Aujourd'hui, dans notre pays, chacun peut vivre selon ses convictions individuelles et selon ses croyances. Cela relève, bien évidemment, de la sphère privée. Cet espace vital de liberté est garanti par notre constitution. Ce cocon protégé, possible pour tous, est une oeuvre collective.

Malheureusement nombreux sont ceux qui l'ont oublié, en particulier ceux qui nous gouvernent et qui font les lois.
En outre les principes ayant permis l'existence puis l'épanouissement des libertés individuelles sont peu à peu confisqués par La Libre Entreprise Privée seule capable de donner LE BONHEUR pour tous.

L'école doit-elle être absorbée par cette logique ?

En France nous avons le choix de notre école. L'école publique ou l'école privée. La liberté d'enseignement est devenue un principe constitutionnel en 1977.
L'école publique respecte et transmet les principes fondateurs de notre République que sont la liberté, la laïcité et l'égalité des citoyens par la gratuité. Rappelons ici que c'est sur elle et elle seule que repose la charge de la politique d'intégration des élèves les plus défavorisés de notre pays.
Est-elle capable de répondre à ces défis ?

La vraie question aujourd'hui n'est plus là.
L'école publique est -elle capable de répondre aux besoins individuels de chacun avec les "caractères propres" de chacun ? Peut-elle s'atomiser en autant d'individualités présentes dans notre société ?

La réponse est par essence NON.

Mais si l'on veut être "consommateurs d'école" et "c'est mon choix personnellement tout seul" de le vouloir, la réponse a été donnée implicitement par la loi du 13 août 2004 qui rend obligatoire la participation des communes aux frais de scolarité des enfants scolarisés dans une école privée.
Par cette décision les politiques nous adressent le message suivant:
L'école publique coûte trop chère et ne répond plus à vos aspirations d'atomes gloutons de notre société de consommation. Désormais l'alternative est l'école privée, seule à pouvoir satisfaire vos envies, vos croyances et vos espoirs.

Tant pis si les principes républicains sont bafoués, tant pis si l'enseignement devient un véritable marché ouvert à la libre entreprise privée financé par les deniers publics.
Ce qui compte c'est que Moââhhh je veux le meilleur pour mon enfant, la meilleure école possible. Même si ça coûte cher, je m'en fous au moins je sais où va mon argent et en plus je paye pour mon enfant et pas pour ceux des autres!

Sébastien

Huile de Wolfgang Mattheuer, la malédiction de Sisyphe (Sisyphos Fluch)