

Un rapprochement politique vers le centre épouse en douceur la globalisation, la privatisation, la dérégulation, l'avènement de l'AGCS au lieu de choisir une réponse en rupture. Car ce ramollissement, en épousant la globalisation, lui permet son expansion libérale, alors qu'une orientation à gauche ou à droite demande un profilage courageux et clair.

Quant à Ségolène, qui n'est pas de gauche comme presque tout le PS, elle flatte les gens de droite, qui croient en une confirmation de leur propre position sécuritaire. Ségolène n'est qu'un miroir aux alouettes, ou plutôt aux linottes. J'ai entendu dire que Montebourg voudrait se rapprocher de Ségolène. Pour les bas de laine ou pour tricoter des chaussettes?

Le système paritaire rhénan, mis en place par Ludwig Erhardt (CDU, la droite chrétienne) et moteur de croissance et de répartition des richesses, n'avait fait depuis 1949 qu'organiser la "Lutte des classes" en une négociation de branche, annuelle, de 3 à 4 semaines en automne. Elle a aussi confirmé la Mitbestimmung, la codécision, qui est en fait une tradition allemande qui remonte à Bismarck. Ceci est un témoignage vivant d'un "Rapprochement actif" et non pas d'une fusion, qui n'est qu'un rapprochement à la française, où l'objectif est d'anéantir le partenaire pour se profiler soi-même. C'était aussi le cas lors du "Programme Commun", où Mitterand-1 accueillait le PC pour mieux le casser. C'était un rapprochement centriste.

Lire aussi: Europe, déprédation sociale par pilotage de processus et lire aussi Europe, le retour de Bolkenstein par la Directive Services ___________________________________________________

En Allemagne, en 1875, le SPD se crée par la fusion de "l’association générale allemande des travailleurs" fondée en 1863 et le "parti travailliste social démocrate" fondé en 1863. Face à cette force, Bismarck se voit contraindre de faire voter des lois sociales importantes (non par progressisme mais par obligation), notamment la première loi concernant l’assurance maladie en Europe.


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Lisez ma série détaillée de la Constitution européenne. Sa ratification aurait été une élégante manière de faire parapher, de manière déguisée, par le peuple la doctrine libérale qui est rappelée tout au long du texte de la Constitution, et pourquoi pas l'AGCS. (note du 30 XII 23006: la Directive Service votée en Décembre 2006 est la preuve que Bolkenstein est revenu et est définitivement applicable sous le libellé "liberté de prestation de services" et non plus sous "détachement de travailleurs").

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Lire aussi mon article de début juillet 2006

24. janvier 2007

Constitution européenne schizophrène - Grands principes et économie sociale de dupés

Parlement Européen, Strasbourg

La mondialisation et l'ouverture économique de la Chine sur le monde mettent à rude épreuve le modèle européen "d'économie sociale de marché" depuis une vingtaine d'années. Ce modèle de l'Etat providence avait été hérité de l'Allemagne. L'OCDE et le FMI, les entreprises, qu'elles soient des global-players ou non, les syndicats du patronat veulent donner au modèle européen les aspects du modèle anglo-saxon de l'individualisme et du désengagement de l'Etat. Quel sera le futur modèle économique et de société européen qui va s'imposer? La Constitution impose-t-elle une adoption définitive des thèses libérales? L'évolution actuelle semble sombre, tout au moins elle paraît être perçue comme telle dans les pays fondateurs de l'Europe.

L'OCDE critique en Allemagne les rigidités structurelles empêchant, selon elle, l'adaptation du pays à la nouvelle économie: 1) la différence entre la part patronale, les coûts salariaux supportés par l'employeur, et le salaire net perçu par le salarié serait trop élevée; 2) le système du "Tarif", le système paritaire rhénan des négociations salariales de branche serait d'un autre âge et ne correspondrait plus à la réalité économique actuelle qui nécessiterait comme aux USA des négociations différenciées par unités de production, voire par atelier, voire par salarié; 3) des trappes à chômage seraient créées par un système d'allocation chômage n'incitant pas à la reprise d'activités. La Constitution européenne amplifie à son compte la critique de l'OCDE avec les Articles III-203 et III-178 visant "une main-d’œuvre qualifiée et susceptible de s’adapter ainsi que des marchés du travail aptes à réagir rapidement à l’évolution de l’économie" et "l'économie de marché ouverte où la concurrence est libre".

Les syndicats allemands commencent à accepter, pour la première fois depuis 1949, "l'heure zéro" (die Stunde null) de l'introduction du D-Mark, des réductions salariales, des dérogations ponctuelles au Tarif de branche pour des "clauses de force majeures". La Tarifautonomie, l'Autonomie la négociation des conventions collectives entre les partenaires sociaux garantie par la Loi Fondamentale allemande (Grundgesetz, Constitution), vacille elle-même et devient un enjeu de société qui pourrait devenir une affaire du législateur. Par exemple le législateur allemand a imposé dans le bâtiment allemand l'introduction d'un Smic, face à l'assaut des travailleurs ukrainiens et de l'Europe centrale qui piétinaient la capacité allemande à la négociation. La Confédération allemande des syndicats de salariés (DGB) s'est elle-même prononcée après un débat interne pour l'introduction généralisée d'un Smic. La Commission Hartz a elle-même conduit le chancelier allemand Gerhard Schröder (SPD, mais plutôt de tendance Tony Blair) à baisser considérablement avec la loi "Hartz IV" le montant et la durée des allocations chômage et à assouplir le Kündigungsschutz, la protection du salarié contre le licenciement. En poursuivant l'éloignement face au modèle rhénan, Hartz IV s'articule encore autour d'autres orientations libérales comme la flexibilisation du marché du travail, l'incitation à la reprise d'activité, la mise en place d'un accompagnement de formation et de stages de réinsertion, les remises des parts patronales pour l'emploi de salariés de plus de 55 ans, la prise en charge partielle des contributions sociales et l'augmentation des allocations familiales en contrepartie de l'acceptation d'emplois peu rémunérés, l'incitation à la création d'entreprises personnelles (la Ich-AG, la société anonyme en nom personnel). Le Arbeitsamt (office du travail = agence pour l'emploi) est devenu le JobCenter avec cette enseigne anglophone, le chômeur est présenté comme responsable de sa perte d'emploi ou de son chômage de longue durée.

Qu'en est-il du coût du travail français? Laurence Parisot du MEDEF et les marchés financiers râlent, c'est leur métier. Pour se rassurer d'emblée, selon les chiffres du Bureau of Labor Statistics (BLS) américain, malgré les 35 heures, les salariés français restent parmi les plus productifs du monde: un employé français produit en moyenne 72.000 $ de valeur ajoutée par an, contre 64.000 $ pour un Anglais, 59.000 $ pour un allemand ou 56.000 pour un japonais.

Dans la Corporate governance des entreprises européennes le bon ton est à présent donné par la shareholder value au détriment de l'engagement entrepreneurial de la stakeholder value. Le modèle européen d'entreprise se dissout à coups de recommandations des rating agencies (agence de notations boursières) qui décernent des conseils d'achat pour les actions des entreprises qui dégagent trimestriellement des potentialités d'augmentation de la valeur de leurs actifs au détriment de leur pérennisation, bien que "la croissance durable" soit une mode, mais seulement une mode des Verts ou des Alter.

Il est difficile de conclure comme Fukuyama à la "fin de l’histoire que serait le modèle anglo-saxon de démocratie et de marché". Il est difficile d'établir une supériorité d'un système capitaliste face à un autre. La victoire des années 80 du modèle japonais a été suivie de 10 ans de récession et de marasmes et d'éclatement de bulles financières, immobilières, etc… Le modèle américain qui semblait être moribond, connaît actuellement, mais à gros coups de création monétaire, d'endettement abyssal, de déséquilibre de la balance commerciale, et d'une suite de mesures interventionnistes keynésiennes un nouvel essor avec des créations massives d'emplois (ne permettant très souvent pas de s'élever de la pauvreté). L'économie américaine est donc très loin de l'économie libre de marché, vers laquelle veut conduire la Constitution européenne. Rien ne garantit au niveau économique et environnemental la pérennisation d'une croissance durable américaine, d'autant plus que la Chine est le premier créancier des USA.

a) Les grands principes humanistes de l'économie dite "sociale de marché": la Constitution européenne est surtout une entreprise schizophrénique présentant des principes généraux favorables à un modèle européen mais avançant des instruments en désaccord avec les principes. Les principes généraux développés dans les Partie I & II sont conformes au modèle de l'économie sociale de marché.

Les Articles I-3-2 & 3-3: "L'Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée; L'Union oeuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social…/… Elle combat l'exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales, l'égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l'enfant. Elle promeut la cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les États membres."

Dans le Traité de la Constitution Européenne (TCE) le terme "chômage" est absent. Le texte de la Constitution oppose les expressions "économie sociale de marché" et "économie de marché où la concurrence est libre" qui sont antinomiques.
Article III-177: "…/…l'instauration d'une politique économique conduite conformément au respect du principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre …Parallèlement la conduite d'une politique monétaire et d'une politique de change uniques dont l'objectif principal est de maintenir la stabilité des prix conformément au principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre... Cette action des États membres et de l'Union implique le respect des principes directeurs suivants: prix stables, finances publiques et conditions monétaires saines et balance des paiements stable."

b) La Partie III décrit les instruments de régulation coercitifs ou restrictifs de surveillance mutuelle au détriment des souverainetés politiques et/ou nationales. Les instruments prévus par la Constitution européenne n'offrent aucune marge de manœuvre et ne permettent pas la réalisation des objectifs énoncés dans les grands principes des Parties I & II; le volontarisme politique est entravé au profit d'automatismes qui permettent de "tendre" à des répartitions "efficaces" des richesses et des allocations optimales des ressources et "à la réalisation du plein-emploi":
- il n'est pas possible de limiter la concurrence fiscale
- il n'est pas possible de limiter le dumping social
- il n'est pas possible de fixer un Smic
- la stabilisation des prix est l'objectif principal de l'Union et de la BCE
- la BCE omnipotente est totalement indépendante
- il n'est pas possible de conduire une politique budgétaire nationale
- il n'est pas possible de conduire une politique budgétaire européenne
- l'équilibre budgétaire européen est l'objectif principal de la coordination économique
- les coopérations renforcées entre des Etats membres ne doivent pas entraver la libre concurrence et la libre circulation des biens et des services
- il n'est pas possible d'accorder des aides et subventions si elles faussent la concurrence

Article I-3: …/… L'Union oeuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, … Elle combat l'exclusion sociale et les discriminations… Elle promeut la cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les États membres.

En l'absence de coordination et d'harmonisation fiscale l'Union ne peut éviter la concurrence entre les Etats membres. Pour lutter contre le chômage et stimuler la croissance, et parce que toute mesure budgétaire est proscrite par le Pacte de Stabilité repris et renforcé par la Constitution, les Etats membres sont contraints d'attirer les investisseurs étrangers en leur faisant des cadeaux fiscaux. Ce qui s'appelle "Liberté de Prestation de Service" ou "libre concurrence" est en fait une manière de stimuler les égoïsmes nationaux, … d'organiser une guerre civile industrielle européenne et non pas d'adapter les économies des Etats membres à une concurrence libre. La concurrence n'est que faussée par les mesures fiscales incitatives.

Relisons à présent les deux Articles suivants de la Constitution européenne:
Article III-117: …/…l'Union prend en compte les exigences liées à la promotion d'un niveau d'emploi élevé, à la garantie d'une protection sociale adéquate, à la lutte contre l'exclusion sociale…
Article III-209: L'Union et les États membres, conscients des droits sociaux fondamentaux, tels que ceux énoncés dans la charte sociale européenne signée à Turin le 18 octobre 1961 et dans la charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs de 1989, ont pour objectifs la promotion de l'emploi, l'amélioration des conditions de vie et de travail, permettant leur égalisation dans le progrès, une protection sociale adéquate, le dialogue social, le développement des ressources humaines permettant un niveau d'emploi élevé et durable, et la lutte contre les exclusions. À cette fin, l'Union et les États membres agissent en tenant compte de la diversité des pratiques nationales, en particulier dans le domaine des relations conventionnelles, ainsi que de la nécessité de maintenir la compétitivité de l'économie de l'Union. Ils estiment qu'une telle évolution résultera tant du fonctionnement du marché intérieur, qui favorisera l'harmonisation des systèmes sociaux…
Ces deux articles de la Constitution sont aussi vides et manipulateurs parce que les Etats membres ne sont que condamnés à pratiquer le dumping social et fiscal pour essayer d'enrayer les délocalisations vers les nouveaux Etats membres de plus en plus hétérogènes et voisins des pays émergents en voie de développement (Slovénie, Pologne, les Pays Baltes, la Bulgarie, la Roumanie…; …et bientôt l'Ukraine et la Turquie?) et pour attirer les investisseurs étrangers. La version définitive de la Directive Service (qui n'est qu'un Bolkenstein2) confirme cette analyse. Comme le seul objectif de la BCE est de veiller à la stabilité des prix et que les politiques budgétaires nationales et européenne sont impossibles, il n'est pas non plus possible d'atteindre "un niveau d'emploi élevé". Il n'existe pas non plus de mécanismes de compensation entre pays en cas de déséquilibre de l'offre ou de la demande entre les pays. Ainsi, l'Allemagne, qui connaît une récession depuis presque 8 ans à cause de l'inexistence de la demande intérieure a dû se débattre seule sans attendre de solidarité européenne. Ou l'Irlande, qui jouit grâce au dumping social et fiscal d'une croissance à presque deux chiffres depuis presque 10 ans, n'est pas contrainte à reverser à l'Union une part de ses excédents budgétaires.

En 2004, l'Irlande, l'Anglettre et la Suède avaient ouvert totalement leurs frontières aux "plombiers" venant des nouveaux Etats membres. L'Angleterre prévoyait une arrivée de 5.000 à 13.000 travailleurs étrangers sur son sol. 600.000 sont venus. Le dumping social a été massif. Des entreprises licenciaient massivement leurs anciens employés pour réembaucher cette nouvelle classe de travailleurs la semaine d'après, de plus il reste du chômage en Angleterre.

Un moratoire de deux ans est imposé en 2007 aux nouveaux Etats membres pour la libre circulation des travailleurs. Nous saluons aujourd'hui l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie, nous formons le groupe des 27. Formons-nous l'Europe des 27? La Constitution et tous les autres Traités européens misent comme à la loterie nationale uniquement sur un seul jeu de synergies, celui de la concurrence pour assurer automatiquement le développement durable, la réduction du différentiel économique et structurel entre les Etats membres et même les régions, l'amélioration des conditions de vie et de travail.

Le paradoxe entre les principes humanistes des Parties I & II et des dispositions d'applications de la Partie III est à présent un syndrome qui s'éloigne des carences de la volonté politique, de la précipitation ou de la fuite en avant des "conventionnels", les Rédacteurs de la Constitution européenne et des Traités. La Chute du Mur de Berlin a donné l'illusion aux conventionnels de la victoire et de la suprématie du modèle libéral. De "la Grande Maison Commune" de Michaïl Gorbatchov au "we won the cold war" de Bush père, les Conventionnels se sont sentis les coudées franches pour avoir l'insolence d'imposer une Constitution libérale en espérant une adhésion à 100%, ce qui n'est même pas possible dans une dictature. De plus ils feignent de mimer les saphos vexées quand ils constatent que les peuples réfléchissent et s'expriment.

Le modèle d'origine de l'Europe, celui de l'économie sociale de marché, devrait donc être réalisé avec le paradoxe des règles de jeu libéral, de l'obsession systématique de ne jamais entraver le marché intérieur et de ne privilégier que des réformes structurelles en l'absence de régulations conjoncturelles. Une telle haine de l'Etat provient de la seconde guerre mondiale et du concept de "nation" qui n'a apporté que le sang en Europe. Les autres acquis issus de la nation ne permettent pas de compenser les holocaustes et génocides européens. Faut-il pour autant privilégier le marché comme seul censeur ou régulateur des performances et des carences, des victoires et des malheurs de l'activité socio-économique? Une telle haine de l'Etat provient tout autant des conceptions libérales de Milton Friedmann et de Hayek.

Nous devons la haine de l'Etat à Hayek et à ses élèves et protagonistes néo-libéraux qui croyaient en un "rationalisme évolutionniste" dans lequel, "loin des constructions étatiques liberticides", un ordre "spontané" (kosmos) s'installe automatiquement pour tendre à un optimum. Le "rationalisme constructiviste" qui privilégie un ordre "arrangé ou "disposé" (taxis) était à bannir. Pour rappel, le néo-libéralisme est né après la Seconde Guerre mondiale en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord. Il traduit une réaction théorique et politique véhémente contre l'interventionnisme étatique et l'Etat social (Welfare State). Friedrich August von Hayek publie en 1944 "The Road to Serfdom" (La route de la servitude). Cet ouvrage qui constitue le canevas de l'inspiration de la création européenne est la charte fondatrice du néo-libéralisme. Il est une attaque passionnée contre toute limitation par l'Etat du libre fonctionnement des mécanismes du marché; l'holoéchangisme garantit par 50 années de Traité de Rome provient de là. Les entraves au marché sont dénoncées car elles contiennent "une menace mortelle contre la liberté économique mais aussi politique". A cette époque, la cible immédiate de von Hayek est le Parti travailliste anglais. Pour Hayek, malgré ses bonnes intentions, la social-démocratie modérée anglaise conduit au même désastre que le nazisme allemand, au servage (serfdom).

L'Europe croit pouvoir encore faire durer l'effet boule de neige de l'enrichissement global des peuples européens par l'intégration de nouveaux Etats membres et par l'élargissement de son marché intérieur. L'Europe croit encore pouvoir pérenniser - sans les interventions macro-économiques keynésiennes et sans les planifications incitatives - la situation des trente glorieuses grâce à cette fuite en avant du repoussement de ses frontières périphériques de son marché intérieur. Un marché élargi permet une augmentation des lots économiques, des quantités produites, des demandes, ce qui augmente d'autant les économies d'échelle en baissant les coût unitaires des pièces produites. Ceci explique les pressions des uns à intégrer la Turquie, et bientôt l'Ukraine, et les lâchetés des autres à ne pas s'y opposer. La Turquie serait le jardin chinois privé européen et les coûts logistiques seraeint considérablement inférieurs à ceux engendrés par l'éloignement de la vraie Chine.

Le consensus ne peut plus émerger dans l'Europe des 27et dans l'Euro-Groupe des 13 dans lesquels les disparités du tissus industriel et historiques, géographiques, climatiques et agricoles, socio-économiques et commerciales, sont trop grandes pour amener une identité européenne. La garantie de la paix est la victoire de l'Europe. A présent il faut travailler à autre chose. De plus les pays entrants, encore tout effrayés par oppression et dictatures ne permettant pas de s'accomplir dans l'autodétermination, sont atlantistes comme la Grande Bretagne qui n'a jamais cessé de l'être avec sa volonté non cachée de torpiller l'Europe continentale. L'entente est a minima et l'Europe concurrente, l'esprit de l'AELE (Association Européenne de Libre Echange), fondée par la Grande Bretagne en 1960 pour concurrencer la CEE, a gagné.

Une Europe fédérale n'est même pas prévue par la Constitution européenne. Que personne ne me jette sur mes propos un égoïsme nationaliste. De cette Europe nous allons tous crever si nous continuons à laisser le marché tout standardiser vers le bas, si nous n'arrivons pas à en faire une fédération aux pouvoirs étendus et si nous ne donnons pas aux Etats membres les moyens d'une politique économique et sociale. Les nouveaux pays entrants se réjouissent à juste titre des augmentations de gain que promet l'adhésion. Il semble d'ailleurs être de bon ton dans ces pays, comme en Angleterre et en Irlande, de cumuler des contrats de travail. Ces pays se jettent dans ce que beaucoup nous font passer pour de la "modernité". On ne peut le leur refuser, sauf si l'Europe s'était donné une charte sociale. L'Europe est un marché trop commun.

La nouvelle tentation de faire de la politique "au-dessus des partis" et de ne pas reconnaître les clivages entre gauche/droite, entre les classes, ne provient que de partis conservateurs ou centristes et ne peut qu'avoir comme objectif d'entraîner les petites gens, le prolétariat de plus en plus élargi, dans une anesthésie non revendicative alors que le monde marchand réalise à son profit le transfert de richesses.

Constitution européenne, Articles I-3-2 & 3-3: "L'Union oeuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social…/… Elle combat l'exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales, l'égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l'enfant. Elle promeut la cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les États membres." Il faudra aussi intégrer cette réflexion dans l'ultime réalité de croissance durable. C'est l'objectif de mon site, mais, l'urgence sociale est telle - alors que, par exemple la France est le 4ème pays le plus riche du monde - que Kyoto et les Traités suivants seront traités plus tard.

Darwin, Père de l'Europe: la souveraineté politique est une marchandise nuisible

"L'Europe à coeur", Sculpture Ludmila Tcherina, PE Strasbourg

L'Europe présente sur le plan social une diversité de 25 modèles européens qui sont mis en concurrence du fait de l'absence de coopération fiscale et sociale. Le nivellement vers le bas est inéluctable dans la situation actuelle. Pourtant la Constitution européenne préconise d'établir les conditions d'une concurrence non faussée. Mais justement l'européen qui travaille est une gène dans ce marché très commun.

L'harmonisation européenne rejette toute démarche politique, rejette les souverainetés nationales, les modèles nationaux sans pour autant se donner les moyens de devenir un fédération ou un groupement intergouvernemental. La Constitution rejetée elle-même par les NON français et hollandais et la Cour constitutionnelle fédérale allemande prévoyait effectivement une gouvernance à côté de la politique monétaire de l'UEM (Union monétaire européenne) et de la BCE, pour lesquels une modification du mode opératoire monétariste avec sa lubie mystico-fanatique de la stabilité des prix n'était pas prévue. Dans un prochain article, j'y reviendrai.

Jusqu'à nouvel ordre (ou au nouveau désordre) la nation semble être la principale manière d'exprimer la démocratie. Le frontalier que je suis, avec un grand-père qui avait changé 5 fois de nationalité et de marque de fusil tout commençant une guerre sous un drapeau pour ne jamais savoir sous lequel il pouvait rentrer à la Stub', ne tient pas beaucoup à cette notion de nation. Je lui préfère celle de l'Etat autour duquel se rassemblent des citoyens encartés et des habitants à statuts différents. Mais cet Etat qui agrège est investi d'un devoir de cohésion, de régulation, de stimulation de l'économie et de la préservation du site et de l'environnement. Comme vous le voyez dans tous mes articles, l'urgence sociale ne me permet pas d'intégrer le développement durable, j'ai l'impression que la catastrophe sociale va arriver bien avant la catastrophe environnementale. Ces thématiques seront prévues dans mon site. La CECA, la Communauté Economique du Charbon et de l'Acier avait déjà et à juste titre voulu juguler une fois pour toute les nationalités belligérantes. La dernière Coupe du Monde de foot m'a intrigué avec ces multiples fanions héraldiques collés aux autos de toute l'Europe. Il est aussi temps, comme l'Allemagne vient de le faire, de savoir regarder avec un plaisir simple son drapeau. L'Allemagne qui est le seul Pays européen qui a fait son devoir de mémoire, peut se le permettre. Pour moi, le drapeau sera européen, celui du 9 mai, de la date anniversaire de l'Europe, du rayonnement humaniste, de notre offre économique. Pour le "Fahnenappel", j'en resterai là.

a) Darwin, père de l'Europe, a promu l'élimination des espèces: en ce qui concerne l'harmonisation et reconnaissance mutuelle des produits circulant sur le marché européen, la souveraineté nationale a été respectée lors de la procédure de l'intégration commerciale même si les crises de confrontation des égoïsmes nationaux en ont été le moteur. Cette intégration commerciale a été, pour les produits pionniers et nouveaux, un processus de définition de normes, de certification et de mise aux normes techniques des produits pour lesquelles une décision européenne a été prise à la majorité qualifiée. A côté de cette harmonisation, il existe des exigences minimales, environnementales, de sécurité et de santé pour un tiers des produits commercialisés. Pour le reste des produits une reconnaissance mutuelle garantit leur libre circulation s'ils sont fabriqués légalement en Europe. Cette dernière disposition est une manière de contourner la souveraineté nationale en espérant que la libre concurrence forcera leur uniformisation et conservant les plus efficaces et en évacuant les plus faible. Les plus efficaces sont, comme l'avaient voulu les fondateurs, les produits qui s'adaptent le plus et le plus vite à l'environnement, ici, les produits aux coûts de fabrication les moins élevés et aux procès de fabrications les moins contraignants. Quoi de plus logique. Ne faites pas de cauchemar en remplaçant, sans y être préparé, produit par travail.

Le danger du principe de la reconnaissance mutuelle des produits (matériels ou services) est d'engager une spirale défavorable à la qualité des produits et aux consommateurs. La méthode communautaire politique d'uniformisation, de certification des normes est mise à l'écart au profit des forces "efficaces" du marché. Les souverainetés politiques sont abandonnées et la mise en concurrence des espaces socio-économiques est devenue la règle. L'Europe s'est d'abord constituée sur la libre circulation des biens, des capitaux, des personnes. Avec le marché unique, puis la monnaie unique la libre circulation des services va prendre une très grande ampleur. La Directive des services et l'AGCS feront l'objet d'un futur article.

b) la libre concurrence, seul référent européen qui supplante l'action politique: l'orientation du Traité de Rome qui laissait une place à la décision politique organisée des Etats membres souverains a été renversée définitivement au profit de la libre concurrence qui devient le principe central dans les Articles 3.1 et 3.2 du Traité de Maastricht sur l'Union européenne. Article 3.1: "l'action des États membres et de la Communauté comporte l'instauration d'une politique économique fondée sur l'étroite coordination des politiques économiques des États membres, sur le marché intérieur et sur la définition d'objectifs communs, et conduite conformément au respect du principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre". Article 3.2: "Parallèlement cette action comporte la fixation irrévocable des taux de change conduisant à l'instauration d'une monnaie unique, l'Écu, ainsi que la définition et la conduite d'une politique monétaire et d'une politique de change uniques dont l'objectif principal est de maintenir la stabilité des prix et, sans préjudice de cet objectif, de soutenir les politiques économiques générales dans la Communauté, conformément au principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre".

Un processus inorganisé devient par l'objectif premier à respecter, la libre concurrence, le moteur d'intégration européenne. La libre concurrence n'est plus un outil mais la politique essentielle de l'Union. Les aides publiques sont considérablement diminuées, les espaces socio-économiques sont mis en concurrence directe. Les prémices d'harmonisation fiscale et sociale sont oubliés. Le Protocole social du Traité de Maastricht est abandonné comme le sont les grands énoncés de principes des §1 et §2 de la Constitution européenne au profit des articles d'application du §3. Pour vous montrer comme l'Europe aurait pu être belle, voici les objectifs du Protocole social annexé au Traité de Maastricht: 1. la promotion de l'emploi; 2. l'amélioration des conditions de vie et de travail; 3. une protection sociale adéquate; 4. un dialogue social; 5. le développement des ressources humaines pour assurer un niveau d'emploi élevé et durable; 6. l'intégration des personnes exclues du marché du travail.

L'élargissement actuel de l'Europe avec les États membres ayant des prix inférieurs de plus de 50% a été conçu avec la concurrence comme objectif en soi, conduisant à une harmonisation forcée des politiques. Comme Stiglitz, Nobel d'économie en 2001, l'a écrit "la mondialisation ça ne marche pas pour la stabilité économique, ça ne marche pas pour les pauvres". L'harmonisation automatique des politiques européennes n'aura pas lieu parce que la concurrence ne fonctionne pas de manière coopérative et parce que les Etats en resteront à leurs "égoïsmes nationaux" en en partageant pas leurs gains, et parce qu'ils ne tendront qu'à améliorer leur position compétitive au détriment des autres. Les protagonistes de l'élargissement à la Turquie n'ont pas d'autres objectifs et espère de par là le paroxysme de l'affaiblissement des Etats, la disparition des souveraineté nationales, au profit d'une Chine privée et à nos portes. Les coûts de logistiques et issus de l'incompréhension culturelle seront considérablement réduits avec la Turquie pour les investisseurs. Les discussions sur la poursuite des l'ouverture doivent être précédées d'une discussion sur le modèle européen, si l'intention est différente de celle d'avoir un marché trop commun. Le frein à l'ouverture ne doit être guidé que par cette réflexion. Le seul objectif de la politique européenne, qui est un approfondissement de l'intégration économique, devient à présent une manière d'ériger un mur idéologique autour d'une région à l'image de ce qu'à été d'autres murs et rideaux avant 1989. C'est la manière moderne et non totalitaire de l'enfermement d'une population sans torsions, sans rétorsions, sans tortionnaires. La devise européenne est maintenant: Soumets-toi au marché ou crève, honni soit qui mal y pense. La boucle est bouclée, on peut commercer en paix.

Et l'Europe s'est soumise de son plein gré au mythe américain, à un mythe américain, à l'économie de l'offre de l'école de Chicago de Friedmann Milton La politique de l'offre à ceci d'agréable qu'elle laisse tous les "décideurs" politiques dans l'irresponsabilité et les délices des dossiers. La politique de l'offre rejette automatiquement et sans crise de conscience le processus politique et l'intervention macroéconomique en invoquant le poids de la bureaucratie, la faiblesse vis-à-vis des groupes de pressions, qu'ils soient des syndicats ou des lobbies, la lenteur ou les mesures cycliques, contra-productives ou incohérentes. L'économie de l'offre est un accélérateur d'événements, de l'organisation spontanée au travers d'une règle unique et apostolique: la concurrence, qui est favorisée par la mise en place d'autorités indépendantes, comme la BCE, qui n'agit qu'en fonction de sa seule lubie, celle de la stabilité des prix. La souveraineté n'est plus qu'économique et chacun de ses acteurs ne pèse qu'en fonction et qu'au service de sa richesse. Le principe démocratique est maintenant: 1 euro = 1 voix. Je crois que nous pouvons parler d'un système féodal, dans lequel il n'y a plus de conflit humain, puisqu'il n'y a plus de seigneur, mais un credo sans dieu. Plus simplement, nous pouvons parler de la pensée unique. La dialectique est bien morte, le projet aussi.

La pensée unique européenne est issue d'une fatigue intellectuelle née à la suite des conflits de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide. Au sens du philosophe américain Ronald Dworking dans son livre "Sovereign virtue" (1985), le projet libéral est déterminé par le principe de "l'égalité approximative" selon lequel la distribution des ressources matérielles et morales donne à chacun une part à peu près égale à consacrer à la satisfaction de ses ambitions dans son "bon mode de vie" qui lui est garanti par un gouvernement neutre (D'où que l'on regarde, l'exaspération de l'Etat revient). Ainsi la répartition la plus égalitaire entre individus qui ont des conceptions différentes du "bon mode de vie" en fonction de leur préférences différentes pour certains produits est réalisée par l'économie de marché. Comme les individus diffèrent aussi par leurs talents divers ou les hasards de la vie, le marché ne peut engendrer qu'une répartition inégale des richesses. Le marché permet de réaliser facilement le calcul de ce qu'un individu a consommé et produit, le marché permet de définir la "place de l'homme", voire "l'homme". Dworking essaye de concilier le libéralisme tel qu'il est défini ici avec une force de régulation des inégalités dans son "libéralisme égalitaire" où le "gain global attendu" serait mieux re-distribué. Dans cette voix s'inscrit aussi les candidats à la Présidentielle de 2007, Sarkozy ou Ségolène Royal, en trompetant le "plus de justice" en n'arbitrant pas entre sécurité de l'individu et possibilité de gains. L'Europe n'est pas sur un autre chemin de la médiocrité que nos deux candidats: soumission au marché, puis on regarde comme une vache paumée qui voit passer le TGV.

La méduse du modèle économique et social européen du TCE libéral

"L'Europe à coeur", Sculpture Ludmila Tcherina, PE Strasbourg

Les prochains six mois, avec la Présidence allemande de l'Union européenne, et les six mois suivants, avec la Présidence française, vont faire revenir le projet TCE de la Constitution européenne, qui "devra être fait adoptée d'une manière ou d'une autre" comme le préconise le vote des Eurodéputés du 14 juin 2006 qui avait invalidé le NON français et le NON hollandais. Il faudra être très vigilant pour les prochaines élections présidentielles françaises de 2007, en sachant que la politique étrangère est le domaine réservé du Président de la République. Madame Marie Ségolène Royal et Monsieur Sarkozy avaient voté oui.

La politique européenne préconise un renforcement de la flexibilité du travail pour garantir la croissance économique et l'emploi.


Pour piloter la croissance et la stabilité, le modèle européen est fondé sur une répartition des responsabilités économiques et une séparation entre l'économique et le social. Le travail est donc une valeur pilotée par le seul marché dans lequel n'intervient pas de politique régulatrice (le critère absent de Maastricht) d'Etat et duquel il faut écarter les forces sociales de négociations qui ne sont comprises par l'Union que comme des entraves à la libre concurrence conformément à l'idéologie libérale de Hayek qui a prévalu dans la rédaction de tous les Traités européens jusqu'à la Constitution européenne. La faiblesse du bilan économique et social du non-modèle européen ne peut être que déconcertante face à la victoire commerciale. 70% du commerce européen est intérieur. L'augmentation du PIB européen peut connaître régionalement certaines retombées sociales ou sur l'emploi. Ces retombées se répartissent selon les règles du commerce et du marché et ne sont pas, pour le moins, accompagnées par une intervention des Etats ou de l'Union.

a] Ancrage idéologique libéral dans la Constitution Européenne (TCE):
Le Traité de Maastricht institue une Union devant promouvoir un progrès économique et social équilibré. Le §3 de la Constitution européenne rejetée par les NON hollandais et français et non approuvé par la Cour constitutionnelle fédérale allemande comprend une synthèse des conceptions qui ont prédominé dans cette construction et spécifie explicitement l'appartenance à l'économie de marché dans Article III-77, 1: "…/… Le Système européen de banques centrales agit conformément au principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre…" Article III-203, Constitution européenne: "L’Union et les États membres s’attachent à élaborer une stratégie coordonnée pour l’emploi et en particulier à promouvoir une main-d’œuvre qualifiée, formée et susceptible de s’adapter ainsi que des marchés du travail aptes à réagir rapidement à l’évolution de l’économie."

Article 3.1: l'Union œuvre pour un développement fondé sur une économie sociale de marché. Je me souviens lors des débats sur le TCE que mes voisins et collègues, même en Alsace, ne pouvaient rien mettre sous l'expression "économie sociale de marché". En tous cas un "Français de l'intérieur" n'est simplement pas en mesure de s'imaginer quoique ce soit et ne peut se douter que ce terme provient de l'école de Fribourg ordolibérale (j'y reviendrai dans un autre billet) et de l'interprétation que Ludwig Erhard, chancelier allemand, en avait faite après-guerre. Cette interprétation allemande avait mis en place le système rhénan de la cogestion (codécision, Mitbestimmung) et garantit par la Loi Fondamentale (constitution allemande) la Tarifautomomie des partenaires tarifaires sans l'intervention de l'Etat. Autrement dit la Loi fondamentale allemande inscrit en tout grand le rôle des syndicats de "preneurs de travail" (Arbeitnehmer) et de "donneur de travail" (Arbeitgeber) qui sont réunis sous le terme Tarifpartrner (partenaire tarifaire) pour les grandes négociations d'automne sur les conventions collectives de branche. Je pense donc que "économie sociale de marché", s'il est un terme juste et parfaitement porteur de sens en Allemagne, mais aussi dans les pays scandinaves, (mais uniquement dans ces pays), est un leurre vide de sens pour les autres pays européens, voire une manipulation pour faire avaler les §1 et §2 qui énoncent des principes très "rassurants" mais qui sont détourné ou contredit par le §3 qui constitue le texte d'application des §1 et §2. La culture syndicale française des victoires par dosettes et grèves interminablement reconductibles ne sait percevoir ce qu'est la profondeur et l'efficacité du système paritaire rhénan, moteur de croissance économique, d'amélioration sociale durable et de stabilité sociale.

B] La méduse du modèle économique et social européen
La séparation entre l'économique et le social est voulue de manière séparée dans le projet de Constitution européenne. D'une par un chapitre traite la politique économique et monétaire. Le rang accordé à l'emploi et à la politique sociale est tout simplement affligeant. Cette politique ne figure que dans un paragraphe intitulé "les politiques dans d'autres domaines". Pour le TCE la prise de conscience de l'urgence sociale n'est pas une donnée, même si des grands principes sont énoncés et garantis dans les §1 et §2.

L'orientation économique du modèle européen est conforme à la pensée ordolibérale pour laquelle le processus économique doit être coordonné par le mécanisme concurrentiel des prix. Ceci explique l'obsession de la stabilité des prix qui figure dans la Constitution européenne: "L'union œuvre pour le développement durable de l'Europe fondée sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement". Ces principes généraux seraient fédérateurs si les textes d'application du §3 ne venaient à les contredirent. Nous pouvons nous demander, si nous n'avions pas été instruit au sujet de l'idéologie de Hayek, ce que vient faire "la stabilité des prix" dans cette énumération des berceaux de la Maison Europe. Nous sentons que tout l'édifice est sous-tendu par la BCE et l'Union monétaire et par rien d'autre.

L'application de ces principes doit être garantie par l'Etat membre de l'Union chargé de mener dans ce cadre des politiques de régulation qui se traduisent sur le plan conjoncturel par la division des tâches entre la Banque centrale indépendante qui mène à une politique monétaire centrée sur le seul objectif de stabilité des prix. Sur le plan structurel l'Etat membre doit se limiter à prendre des mesures permettant d'assurer les conditions de la concurrence. Concurrence, BCE, stabilisation des prix, stabilisation budgétaire, BCE, concurrence. L'Europe n'est pas pauvre en imagination, malgré la crise continentale de l'emploi et des répartitions des richesses en fonction du BIP, l'Europe ne recherche rien d'autre et se donne les moyens de n'arriver à rien d'autre qu'au marché et encore au marché. J'exagère? D'habitude les seuls noms des Commissaires européens à la concurrence ou au Commerce sont connus: Lowe actuellement; Mario Monti, Pascal Lamy qui comme par hasard est devenu Directeur général de l'OMC par la suite. Il se définit lui-même comme un "go between".

A côté de cette action conjoncturelle et monétariste, une politique structurelle comme la politique industrielle n’intéresse pas plus que dans des longs, de soporifiques traités non-contraignants comme celui de la Conférence de Lisbonne qui voudrait permettre la création de 10 millions d'emploi et de favoriser les secteurs de pointe et technologiques avec de bonnes paroles. En mars 2000, lors du Conseil européen de Lisbonne, l’UE s’est fixée un "nouvel objectif stratégique" pour les dix années à venir: à savoir, devenir l’économie la plus compétitive et la plus dynamique au monde, basée sur la connaissance, capable d’atteindre un développement économique durable avec plus d’emplois et de meilleure qualité et davantage de cohésion sociale. Ce cadre d’action fixé jusqu’en 2010, est connu comme étant la Stratégie de Lisbonne. A ce sujet, sur le site de Confédération Européenne des Syndicats (CES), si vous cliquez sur l'onglet "Politiques économiques et de l'emploi" vous arrivez à 4 choix de liens: 1) Politiques économiques, monétaires et fiscales; 2) Cohésion économique et sociale; 3) Restructurations; 4) Perspectives financières 2007-2013. Rien qu'au travers de ces 4 et seuls titres vous ne ressentez pas la volonté interventionniste de l'Europe, mais une volonté de réguler des flux, de préférences monétaires. Une planification industrielle n'est pas à l'ordre du jour, mais un bavardage dans ce "Palace of Burocracy", comme un anglais m'avait dit cet été à Ballyshanon, Co. Donegal. Les points 2 et 3 concernent la gestion des conséquences négatives des délocalisations, des fusions. Une stratégie proactive macroéconomique ne semble pas s'en dégager, mais plutôt une attitude spectatrice de ce qui veut se dénommer les "task-forces" qui réunissent plusieurs DG (Directions Générales) des diverses Commission de Bruxelles.

Les projets industriels européens, qui pourraient engendrer une avance technologique et créer des emplois sont nombreux. Mais 5 % seulement sont retenus. Ils ne sont pas réalisés par faute de financement. 36% du budget européen sont alloués à des actions structurelles et de solidarité, mais ils n'ont qu'un impact limité, sachant que le budget européen n'est que de 1% du PIB et qu'avec les "nouveaux membres" il n'a pas été réévalué. D'autre part les mesures prises par les instances européennes s'attachent toutes à réduire rôle et place du secteur public, ce qui se traduit par les exigences de privatisation, même dans des secteurs qui exigent des stratégies d'intérêt général, comme l'énergie.

A cette intégration européenne négative (non proactive) s'ajoute les mesures prises par tous les Etats membres à réduire les impôts, pour rester conforme à la vision de Milton Friedman, qui exécrait l'Etat, ses interventions et ses dépenses publiques. De plus la diminution systématique de certains impôts, comme les impôts sur les sociétés et de certains transferts réduit l'efficacité de stabilisateurs économiques et de répartitions qui permettent normalement de gommer les fluctuations économiques conjoncturelle. La cohésion de l'économie nationale est complètement laissée entre les mains du secteur privé. L'abandon d'une part de l'impôt est une subvention déguisée à la production, au commerce. De plus, du PIB continue à être produit en Europe, mais sa part qui augmente relativement et en valeur absolue n'est pas reversée dans l'emploi, le salaire. Pourtant l'inflation et le taux d'intérêt sont jugulés (2 critères de Maastricht) ce qui n'obère pas l'enrichissement des share-holders, des détenteurs de parts (actions).

L'idéologie qui guide la séparation en Europe de l'économique et du social et qui ne la conduit pas à traiter le travail mais le chômage, révèle la vision libérale de l'Europe sur le chômage: pour l'Europe, le chômage ne résulte pas d'un dysfonctionnement économique, mais provient d'une inadaptation de la population. Nous sentons alors les pressions de Bruxelles à rendre le contrat de travail flexible et à déréguler les contrats. Nous sommes à nouveau face à une intégration négative de l'Europe, qui n'a pas promu le courage, mais le repli. Le repli est toujours payé directement par le citoyen européen "preneur de travail".

La "régulation" du chômage n'est donc pas obtenue par une politique économique et de création, mais par un traitement social. Ainsi en Angleterre 2,7 millions de chômeurs de longue durée sont traités comme des invalides ou des malades, alors que 40% d'entre eux ne seraient que des chômeurs de longue durée déguisée. L'Europe non courageuse préfère générer de la dette sociale avec le traitement social du chômage plutôt que d'avoir une politique interventionniste keynésienne de relance. L'Europe exècre l'Etat, s'il devait intervenir dans les rouages de l'économie active et dans une politique industrielle, mais confie à la dette publique le dysfonctionnement de l'économie. Nous pouvons alors nous demander d'où provient cette mystique du traitement social. Elle provient de l'application servile de l'idéologie de Hayek, du NAIRU et de ce fameux "volant nécessaire du chômage" qui se situe entre 8 et 10% de la population. Entre temps, la "richesse", non, la petite aisance matérielle et financière qui délaisse le travailleur européen par sa mise au chômage ou par son appauvrissement réel, est redirigée vers le commerce, l'industrie de plus en plus rationalisée et vers les share-holders, grâce à la ténacité de la volonté intégrative de l'Europe. Nous sommes donc très loin des principes de valeur définis dans le §1 et §2 de la Constitution européenne. Ce traitement social doit être le reste du Welfare State. Je suis sûr que l'Europe saura privatiser les caisses d'assurance chômage qui représentent de "viles" dépenses de l'Etat. Cette part dépensée ne sert pas à faire du commerce, Bruxelles geint, Hayek et Friedman Milton secouent la dalle toute fraiche de leur tombe.

Les mesures économiques qui osent effectivement agir sur le niveau de l'emploi sont limitées au marché du travail. Elles sont relatives à l'apprentissage et au salaire minimum. Voilà pourquoi l'Allemagne, en proie aux impenses de la réunification et à la récession depuis presque 9 ans, commence à douter de son système paritaire rhénan et commence à introduire le Smic dans le bâtiment à cause du maçon ukrainien et polonais. Voilà pourquoi la Confédération syndicale allemande se prononce pour l'introduction d'un Smic général, alors qu'en Allemagne l'autonomie du Tarif (convention collective) préserve de très loin l'affaissement des salaires jusqu'à ce seuil au dessus de la pauvreté. L'interdépendance entre le marché du travail et les autres marchés est négligée et seules des solutions partielles, sectorielles, locales sont envisagées. L'effet durable exercé sur une économie nationale par la précarité croissante du travail due à l'assouplissement du Code du travail, à la dérégularisation du contrat de travail et à la multiplication de ses formes. L'Europe promeut la concurrence sociale entre ses Etats membres et le nivellement par le bas.

Pire, L'Europe préconise un renforcement de la flexibilité (§3, artIII-203, TCE) du marché du travail comme facteur déterminant d'une croissance économique importante et d'un haut niveau d'emploi. Mais de quel emploi parle-t-on. D'un emploi du travailleur pauvre, dérégularisé, flexibilisé selon le flex-time anglais et qui cache surtout des sous contrats de travail dans lesquels le nombre d'heures suffisant n'est pas garanti pour avoir un salaire suffisant pour vivre. En Angleterre, comme aux USA il est couramment admis qu'un travail ne doive plus obligatoirement subvenir aux besoins, et qu'il faut cumuler les emplois et les employeurs.

Dans un prochain article je comparerai les performances du modèle américain et du non-modèle européen.

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Cette série d'analyses est appuyée sur mes cours en allemand appliqué en Master Grande École à EM-Strasqbourg | École de Management-Strasbourg

19. janvier 2007

Retraites - La Banque Mondiale a recommandé et déclenché le Hiroshima social



En France on n'a rien inventé concernant la réforme des retraites. C'est la Banque mondiale qui, la première, a sonné la charge contre les systèmes de retraites par répartition.

Le signal du départ de cette campagne d'affolement de l'opinion publique a été lancé en octobre 1994 dans un document devenu la bannière des ultralibéraux du monde entier.
Ce document s'intitule World Bank, Averting The Old Age Crisis : Politics to Protect The Old and Promote Growth, Policy Research Bulletin, 5ème volume, numéro 4, août-octobre 1994.

La Banque mondiale constate que les systèmes de retraites publics sont en crise. Elle estime que les gouvernements sont dans une impasse intellectuelle et qu'ils ne parviennent pas à réformer les retraites.

Son raisonnement est limpide :

Comme ce sont les ressources des salariés de moins en moins nombreux qui devront subvenir aux besoins d'une population âgée de plus en plus importante, les systèmes en répartition vont inévitablement diminuer leurs prestations.
En outre la Banque mondiale (BM dans la suite) constate que les systèmes de retraites publics sont défaillants et pour appuyer cette thèse donne des exemples concrets très bien choisi comme celui de la Zambie ou du Vénézuela où la gestion des régimes publics a été calamiteuse.
Elle omet de dire, volontairement ou pas, que dans ces deux exemples ce n'est pas le système qui est en cause mais plutôt l'imcompétence de quelques gestionnaires corrompus. Mais bon, ce ne sont pas les détails qui comptent.

Quelle solution propose-t-elle ?

Axiome du raisonnement:
Il est nécessaire de réduire les dépenses publiques en baissant le taux des prélèvements obligatoires..

La BM propose sa théorie des trois piliers pour les retraites (The Three Pillars):
  • Un système public obligatoire minimal
  • Un système d'épargne obligatoire, géré de façon privée
  • Une épargne volontaire et individuelle qui constituera l'essentiel du système.


Commentons la méthode proposée:

Dans le premier pilier, le mot-clé est à mon sens minimal. En effet, ce pilier doit être modeste en taille, pour laisser place aux autres piliers. Cet objectif réduira de façon substancielle le taux de cotisation et les dépenses publiques. De surcroît, la dette implicite des systèmes de retraites a des implications considérables, car l'une des dettes les plus importantes est créée par la promesse des Etats de fournir un revenu aux citoyens durant leur retraite.

Qu'est ce que la dette implicite ? Assimiler les engagements pris par les régimes de retraite en répartition à une dette n'a guère de sens. Il est du rôle naturel de l'Etat de subvenir aux besoins de la population, ce n'est pas une dette c'est un investissement humain. D'autre part, d'un point de vue comptable, les pensions ne sont pas représentées par une dette puisqu'elles sont payées en direct par les cotisations des salariés et n'ont pas à être provisionnées.

Le second pilier est fait pour favoriser les marchés financiers en y investissant les cotisations de retraites. L'avantage attendu est le développement de la croissance économique. Tout semble si facile avec la BM. Il suffit d'appuyer sur le bouton et hop la croissance arrive.
Mais la BM précise ce second pilier, pour réussir, doit réduire la demande du premier. Minimiser le minimum en d'autres termes.

Le troisième pilier enfin est fait pour développer les fonds de pensions. Il faudra donc créer des titres financiers nouveaux afin d'absorber la demande de fonds de pensions. Ils viendront des privatisations.


L'OCDE de son côté se trouve en parfait accord avec l'analyse de la BM. Elle fait même du zèle dans la définition des modalités d'action, comme vous allez le constater.
L'OCDE propose plusieurs axes de réformes (ils sont au nombre de 7 en tout, à lire dans les synthèses de l'OCDE n°5, 1998). Il s'agit d'encourager les gens à travailler plus longtemps ce qui permettra d'accélérer la croissance économique, de renforcer la baisse des impôts et de diminuer le nombre de personnes dépendantes, ce qui constituera un triple gain.

Voeu pieux, vision parfaitement abstraite des réalités économiques d'aujourd'hui.
Certes, une production plus importante de richesses permet l'opération et il est intellectuellement admissible que plus le nombre de gens qui travaillent s'accroît, plus la richesse globale de la société s'élève.
Rappelons ici qu'un million d'emplois à plein temps supplémentaires produisent 20 milliards d'€ de cotisations vieillesse de plus en moyenne. (Le Monde Diplomatique, juillet 2003)
Ce chiffre est à rapprocher des 90 milliards d'€ à trouver si l'on veut revenir sur la réforme de M.Balladur et assurer la retraite à 60 ans pour tous avec une pension égale à 75% de son salaire (100% pour le SMIC).

L'OCDE doit donc de toute urgence nous expliquer comment créer des emplois à temps plein et pérennes afin de permettre aux 12 millions de précaires en France d'occuper un emploi réel. Il existe des gens qui durant leur âge actif aimeraient bien travailler plus longtemps, ce sont les chômeurs !
Créons des postes pour les chômeurs au lieu de vouloir faire travailler les salariés vieillissants davantage encore.

Seulement l'OCDE est bien muette sur ces points là et surtout ne sait que faire du fameux mur de pierre du NAIRU autre pilier de la théorie ultralibérale qui paraît être ici un obstacle.
Mais les ultralibéraux ne sont pas à une contradiction près.

Sébastien _________________________________________

Lire aussi: Financer les retraites autrement est possible sauf pour les libéraux déprédateurs
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Note de l'auteur du site: "La France est devenue un pays de bas salaires. Quand on sait que la part des salaires dans le revenu national a baissé de 10 points en dix ans (celle revenant à la rétribution du capital a augmenté d’autant), on comprend le « trou » que cela entraîne dans les comptes de la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV)." C'est de nouveau une parole de gauchiste? Alors cliquez ici.

4. janvier 2007

Rénovaction Socialiste, Appel aux socialistes, à toute la Gauche et vigilance contre le TCE



Communiqué de Rénova(c)tion Socialiste, le 04-01-2007: Nous vous annonçons que la Rénova(c)tion Socialiste est lancée au sein du PS.

Le capitalisme ultra libéral impose au monde les ravages de son illusion idéologique sans rencontrer d'opposition. Les politiques ne se donnent plus les moyens de l'endiguer, ils s'y soumettent lorsqu'ils ne le favorisent pas. Le Traité pour une Constitution Européenne en est un bel exemple.


Des pays au fort taux de croissance jusqu'aux continents appauvris, personne n'est désormais épargné par la spéculation financière et la dégradation spectaculaire de l'environnement. L'objectif des ultras libéraux « tout appartient au marché » est en train de se réaliser. Désormais, l'espace et le temps de la vie humaine sont totalement assujettis à ces lois.

Le socialisme est le mouvement de la conscience historique où l'impératif de la contestation du capitalisme a trouvé ses meilleures voix. De dérives en dérives son idéal s'est fondu dans un consensus compromettant avec la résignation ou la connivence de la classe politique.

Aujourd'hui, ceux qui veulent lui redonner visibilité, justesse théorique et pratique, pour la construction d'un monde meilleur, se heurtent à l'orientation sociale libérale de la direction du PS. De nombreux militants de notre Parti avaient pressenti cette dérive de l'idéal socialiste. Ils ont construit en son sein des mouvements de vigilance (NPS, FMDS, PRS, RSE, RM, etc...) dans le but de refonder un socialisme où l'homme prime sur l'économie, où l'action politique retrouve la noblesse de son exercice, où l'Etat affirme sa primauté sur les lois du marché et impose une répartition égalitaire des richesses.

La Vème République, monarchie républicaine autorise toutes les dérives. L'élection présidentielle de 2007 soumise à la dictature des sondages favorise les renoncements, les alliances, les ralliements. Le PS n'y a pas échappé. L'action conservatrice de l'appareil du PS a largement contribué à cette cascade de renoncements.

La réalisation du socialisme est inscrite dans les convictions de chaque militant et dans leurs actions communes. Seul un sursaut de la conscience permettra de l'accomplir. C'est tout le sens de l'appel que nous lançons auprès de chaque militant, pour que nos actions en faveur de la VIème République primo-ministérielle et parlementaire, de la laïcité, ainsi que la rénovation du Parti soient portées haut et fort. Il est plus que temps, pour répondre à l'urgence sociale, de mettre en commun notre attachement aux valeurs du socialisme.

Rénova(c)tion Socialiste, dont tu pourras lire le Manifeste pour une pratique militante ainsi que les Statuts transitoires sur ce site, souhaite ta participation active.

Tu trouveras à cet effet les coordonnées des camarades qui se tiennent à ta disposition.

Amitiés socialistes et rénova(c)trices.

22. novembre 2006

Répartition des richesses dans le PIB mise sous secret par les militants de Gauche?



J'ai demandé l'autre jour des informations au sujet de la répartition dans le BIP de la part des créations de richesses issues du capital et de celles issues du travail posté.

Sur un site ou sur un Groupe Google de discussion que je fréquente je n'ai obtenu qu'une vague réponse avec un link.
Même les professeurs d'économie tergiversent par manque de critères ou d'analyses disponibles.

Rassurez-vous, vous n'êtes, comme quoi, que le reflet du non-savoir érigé en tour de Babel de ce qui doit demeurer simplement incognoscible.

Je vous invite à abandonner ce billet et à me rejoindre directement sur des informations actuelles datant du 30 novembre 2007 et éditées dans le rapport officiel de la Commission Européenne intitulé "Emploi en Europe". Mais revenez ensuite ici pour cliquer sur les liens ci-dessous.
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Il est sidérant que sur la blogosphère, mère de tous les heurs et de tous les vices, cette information ne soit quasiment pas accessible en cliquant sur Google les occurrence "BIP répartition richesse" ou voisines. La répartition des richesses doit rester secrète, les moteurs de référencement et les spiders de recherche et de ciblage sont incapables ou sont programmés pour "abandonner" cette recherche.

Nous tombons une fois sur des tableaux de l'INSEE qu'un individu lambda ne peut interpréter. Les chiffres eux-mêmes sont anciens.

Un Rédacteur associé à ce site vous a livré une analyse. Le constat est glacial. Je suis sûr que l'on peut encore mieux faire parler les chiffres.

Nous savons tous, sans avoir succombé à de l'intoxication anti-capitalistique, que les revenus boursier sont tellement supérieurs que les revenus issus du temps de travail vendu à l'employeur. Nous savons qu'ils n'ont rien de comparable. Nous savons qu'en 10 ans un actionnaire double son capital. Ce trend a démarré déjà sous Mitterrand à partir des gouvernements de "gauche", sous lesquels on n'a jamais gagné autant d'argent comme se plaisent à dire les investisseurs privés ou publics.

Des analyses simples doivent exister.

Chaque militant de gauche ne peut jouir d'une légitimité, s'il n'a pas à sa connaissance ces chiffres. Chaque militant de gauche, non pourvu de cette connaissance, est, au mieux sans le vouloir, un serviteur du régime économique déprédateur ambiant.

Si de telles données sont inaccessibles c'est qu'elles sont cachées.

Ceci doit être la base même de notre engagement de Gauche et c'est un petit indice que nous vivons bien dans un régime totalitaire.

Je parle souvent de la modernité du fascisme, le plaisir privé hébergé dans le for intérieur qui s'habite de ses frères bessons, l'esclave et le maître. En voilà une preuve de mon intution.

Je fais donc un appel à contribution avec adjonction (addiction!) de link pertinents dans les comment. Je ferai une synthèse par la suite.


En attendant: si vous ne me croyez toujours pas, visitez ces liens et vous serez absolument stupéfaits des louanges que chantent les marchés financiers au sujet de l'attractivité de la France pour les investisseurs étrangers.
Derniers Chiffres de l'Insee de 2007.
Selon HNS, la France au second rang derrière la Chine
Ou ici le bilan de l'Agence pour l'Investissement étranger.
Ou ce lien du Journal du Management.
Journal du Management: 2005, un bon cru.
JDN Management 2005, championne mondiale du PIB par heure travaillée et par salarié
Ou l'attractivité de la Région Rhône-Alpes selon Les Echos
Selon la Chambre de Commerce et d'Industrie Française à l'Etranger
Selon l'Association des Maires de France
Investissement des Pays émergeants en France
Selon Cordis l'attractivité francielienne
Selon le journal Libération, l'année 2005.
Selon la Banque de France, les investissement étrangers ont doublé en 2005.

14. novembre 2006

Jusqu'à quel point le socialisme veut aller? Capital, Répartition de richesses, Devoirs régaliens



La question est-elle, anti-capital, anti-libéral? Je me plais depuis toujours à répéter que depuis 1989 nous sommes libérés des dogmes, de Marx.

Je prétends, peut-être enjôlé de moi-même et scrutant encore depuis 17 ans les enseignements de la Chute du Mur, que nous pouvons enfin mettre les forces en présence sur ce terrain d'expansion qu'est une région contiguë, collocative, d'expression et d'exercice qu'est un pays.

Aujourd'hui je ne veux traiter que d'un aspect pour essayer de répondre à mes deux questions ci-dessus.

Il s'agira de requalifier le BIP qu'il est nécessaire de produire. Ne serait-ce que pour financer les charges régaliennes qui incombent à un Etat, ou tout au moins à une Région dans laquelle vivent des habitants, car en Europe fédérale, la notion d'Etat va s'ouvrir et la notion de nation va perdre de sa couleur (sang?).

Il faut ensuite générer du BIP de manière non déprédatrice, ce qui va aussi nécessiter une totale reconversion de notre économie avec un appel considérable de forces investissantes redirigées par le secteur privé comme par une voie publique qu'il faudra redéfinir ou reconsolider après les agressions de l'AGCS qui n'a pas encore déployé tous ses effets léthifères.

Il faut générer du BIP pour aider les pays émergeants (dans quoi?) ou tout au moins pour ne plus faire tourner la terre à deux vitesses.

Il faut ensuite générer du BIP pour rembourser notre endettement et notre déficit budgétaire.

Il faut dégager du BIP pour financer des retraites des papy-loosers qui n'ont pas préparé la passation des pouvoirs et de la gestion du pays et de l'économie nationale.

Il faut toujours générer du BIP et le répartir entre tous les acteurs de l'économie à part égale avec au moins le ratio suivant: 50% pour les financiers, 50% pour le travail. Si l'on dépasse ce ratio nous entrons dans la phase de l'anticapital? Avec ceci il faut redéfinir ce qu'est le travail: c'est le louage de service des personnes et c'est le louage de service issu de l'automatisation robotique. Le ratio du travail, donc de la contribution à la création de richesses n'est pas une valeur volatile mais une valeur parfaitement quantifiable dans la méthode ABC (Activity Based Costing). C'est la manière d'inclure le côut de toute forme d'activité dans le prix unitaire d'un bien ou d'un service. La contribution à la richesse dépend aussi de ces deux sources, l'une directement humaine, le travail posté, l'autre du robot. La création de richesses d'une économie doit être au service du bien-être de toutes les personnes physiques habitant ce pays. Le robot doit donc contribuer aux caisses sociales et de retraite, c'est l'une des multiples manières de requalifier le PIB.

Ensuite, tout comme nous ne pouvons être d'accord sur les 4 critères de Maastricht (dettes, déficit budgétaire, tx d'inflation, tx d'%) qui prétendent être la radiographie d'une santé économique et d'une capacité de croissance, il faudra redéfinir ce qu'est le PIB. Selon les critères de Maastricht nous sommes capables de définir une zone optimale de convergence, de stabilité et de croissance. Il manque d'autres critères, je ne cite que le taux de chômage, non, il faut dire le taux d'emploi effectif pour prendre en compte les temps partiels forcés et tous les contrats de travail parcellaires ou atomisés.

7. octobre 2006

Modernité du Socialisme ou parole échoïque et iconique des paléographes du P(S)

("Coma", huile, 1989, Thomas Rudolf, extrait)

Le P(S) se félicite de parler aux gens avec des mots simples, les mots qu'ils aiment entendre, ceux qu'ils connaissent, ceux de tous les jours.

Cette restitutio in integrum de la langue populaire de la rue et des autobus peut aussi être du populisme à la Evita Peron et d'un "socialisme national". Ne sautez pas au plafond et lisez la suite, chacun utilise des références pour faire avancer la réflexion et générer de la pensée, de la pensée autonome, pas de la pensée échoïque et iconique.

En réalité dans nos sociétés post-modernes, le langage est en retard face à la réalité pratiquée, et la prose de parti et essentiellement du P(S) sont encore plus loin derrière. Le P(S) n'a pas écouté la parole simple des électeurs depuis le 21 avril 2002, depuis le NON au TCE du 29 mai 2005 et depuis la crise du CPE. Le P(S) n'utilise pas des mots simples vernaculaires actuels pour refonder le contrat de travail, le nettoyer du CNE. Mais à hue et à dia le P(S) web-bombe "d'amitiés socialistes".

La modernité du socialisme doit générer de la pensée, apporter un langage et une action pour contrer l'hypra-libéralisme pratiqué et entériné organiquement comme le vécu privé et commun de la précarisation d'un prolétariat qui s'élargit jusqu'aux classes moyennes.

Revisitez donc la définition du mot "prolétariat" dans vos encyclopédies. Entre autre, le prolétariat est "l'ensemble des prolétaires par opposition à la classe capitaliste". J'ai inventé ce concept de "prolétariat élargi" et j'y vois un ensemble par opposition à la classe libérale. La classe libérale tire ses marrons chauds de la mondialisation par opposition aux autres de plus en plus nombreux qui sont plongés dans la précarisation ou dans le groupe des ouvriers pauvres.

La réalité de l'ultra-libéralisme est une pratique quotidienne, mais il ne faut pas rigoler, c'est une peur quotidienne, c'est des contrats de travail volatiles, c'est des carrières professionnelles qui sont ratées car elles ne débouchent sur rien, sur un chômage prolongé ou à répétition pour aboutir à une retraite pour laquelle il manquera les cotisations. Face à ceci le P(S) ne parle pas des retraites par répartition et ne veut pas faire supporter au capital la part des cotisations des diverses caisses sociales. L'économie industrielle et commerciale doit être recomprise comme une concession autoroutière qui offre à un pays un service (ici, la mutualisation de la création de richesses sur un territoire ou à partir de ce territoire) et qui doit s'acquitter de son droit d'entrée et de jouissance au même titre qu'un salarié contributeur à ses caisses. C'est ceci la solidarité nationale. Ségolène parle de "socialisme national" et quand elle veut taxer le capital ça ne revient pas du tout au même, c'est d'une affligeante frilosité, d'un conservatisme d'avant Léon Blum. En ce moment et pour cautionner le modernisme de Ségolène on cite à tour de bras au P(S) Léon Blum qui disait en 1950 : « je suis convaincu que la sémantique sera la pierre d’achoppement de toutes les discussions entre les hommes de l’avenir: ils emploieront le mot auquel ils donnent sa signification habituelle, sans s’apercevoir qu’elle ne correspond plus à la réalité ». Il est pitoyable d'évacuer ainsi le modernisme de Léon Blum et de 1936.

Tout ceci est à comprendre dans mon "prolétariat élargi". Pour tout ceci il n'existe pas de langage au P(S), comme il n'en existe pas pour l'AGCS, pour le Plan-B. Le P(S) ne peut donc pas se targuer d'avoir inventé le parler simple et vrai dans son psitacisme politique. Le P(S) n'a pas de parler.

Plus personne au P(S) même le plus à gauche ne parle de contrer le capital, et pourtant le P(S) essaye de manière cachée de plonger des Rénovateurs à Gauche dans de la nostalgie de communard en feignant de se démarquer d'idéologies éculées, d'idéologies, d'idées. Depuis 1989 la France n'a rien fait de la Chute du Mur de Berlin et je regrette que ce ne soit que Bayrou qui ait intégré cet événement majeur pour les sociétés de l'ancien bloc des riches.

Parler de "société plus juste" est déjà une démission du P(S) face à cette réalité à laquelle il ne veut apporter qu'un pansement mais pas un remède au pire, ou une prévention au mieux.

Sous couvert d'analyse critisante de la sémantique le P(S) ne fait que de continuer dans une version pseudo-intellectuelle mais "adaptée au peuple" le vieux français. Le P(S) est conservateur et paléographe.

2. octobre 2006

De Cochise à Staline en passant par Hollande



Oui, c'est bien dans des moments préélectoraux comme ceux-ci, mais pour moi depuis 1989, que je me rends compte que le Mur de Berlin était une partition/pollution des langages encore plus qu'une partition du monde et de la vision que nous en avons.

J'ai été élevé en noir et blanc la semaine avec Cochise, Sitting Bull, Old Shatterhand d'un côté et les bons cow-boys de l'autre, puis le dimanche mémé parlait, et ses lèvres violettes et luisantes en disaient long, en Alsace des russes qui sont bientôt là avec leurs tanks.

La conscience à besoin de partitions bien ordonnées qui commencent par soi-même, donc un anti-libéral est un stale gauchiste guévariste de 68 attardé... tout ceci pour retarder encore un peu le débat, le vrai débat sur la société que nous voulons avoir ou dans laquelle nous voulons nous subir.

Mais voilà, maintenant, qu'est ce que je respire mieux, je ne suis plus un inféodé d'une idéologie, je peux voir sans filtre les méfaits de la paupérisation (encore un mot con-noté) d'un prolétariat (... !! ...) élargi. Oh, merde, j'en ai basardé des mots gros.

C'est dommage que les serviteurs et passe-plats polluent le paysage du salon-éprouvette du P(S) avec des querelles de personnes et qu'il fassent de l'obstruction au lieu de se réjouir de la modernité d'un Socialisme de gauche qui peut se montrer enthousiaste et généreux car justement il a définitivement rompu ses liens avec un anti-capitalisme et plus loin avec un mode totalitaire de diffusion de ses idées.

Le socialisme de gauche moderne peut juste s'appuyer sur constat, raison, générosité, l'humain, la répartition des richesses, le développement durable, le civique, le citoyen. C'est simple, mais il faut y penser.

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