Il y a quelques temps j'ai lâché ici une série de pattates en appelant à notre devoir de responsabilité d'intervenaute ou de blogosphorant.

J'avais par exemple supplié que l'on ne glisse pas le nom de NS - encore moins de l'onagre raciste - à toutes les sauces car ceci entraînerait une identification par les spiders et moteurs de recherche sous ce sobriquet de la démocratie... Et donc le site remonte en 1ère page des moteurs de recherche pour des concepts qu'il n'a pas envie d'avoir.

La volatilité des passions des intervenautes aidant, le NS disparaît, ainsi que le tout-sauf. Pour autant l'amalgame sémantique qui ressort du presse-purée des matching engines des consultants et observateurs de sites n'est toujours pas orienté dans les thèmes et mots de gauche. Ils sont absents de RM21, c'est une certitude face aux florilège incessant de comment déceptifs et déprédateurs.

Il est bien sûr que RM21 de par la main, la patience et l'énorme travail de Christine a ici une autre fonction: elle fédère les énergies positives qui construisent, hors du psitacisme et de la scansion de formules salvatrices, le débat qui tire sur les sorts des jurés manipulateurs, elle ouvre un espace à la nanodimension des particules élémentaires que nous sommes, même si technologie, urgence et air-du-temps aidant nous apprenons vite à ruer dans les brancards et à attirer du lectorat inquiet et assoiffé de vouloir savoir.

On peut bien sûr faire de son site un fourreau de jérémiades et de médiocrités. Pour ma part j'essaye d'être conforme à la Charte Néthique ou du moins à ce que j'imagine qu'elle est. Je pense même dresser des critères plus élevés. Je déplore et condamne l'utilisation de pseudo, le site et son flux de comments ne sont pas un peep-show ou le lieu d'envol de trolls (voir wiki).

Que ce soit un blog MSN pré-adolescent ou un site qui se croit sérieux, esthétique, synesthésique, cynique, informateur, pourfendeur... la mission est la même: unir des misères personnelles et des détresses collectives, partager des affects ou des images, livrer un fil existentiel et essayer de montrer comment ceci fonctionne. Y-a-t-il du narcissime? Oui. Y a-t-il de l'imposture? Oui? Y a-t-il du virtuel? Non.

Le blogosphèrariat est un engagement comme un autre, un service au public. Un passage furtif ne permettra que d'y choper de la volatilité, mais sûrement pas de la fugacité qui concoure à l'évolution de la pensée.

Je crois fondamentalement qu'une chose de réel se produit sur ce qui pour moi reste une Concession sur la Chose publique, dont l'intervenaute et le blogosphorant sont récipiendaire titulaire, au même titre qu'une concession autoroutière ou qu'une exposition des ses peintures à l'huile dans une galerie d'art.

Avant de retraiter le mot sur son clavier il faut avoir une peur énorme face à la force et la responsabilité du mot, mais il faut aussi être mû par une énorme générosité de vouloir interpeller l'autre, par curiosité de voir, oui par curiosité de voir, sa réaction induite, déduite, immédiate ou livrée selon un art de la musique répétitive (Philip Glass), de la fugue et du contrepoint (Bach), sérielle (Berg) et j'en passe.

Pour peu que l'on est fidèle à une planète ou galaxie Web, il est très émouvant de voir se décrypter de ce qui n'est d'abord qu'une gangue opaque des personnalités avec leurs dévers et leur force, leurs stigmates et leurs besoins.

Oui, nous somme la cible de screening commerciaux et de marketing politique (l'un de mes étudiants a fait son mémoire de Master Grande Ecole à ce sujet), mon site n'est plus abandonné une seconde par un site espion depuis notre réunion du Groupe de Dijon du 28 X. Les grandes oreilles savent tout sur nous. Ainsi à l'époque des WTC II du 9 XI j'envoyais des mails à mes étudiants répartis sur toute la planète avec la phrase "ich bin im laden - je suis dans le magasin" et espérant que le pentagone ouvre un file sur ma petite pomme. Ce n'est pas une caricature. Tout ce qui est lâché sur le net ne disparaît plus jamais et peut toujours être resservi ailleurs. Ainsi, quand un régime totalitaire sera de retour, la sphère privée de l'individu, sa propre pensée, sera connu depuis longtemps par les ombres noires.

Pour revenir à du concret il faut en arriver aux débats pour que nous soyons identifiés sur des thèmes par les surfeurs qui ne sont pas encore des intervenautes et encore moins blogosphorants. Sur mon site par exemple: les trois thèmes qui ont le plus de succès sont: 1] clivage gauche-droite 2] la paire ségolène bayrou 3) la modernité de la Gauche. Le 28 X de Dijon monte, mais ce n'est qu'une variation saisonnière.

Le site est donc ce tribunal populaire. Soyons responsable et, nous, diffusons le message de Gauche. Le lectorat zappe s'il perçoit la manipulation. Il apprend très vite. Surfer c'est développer une nouvelle intelligence: le management et la gestion du risque pour faire son monitoring et choisir ce qui "convient" à un temps donné. L'intelligence populaire a démontré son indépendance totale lors de la campagne du TCE menant au NON du 29 mai. C'est de la blogosphère qu'est revenu l'esprit civique de la réflexion politique. C'est uniquement par elle qu'il avait été entretenu. Les quelques nonnistes argumentant ne se sont réveillés que très tard dans le calendrier de la campagne.