Les "français de l'intérieur", pas que les grand-mères ont grand mal à savoir ce qu'est l'Allemagne. Ce sont des boches, pour eux. Quand je dépasse les Vosges avec mes plaques minéralogiques, on dit, "tiens voilà la boche". Justement parce que la France, se sent être la victime victorieuse du 8 mai 1945 – la date la plus honteuse de l'histoire de France à cause des massacres de Sétif et de Guelma qui ont fait 30.000 Algériens morts sous les balles françaises – elle conserve sa barrière au dépassement de soi et à la reconnaissance de sa faute de Vichy, des rafles, des déportations organisées volontairement et que Hitler n'avait pas demandées, de son colonialisme déprédateur. A Oradour les enfants m'ont même jetté des pierres sur mon automobile, il ya 4 ans, leurs parents n'avaient jamais entendu parler des incorporés de force, des Malgré-Nous.

Si l'on a visité les touffes d'herbe et les fleurs qui tapissent les terres d'Oświęcim (Auschwitz en allemand), l'on sait comment l'arrogance et le dédain se transforment en boucherie et en négation de l'être. Si seulement les partis d'extrême droite étaient capables d'aller compter ces brins d'herbe qui continuent à exprimer sur cette zone de mort les élans fabuleux de la générosité et de la vie.

Malheureusement, le tiers d'électeurs français qui vote pour eux, n'a pas fait la même expérience, ou que nous en Alsace, où nous avons le Struthof, le camp de concentration de l'Alsace annexée, celle qui, seule avec le Luxembourg, a subi l'Anschluss, dont les manuels de France ne parlent pas en ces termes.

Alors tous propos racistes savemment formulés par nos grands hommes politiques en postes, comme tous propos sur le "ils-n'étaient-pas- tous-des", ne peuvent jamais passer, chez ceux qui détiennent une parole ou un écrit qui se diffuse dans les médias et plus simplement par les mains et les bouches.

Nous n'avons pas le droit de rassurer le français, en lui disant qu'ils n'ont pas tous été des collaborateurs, etc, nous avons un devoir de lui donner sans arrêt cette peur panique des douches au Zyklon B, des charniers.

Si nous l'avions eue, cette peur panique, nous n'aurions jamais toléré les massacres et camps de concentration de Goražde, de Timişoara en Roumanie. Nous n'accepterions jamais que l'Europe commerce avec le régime totalitaire de la Chine en lui offrant les Jeux Olympiques, et qui efface le Tibet . Dans ce cadre je crois que la TCE, c'est du Samuel Beckett. A part la polémique sur l'inscription de la référence chrétienne dans le TCE, je n'avais jamais entendu parler de tout ceci.