Il n'y a pas de crainte à avoir.

Les marchés financiers râlent, c'est leur métier. Pour se rassurer d'emblée, selon les chiffres du Bureau of Labor Statistics (BLS) américain, malgré les 35 heures, les salariés français restent parmi les plus productifs du monde: un employé français produit en moyenne 72.000 $ de valeur ajoutée par an, contre 64.000 $ pour un Anglais, 59.000 $ pour un allemand ou 56.000 pour un japonais.

Les marchés financiers râlent, c'est leur métier, et ils aiment faire du bad rating en décochant du junk bond à un pays qui voudrait les freiner. Ceci n'empêche pas les énormes implantations de Toyota à Valencienne malgré les 35 heures et de toutes les japonaises de l'électronique en Alsace. Devancer ce que pourraient dire les marchés financiers, c'est juste leur faciliter la tache.

Si l'on craint une fuite de nos entreprises du territoire d'influence français, c'est faire du chantage avant le chantage, ou s'implémenter un suppositoire avant le symptôme.

Le bilan du retour sur investissement (return-on-investment / Rückkehr auf Anlagen) est établi avec une considération bien plus large des facteurs que ceux des 35h ou de l'amende due pour délocalisation de voyou (programme Fabius) ou de simple management d'analyste financier.

Les sites d'implantation, les hubs, les zones de personnel qualifié, les synergies existantes avec les sous-traitants, leur proximité sont des facteurs attrayants. Il faut savoir qu'une entreprise qui produit un objet complexe ou d'une certaine complexité est un grand couturier qui conçoit et fait l'assemblage final de modules (sous-ensembles) prêts à l'assemblage. La tendance est justement à l'externalisation de tâches complètes et complexes et non à l'intégration verticale comme dans les années trente où Renault fabriquait et estampillait même ses boulons. Un produit manufacturé représente l'intégration de multiples savoir-faires et métiers. Ainsi Micro Compact Car (MCC-Smart) intègre sur son site Smartville directement à la chaine de montage les différents partenaires modulaires (sous-traitants).

Si vous ne me croyez toujours pas, visitez ces liens et vous serez absolument stupéfaits des louanges que chantent les marchés financiers au sujet de l'attractivité de la France pour les investisseurs étrangers.
Derniers Chiffres de l'Insee de 2007.
Selon HNS, la France au second rang derrière la Chine
Ou ici le bilan de l'Agence pour l'Investissement étranger.
Ou ce lien du Journal du Management.
Journal du Management: 2005, un bon cru.
JDN Management 2005, championne mondiale du PIB par heure travaillée et par salarié
Ou l'attractivité de la Région Rhône-Alpes selon Les Echos
Selon la Chambre de Commerce et d'Industrie Française à l'Etranger
Selon l'Association des Maires de France
Investissement des Pays émergeants en France
Selon Cordis l'attractivité francielienne
Selon le journal Libération, l'année 2005.
Selon la Banque de France, les investissement étrangers ont doublé en 2005.

Nous aurons en fait bien plus de mal avec Bruxelles qui pourra voir dans les 35 heures un frein à la sacro-libre-circulation et avec la Cour arbitrale de Genève de l'OMC pour les mêmes raisons. Mais ce n'est pas grave.

En Allemagne la lutte des classes est toujours d'actualité. Ceci vous étonne? Alors lisez par ici.

(Je commence ici une série d'articles qui démontre que la France est une arriérée sociale et qu'une refonte totale de la "discussion démocratique d'entreprise" est moderne. Partie n°1)